(photo de Vincenzo)
Je suis d’une ville où les cordes à linges traversent les ruelles et les cours, un peu comme en Italie. Je suis d’une ville où la rue de Liège croise l’avenue de Belges. Je suis d’une ville où qu’importe l’heure du jour ou de la nuit, il y aura toujours un endroit ouvert pour prendre un café. Je suis d’une ville où on ferme les rues pour danser lors des festivals, où on peut faire livrer une pizza à minuit, où chaque quartier a son histoire, où tout se mêle dans un magma multiethnique et de toutes les cultures.
Je suis d’une ville de tolérance, même si parfois certains en doutent. Mais peut-être faut-il aller ailleurs pour mieux le comprendre. Je suis d’une ville immense traversée d’est en ouest par une rue qui fait près de 50 km. Je suis d’une ville qui, malgré cela, a conservé un caractère humain, et où quiconque viendra à l’aide de celui qui, une carte dépliée pour tenter de s’orienter à bout de bras, n’osera pas demander.
Je suis d’une ville d’odeurs, celles des restautants, des terrasses et des cafés. Je suis d’une ville de couleurs, celles des feuilles en automne comme celles des façades du Plateau Mont-Royal. Je suis d’une ville qui me surprend encore et dont je ne me lasse pas. Je suis d’une ville qu’il me tarde de faire découvrir à mes amis d’outre Atlantique.
« Montréal, je l’ai cru pendant longtemps, était un port qui ne sentait jamais la mer. Mais c’est faux : Montréal embaume l’iode et le varech dès qu’on entre à la poissonnerie grecque ou dès qu’on met le nez chez Tasso », a écrit Suzanne Jacob, cette amoureuse de cette ville comme peu.
Et aussi;
« Écrire Montréal, c’est sortir tout de même, mais avec la machine à écrire intérieure, une machine à écrire prédatrice dont on ne sait jamais d’avance de quel morceau de Montréal elle va s’emparer ce jour-là, de quelle rue, de quel arbre ignoré, de quel balcon, de quelle vitrine, de quel parfum de thym ou de géranium sauvage, de quel déchirement du ciel d’aube ou de crépuscule. »
Montréal est une muse.
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