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Chaque jour comme un voyage

lierre

Le voyage est un retour vers l’essentiel.
[ Proverbe tibétain ]

Et chaque journée qui débute n’est autre chose que ça: un voyage. Avec un semblant d’itinéraire, quelques repères précis, voire des haltes obligatoires, mais un voyage tout de même. Parce qu’on ne peut connaître à l’avance ce qui prendra forme à mesure que la journée avancera. Parce qu’on ne peut imaginer le nombre se sourires sur la route. Parce qu’on ne peut présumer de rien de ce qui interviendra et bousculera notre esprit.

Et tous ces petits détails, ces mots d’amitié (un clavardage du cœur avec Jean-Marc, la voix d’Armando sur Skype, celle de Ric au téléphone) qui ont fait mes bonheurs d’hier entre deux rêveries ont fait que la nuit venue je suis retournée à l’essentiel. À ma bulle. Celle où je souris, la tête sur l’oreiller en pensant à tous ces moments heureux, aux sourires qu’ils ont dessinés sur mon visage. Et la vie est juste douce, simple. Et je puis dormir tranquille.

Je ne m’acharne plus à chercher ce qui ne va pas ni à creuser les blessures ou les déceptions du jour, la vie est bien trop courte pour cela. Je préfère de loin un souvenir heureux, une musique qui m’a fait vibrer, quelques pages d’un livre et les mots de ceux que j’aime. Là est mon essentiel: les moments heureux de la journée qui s’achève.

Et en cette heure où le soleil n’arrive pas à percer les nuages, où je me prépare tranquillement à partir travailler, je pense à tous ces bonheurs qui viendront égayer ma journée. Je ne sais comment ils se présenteront. Je ne sais que ce que j’en ferai. Je les rangerai bien au chaud dans mon sac de voyage pour les sortir ce soir comme on découvre un trésor.

Des papillons dans mon jardin

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Je savais déjà ce que j’allais écrire. Et juste au moment où j’allais appuyer sur le bouton « fichiers » pour aller chercher l’image choisie, j’ai vu un chiffre rond. 500 articles publiés. Tout ça, la veille du jour où ce blog aura un an de vie. Je me savais bavarde, c’est confirmé.

Fin de la parenthèse. J’avais plutôt envie parler de papillons. De ceux qui viennent ici sur ces pages butiner un peu. De cette image que j’ai trouvée qui les représente et qui m’amuse.

Ils sont beaux, ces papillons. Ils arrivent ici avec ce qu’ils sont, virevoltent, se posent, et repartent. Ils savent qu’ils seront toujours accueillis avec un sourire ou une anecdote. Certains s’attardent sur un bouquet tandis que d’autres visitent ce jardin qui n’en finit pas de s’étendre. Et c’est bon de les voir aller ici et là en toute liberté. Puissent-ils en repartant rester aussi libres, c’est ce que je leur souhaite.

Des centaines de poèmes

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Ils sont là, autour de moi. Des centaines de poèmes, écrits au fil des ans, des amours et des désamours.
Je ne sais pas pourquoi je les ai sortis ce soir. Je sais juste qu’ils sont là, épars, formant dans ma tête un casse-tête auquel il manque des pièces. Pourtant pas. Je ne sais plus.
Tout est là, à moins qu’il n’y ait des égarés dans des cahiers dont j’ai perdu trace.

Tant de mots d’amour, tant de passion.
Devrais-je refermer les cahiers ou les livrer comme je le faisais autrefois dans des soirées de poésie que j’animais ou durant lesquelles je les partageais ?

C’est à tout cela que je pense en cette minute.
Alors que mes propres mots me font basculer dans mon histoire à moi.

Fallait-il laisser les cahiers fermés ?

Un jardin pour les rêves

barrecloture

Ce jardin, c’est chez moi. Entre et sort qui veut. Nul besoin de visa, pas de texte de loi ici. Il faut juste entrer avec le cœur ouvert. Avec les yeux qui savent encore s’émerveiller de la vie qui palpite, du sourire d’un enfant, de la jonquille qui sait percer la neige alors que c’est encore l’hiver, de tous ces petits riens qui font que la vie est la vie.

Ce que je considère comme des grands moments peuvent sembler banals aux yeux de certains. Mais pour moi, les instants incomparables ne sont que des coups de cœur, des moments de partage, des regards qui en disent long, une chanson retrouvée, un paysage qui surgit, quelques pages d’un livre. Et il me plaît de les raconter. Parce que peut-être chacun peut trouver un peu de soi dans ces histoires s’il ouvre son cœur aux autres, s’il voit dans ceux qu’il croise le meilleur et non le pire, s’il sait tendre la main.

