Commentaires récents
Admin:
Archives:
février 2014
D L M M J V S
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
232425262728  
Les mêmes pas 1

NONELL I MONTURIOL (Isidre) - 2

Quand l’amour use les derniers mots
on s’étonne du fragment que l’on devient
Quelqu’un se retire
et retranche une part de soi
Le temps perce les paupières
et l’on ne sait plus bien
si la lumière est feu ou plaie

Claude Paradis, Les mêmes pas

*choix de la lectrice d’Isidre Nonell i Monturiol

Ce que mots vous inspirent 1115

GORDON (Edward B.) - 49

Rien… n’est indescriptible autant qu’une belle nuit. (André Pieyre de Mandiargues)

*choix de la lectrice d’Edward B. Gordon

Tout amour 5

Je t’attendrai
dans une chambre
aux quatre murs de mer.

Ce sera
un dimanche d’automne,
avec ses fumées transparentes,
sa rosée encore bleue
qui te ressemble,
un dimanche où l’on fuit
sans jamais rien rattraper.

Gérard Le Gouic, Tout amour est dernier amour

*choix de la lectrice d’Arnaldo Carpanetti

Capucine se déguise

capucine

L’album signé Lorentz et illustré par Izou ne révolutionnera pas le monde des albums jeunesse. Ce n’est probablement pas son but. Capucine et la malle aux trésors de Mamie est avant tout un album ludique dont l’intérêt principal est de nous montrer la fantaisie d’une grand-mère aux doigts de fée grâce à de jolies illustrations.

On prendra plaisir à regarder celles-ci, mais l’album ne pourra pas servir à l’apprentissage de la lecture au Québec. En effet, à cause de l’écriture cursive européenne différente de la nôtre qui a été choisie, l’album écartera de nombreux lecteurs potentiels. Dommage. Les déguisements de Capucine étaient pourtant jolis.

Ce que mots vous inspirent 1114

RAGLIN (Timothy C.)

L’homme se sent tellement passager qu’il a toujours de l’émotion en présence de ce qui est immuable. (Madame de Staël)

*illustration de Timothy C. Raglin

Tout amour 4

Quand je te rencontrerai
ce sera l’hiver.
Par ton corps fruitier
Passera le goût de la pluie,
l’odeur essentielle
de la mousse mouillée.

Quand je t’enlacerai
le printemps sera revenu.
Je cueillerai des paupières végétales
sous les premières moiteurs des arbres,
des effleurements tièdes
sur tes seins primevères.

Quand je t’embrasserai
l’été ouvrira ses volières de rosée.
Je te boirai,
m’inonderai de toi comme d’une cruche d’eau
après une journée de travaux
dans la poussière des charrois.

Quand tu seras nue enfin
l’automne se déhanchera
sur les échelles des nouvelles pluies.
Comme un oracle entre les pierres des fontaines,
je lirai, je me devinerai
dans les taches de rousseur de tes reins.

Gérard Le Gouic, Tout amour est dernier amour

*choix de la lectrice de Rita Curtis

La boîte aux mots interdits

BOITE-AUX-MOTS-INTERDITS

Le distingué Maitre Tao, professeur de Dignité, a horreur de certains mots, parce qu’ils n’ont pas de classe. Ils sont juste rigolos. C’est pour cette raison qu’il les enferme dans une boîte. Pas question qu’on les utilise dans sa maison! Et pourtant, chichi, papouille, couci-couça et chouia sont bien inoffensifs et n’ont rien à voir avec les gros mots qu’on proscrit d’ordinaire aux enfants.

Profitant du fait que le sérieux professeur et son épouse sont sortis faire des fous, Dizi Tôa, leur jeune fils, en profite pour soulever avec précaution le couvercle de la boîte, les mots enfermés ayant promis de lui obéir s’il les libérait. Les mots, trop heureux de pouvoir se promener à leur guise, bousculent le garçon et s’envolent hors de la maison, au grand bonheur des voisins et des commerçants du quartier qui adoptent les fripouille, patatouf, bidouille et autres mots interdits par le grand maître avec un bonheur si évident qu’au retour de ce dernier, il faudra changer les règles.

La boîte aux mots interdits est un véritable bonheur en même temps qu’une leçon de vocabulaire. Quiconque plonge dans cet album écrit par Marie Bataille et illustré par Ulisses Wensell en sortira avec un sourire grand comme ça. Rien de moins.

Lu dans le cadre du Challenge Le Nez dans les livres – Saison 2

Ce que mots vous inspirent 1113

GUPPY (Suzanne)

Il ne faut pas avoir peur du bonheur. C’est seulement un bon moment à passer. (Romain Gary)

*toile de Suzanne Guppy

Tout amour 3

Je t’attendais dès le pays de notre enfance
quand tu étais une fillette
entre école et nuages,
et moi un garçon roux avaleur d’arc-en-ciel.

Sans nous connaître nous échangions
des paroles de silence et de cils
que je collais sur la carte d’une île
où nous élèverions des écureuils, des grillons,
une ânesse docile.

Chaque jeudi je t’apportais
des poussins d’un jour pour ton corsage,
des araignées pour souffler sur tes larmes,
des couchers de soleil qui t’ouvriraient les lèvres.

Je t’apportais mes mains encore muettes
et mon cœur qui délivrerait le monde.

Gérard Le Gouic, Tout amour est dernier amour

*choix de la lectrice de Thomas Reis

Iggy Peck l’architecte

Iggy-peck

Je dois vous dire une chose. J’ai eu un véritable coup de foudre pour Iggy Peck l’architecte. Pas un petit. Un énorme. Dès la première aventure du jeune Iggy. Celui-ci, âgé d’à peine deux ans, aime déjà les hauteurs et on ne risque pas trop de voir s’amuser au sol sauf s’il est en aux assises de ses structures. Son premier gratte-ciel : une tour faite de couches…

Suivront des églises faites avec des pommes, une arche de crêpes et un château à base se craies. C’est vous dire si Iggy n’a qu’une idée en tête! Mais c’est sans compter sur la sévère Lila Garatoi. Elle a une peur bleue de tout ce qui est en hauteur depuis qu’à l’occasion d’une visite scolaire, on l’a oubliée dans un des gratte-ciel de la ville et qu’elle est restée bloquée dans un ascenseur pendant deux jours avec les acrobates et les clowns d’un cirque français.

Donc, pas question qu’Iggy fasse autre chose que lire et compter… Pénible pour celui qui rêve de construire des châteaux. Mais la vie est pleine de surprises, comme nous le constaterons. Iggy aura l’occasion de prouver à Lila Garatoi que ses talents d’architecte en herbe doivent être cultivés.

Je dois vous le die à nouveau. J’ai eu un véritable coup de foudre pour Iggy Peck l’architecte. De plus, les illustrations de David Roberts apportent de la fantaisie supplémentaire au texte déjà ludique d’Andrea Beaty. Ce qui en fait un album tout simplement irrésistible.

iggy peck