Oui, je suis une utopiste à la manière de beaucoup. Quelques-uns se sont rassemblés sous un arbre et ensemble nous rêverons à un monde meilleur où il y aura tout le bonheur du monde pour chacun d’entre nous. Ils se reconnaîtront. Je suis sûre heureuse de savoir qu’ils sont là. Et probablement que j’écris pour eux, pour d’autres, pour ceux qui me laissent parfois des commentaires et ceux qui n’osent pas le faire.

J’écris. Depuis toujours. Sans chercher le pourquoi du comment. C’est comme ça. Ce serait aussi fou que de chercher la raison pour laquelle on respire. Dans les deux cas, c’est sûrement pour être en vie. Enfin, il me semble.

Et ce soir, après le silence involontaire et les retrouvailles rapides d’hier, j’ai fait le tour de mon jardin. Je ne savais pas qu’il y avait tant de billets ici. Et j’étais heureuse de ces moments partagés.

Mais le grand bonheur du jour, c’est d’avoir entendu sur Skype la voix d’Armando. Toute chaleureuse et vive. D’avoir trouvé dans le timbre de sa voix et dans son accent son appétit démesuré pour la vie, qui ressemble au mien. Merci pour ce grand bonheur, l’ami, tu ne peux pas imaginer à quel point ces quelques minutes m’ont rendue heureuse. Vivement Bruxelles en juin.

Oui, ce soir, je suis si heureuse de cette vie qui est mienne. Imparfaite, parce que je me sens trop loin de ceux que j’aime bien souvent. Merveilleuse parce que je peux aller souper avec Denis mercredi. Merveilleuse parce qu’elle est ici et ailleurs. Parce qu’elle m’apporte tellement de bonheur, cette vie, même si parfois je peux être triste ou nostalgique.

J’aime mon jardin. J’aime ceux qui s’y sentent bien.
Et je n’ai pas fini de l’agrandir, d’installer des bancs pour tous et quelques toiles dans le ciel pour mieux rêver. Et si je ne sais faire que ça, rêver et donner un peu de rêve, pourquoi pas?

La lectrice à la jolie nuque

georgehenry

Quatre jours sans écrire, ça n’était jamais arrivé. Mais quelque part un disque dur a décidé de se dégrader, ce qui a empêché l’accès à mes pages quelque temps. Mais super Patrick est passé par là et a presque su tout rétablir. Heureusement.

Voilà pour les trois premiers jours de mon absence involontaire. Et pour le quatrième, un banal problème de connexion dans un hôtel de Gatineau où j’étais pour un colloque.

Et maintenant, comment retrouver le fil?

Se taire ici alors qu’ailleurs, de révisions de présentations de dernière minute à la participation aux ateliers, je n’ai fait que parler et être sociable… Étrange situation. Me manquait le refuge de mes pages. Me manquait le calme de ma solitude. Me manquaient mes mots au quotidien.

Et là, alors que je retrouve mon univers, mon bureau où le soleil se lève, mon lit et ses cinq oreillers, mes pieds nus sur le sol, les courriels de ceux que j’aime et mes pages, l’impression de revivre est si forte que j’en perds les mots.

Alors, je me dis que moi qui n’ai pas eu l’occasion de tourner les pages d’un livre quatre jours durant, je vais ce soir m’autoriser quelques pages et devenir, à l’instar de cette lectrice à la jolie nuque du peintre George Henry, une liseuse et rien d’autre. Au moins une heure. Le temps de revenir en mon monde, loin des chambres d’hôtel et des réunions. Et qu’ainsi, je pourrai redevenir ce que je suis : une liseuse qui aime écrire.

Au nom de l’amour et d’une chanson

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Je vous aimés, hommes qui ont traversé ma vie. Je vous ai aimés avec fougue ou avec tendresse. Je vous ai aimés à la folie ou sans y croire. Je vous ai aimés, sans vous le dire le plus souvent, imaginant que dans mon regard vous alliez comprendre. Je me suis attardée ou j’ai fui.

Je vous ai aimés sans penser, sans calculer. J’ai laissé vos mots couler sur ma peau en d’infinies caresses. Je vous ai donné ma bouche à goûter. J’ai pris vos rêves et vos souvenirs dans ma besace. J’ai effacé des doigts une larme.

Oui, je vous ai aimés dans la démesure ou en hésitant. Sans réfléchir. Un soir. Quelques semaines. Des années. Ou encore.

Je vous ai aimés à distance. Je vous ai aimés sans savoir que je vous aimais. Je vous ai aimés.

Tandis que Reggiani chantait les mots que je n’ai pas su dire:

Combien de temps…
Combien de temps encore
Des années, des jours, des heures combien?
Quand j’y pense mon cœur bat si fort…
Mon pays c’est la vie.
Combien de temps…
Combien

Je l’aime tant, le temps qui reste…
Je veux rire, courir, parler, pleurer,
Et voir, et croire
Et boire, danser,
Crier, manger, nager, bondir, désobéir
J’ai pas fini, j’ai pas fini
Voler, chanter, partir, repartir
Souffrir, aimer
Je l’aime tant le temps qui reste

Je ne sais plus où je suis né, ni quand
Je sais qu’il n’y a pas longtemps…
Et que mon pays c’est la vie
Je sais aussi que mon père disait :
Le temps c’est comme ton pain…
Gardes-en pour demain…

J’ai encore du pain,
J’ai encore du temps, mais combien?
Je veux jouer encore…
Je veux rire des montagnes de rires,
Je veux pleurer des torrents de larmes,
Je veux boire des bateaux entiers de vin
De Bordeaux et d’Italie
Et danser, crier, voler, nager dans tous les océans
J’ai pas fini, j’ai pas fini
Je veux chanter
Je veux parler jusqu’à la fin de ma voix…
Je l’aime tant le temps qui reste…

Combien de temps…
Combien de temps encore?
Des années, des jours, des heures, combien?
Je veux des histoires, des voyages…
J’ai tant de gens à voir, tant d’images…
Des enfants, des femmes, des grands hommes,
Des petits hommes, des marrants, des tristes,
Des très intelligents et des cons,
C’est drôle, les cons, ça repose,
C’est comme le feuillage au milieu des roses…

Combien de temps…
Combien de temps encore?
Des années, des jours, des heures, combien?
Je m’en fous mon amour…
Quand l’orchestre s’arrêtera, je danserai encore…
Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul…
Quand le temps s’arrêtera…
Je t’aimerai encore
Je ne sais pas où, je ne sais pas comment…
Mais je t’aimerai encore…
D’accord?

(Le temps qui reste, paroles de Jean-Loup Dabadie)

Le bonheur au bout du fil

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C’est l’heure du premier café de la journée, alors que je ne sais pas comment va s’organiser cette journée sous un ciel tristounet. Alors qu’hier le soleil était magnifique et le ciel d’un bleu incroyable parce qu’éclairé tour à tour par mes amis de Belgique Nathalie, Ricardo et Sébastien qui m’ont tous téléphoné à tour de rôle me sachant en congé, donc pas loin. Oui, à eux trois, ils auraient presque fait ma journée ! Mais j’ai été vraiment, mais vraiment gâtée hier. Des visites de Nancy, de Martine et de Carine sur MSN, de nombreux courriels d’Armando, quelques bols de café et même une sieste en après-midi.

Je n’avais rien prévu, je me suis laissée vivre. Et je suis allée de joies en joies. C’est si bon la voix de nos amis. Comme disait Nath, au téléphone, on entend les sourires dans les intonations. Et je la voyais bien, ma Nath, en entendant son accent et sa façon bien à elle de dire les choses. Soudain, il n’y avait plus 6000 km. Soudain, elle était la porte à côté et je ramassais mon sac qu’on parte se promener avec Ricardo. Et quand ça a été son tour à lui de me faire un brin de causette, nous étions déjà en juin à faire des projets, à nous inventer des itinéraires. Et encore, la distance était abolie. Pareil avec Seb. On était déjà quelque part en février quand il viendra et que je l’emmènerai voir les rues et la montagne, et les cafés, et qu’on sera là sous ce ciel d’hiver qui est si beau chez nous.

Vive les journées dont on n’attend rien et qui nous surprennent. Vive ces journées qui nous apportent du bonheur par brassées et qui donnent des ailes pour des jours et jours. Vive ces journées qui nous font oublier les rendez-vous annulés, comme c’est le cas aujourd’hui.

Oui, quelle belle journée qu’hier à partager avec les uns et les autres. Quelle belle journée qu’aujourd’hui dont je ne sais rien encore sinon que le café est bon et qu’il y aura de la musique et du rêve.

Petit spleen du passage à l’heure d’hiver

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Ce n’est pas tant toutes ces horloges dont il faut régler l’heure le problème mais plutôt ce premier soir où on rentre du travail après le passage à l’heure d’hiver. Car tout cela est brutal. Quelques rayons de soleil à la sortie si on a un peu de chance, mais surtout la nuit noire avant même d’avoir atteint le but, le chez-soi où on envoie valser les chaussures.

Je savais que ça allait être comme ça, que j’allais me sentir déboussolée par la noirceur du premier soir. Je le savais, et pourtant. L’opacité s’est jetée sur moi trop vite, je n’ai pas eu le temps de me préparer. À peine de réaliser, et c’était fait. J’étais devant ma porte et la nuit était là, comme elle est là, après 21 h en plein été. Comme elle est là quand j’épie le soleil du matin.

Elle est pour le moment gêne et perturbation, pas encore complice. Parce que j’aurais pris encore un morceau de jour avant de retrouver mon antre. Parce que même si je peux être parfois une femme de la nuit, celle qui a fait d’elle son alliée les nuits d’écriture ou d’amitié, je constate à quel point le passage est brutal. Le jeu de marelle dessiné sur le sol et lavé par la pluie d’hier n’a pas été refait par les enfants qui sont déjà rentrés à l’heure où j’arrive maintenant que le soir arrive plus vite. Et l’interrupteur au bout des doigts plutôt que le plaisir des derniers rayons qui savaient tout teinter de rose. Et ce déséquilibre parce que tout ça n’a pas été progressif.

Mais je m’y ferai. Il y a si longtemps qu’on joue avec les aiguilles.

Enterrer les feuilles comme on enterre la tristesse

autumnleaves

Il vente tant que les dernières feuilles qui ont tenu le coup jusqu’ici vont peut-être tomber. Et novembre arrivera avec sa grisaille tristounette. Raison de plus pour chanter et danser. Raison de plus pour éclairer de mon soleil intérieur le salon et toutes les pièces où je passe en me déhanchant, heureuse d’être en vie, de cette liberté qui est mienne de choisir mes musiques et mes menus, sans les reproches ou les regards de biais que j’ai connus dans une autre époque. Fallait-il tant de détresse, tant de tristesse pour apprécier tout cela ? Fallait-il que je sois brisée pour réaliser que je ne pouvais sauver celui qui coulait ?

Je n’aime pas penser à cette période de ma vie, sombre, tellement à l’opposé de ce que je suis. Mais quand arrive novembre, il y a toujours cette partie de moi qui pointe du nez et qui me rappelle que les jours tristes existent. Qui me disent l’impuissance d’il y a cinq ans, qui me signalent des doutes et combien je puis être fragile et démunie à certains égards. Et tellement forte aussi.

Et quand j’aurai fini de contempler toutes ces feuilles au sol, ces feuilles qui sont pour moi les cauchemars, les morts, la culpabilité, les ruptures, les mensonges, je me dirai qu’il est temps que je les enterre une fois pour toutes. Car la vie a pris le dessus. Car la vie, celle qui me fait danser, chanter, écrire et partager, a été plus forte que tous les tourments. Car la vie m’a gâtée en me donnant les mots. Car la vie est si douce désormais. Plus de cris, plus de reproches. Le bonheur du silence que je goûte. Le bonheur des chansons, tout simplement.

Et le vent arrache aux arbres les dernières feuilles restées en place. Et le sol en est couvert. Et je danserai sur elles comme on danse sur les tombes. Pour bien m’assurer – si c’est possible – qu’elles ne viennent plus troubler ma paix. Car chaque jour est désormais un jour de fête et de partage. Car le temps a su me redonner celle de mes 17 ans, une « délicieuse folle », comme m’a écrit l’ami au loin qui sait me lire mieux que quiconque.

Mais les rêves, tous ces rêves que l’on ne faisait plus
Mais les rêves, tous ces rêves que l’on croyait perdus
Il suffit d’une étincelle pour que tout à coup
Ils reviennent de plus belle, les rêves sont en nous.

Les rêves sont en nous…

(Pierre Rapsat)

Je ne pourrai jamais dire mieux.

Quand l’amitié est un cadeau

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Pas envie encore de ramasser les traces de la fête dans la maison de l’amitié. Comme pour ne pas effacer les moments de bonheur. Comme pour laisser là autour de la table ceux qui ont tellement partagé hier d’eux-mêmes.

Et pourtant, je sais que les moments intenses ne s’effacent jamais. Et pourtant, je sais que tout à l’heure, je m’occuperai des restes, parce que la fête continuera demain. Mais j’ai envie tout de suite de m’attarder sur le sofa et de sourire en contemplant les reliefs de la veille. Et de dire que la vie est belle avec de tels cadeaux.