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L’orchestre de la pleine lune

J’aimais l’idée proposée par le titre. Un orchestre. La pleine lune. Mais autant j’ai aimé l’idée de départ, autant je n’ai pas aimé l’album. J’ai tout de suite été gênée par cette image du père devant la télé avec sa bière à la main, nullement intéressé par sa fille qui fait le poirier, voire même agacé parce qu’elle ne va pas se coucher et qui se voit « sauvé » quand elle est happée par le plafond. En effet, à force de se tenir sur la tête, Anna est projetée dans un monde où le sol et le ciel ont changé de place.

C’est ainsi qu’elle fait la connaissance des membres de l’orchestre de la pleine lune qui la font monter dans leur vaisseau spatial. Ce sera pour elle une belle occasion de danser toute la nuit. Elle n’aura plus qu’à se glisser sous les draps quand plafond et plancher sauront repris leur place après. Nul ne s’est rendu compte de rien et ses parents dorment comme des loirs. Pas inquiets pour un sou de la disparition de leur fille.

J’ai été tellement dérangée par le fait de constater la chose que je n’ai pas été en mesure d’apprécier le côté ludique de l’album (l’album change de sens de lecture quand Anna passe d’un univers à l’autre en faisant le poirier) ou la partie musicale de celui-ci.

Et pourtant j’aimais l’idée d’un orchestre. L’idée d’une pleine lune.

Titre pour le Challenge Des notes et des mots challenge-des-notes-et-des-mots-4.jpg

Des poupées de rêve!

Créées par l’artiste russe Lada Repina, ces poupées intégrées à des décors livresques ne livrent qu’un aperçu de l’immense talent et de l’imagination de celle qui les a fait naître. Pour découvrir d’autres poupées, visitez l’album de Lada Repina.

Ce que mots vous inspirent 891

On est sur terre pour imaginer le monde et quand on aime, on le transforme. (Jean Royer)

*toile de Vittore Carpaccio

Les vers de Stuart 1

Vers vagues

Le fébrile frisson des murmures d’amour
M’émeut ce soir les nerfs et vieillit ma mémoire.
La voix d’un violon sous la soie et la moire
Me miaule des mots d’inéluctable amour.

La verveine se pâme en les vases de jade :
Un fantôme de femme en l’alcôve circule.
Mais ma mémoire est morte avec le crépuscule,
Et j’ai perdu mon âme en les vases de jade.

Oh! mol est mon amour, vague est le violon!
Un arôme d’horreur rôde en l’air délétère,
Et je rêve de rêve en l’ombre du mystère

Mais oh! la volupté veule du violon!

Stuart Merrill, Poèmes 1887-1897

*choix de la lectrice de David Hettinger

Où êtes-vous, Monsieur Degas?

C’est la découverte des illustrations d’Eva Montanari qui m’a donné le goût d’aller plus loin. C’est ainsi que j’ai mis la main sur la traduction de son album Où êtes-vous, Monsieur Degas? pour lequel j’ai eu un véritable coup de foudre.

L’auteure et illustratrice, le temps d’une course folle dans Paris, donne l’occasion à une jeune héroïne, un des petits rats de l’Opéra, de rencontrer les grands maîtres de l’impressionnisme alors qu’ils sont en train d’apporter la touche finale à certaines des toiles qui les ont rendus célèbres. Tout ça parce que Monsieur Degas a quitté la salle de répétition en apportant le sac qui contient son tutu plutôt que le sien.

Caillebotte, Renoir, Monet, Mary Cassatt et bien évidemment Degas sont les héros de cet album qui dépasse l’histoire d’un sac pour devenir une véritable initiation à l’impressionnisme alors qu’en fin d’album les tableaux qui ont inspiré Eva Montanari nous sont présentés. Une belle réussite.

Ce que mots vous inspirent 890

Pour se comprendre lui-même, l’homme a besoin d’être compris par un autre. Pour être compris par un autre, il lui faut comprendre cet autre. (Paul Watzlawick)

*toile de Gao Zengli

Un peu plus de poussière 3

Ce jour-là

ce jour-là nous serions à traverser la quadrature des saisons
Et à signer de notre propre sang la beauté des tempêtes

Les étoiles érigées en barricade,
À nouveau, lentement, de l’aube s’écoulerait au sablier des anciens soleils,
La nuit s’évanouirait avec le sens de l’ombre.
Nous n’aurions plus soif en aucune volée de mirages précis,
Nos paysages travailleraient à la prochaine mue des couleurs.

Yves Désy, Un peu plus de poussière sur l’éternité

*choix de la lectrice d’Andie Enomoto

Tout un catalogue!

Il fallait y penser. Ou plutôt, il fallait mettre sur papier quelque chose que tout le monde connaît et utilise. Le catalogue des occasions de faire un vœu.

D’ailleurs, vous avez sûrement votre propre liste en tête. À moins que vous ne préfériez improviser, parce qu’une situation cocasse, inusitée ou extrêmement rare se présente.
Mais avez-vous déjà songé à faire un vœu :
Quand un nuage passe devant la pleine lune.
Quand on rencontre une personne née le même jour que vous.
Quand on trouve une perle dans une huître.
Quand on avale le premier flocon de neige de l’année.
Quand on arrive à la page 99 de son livre…

Catherine Grive y a pensé pour vous et pour tous les enfants à qui s’adresse son livre tête-bêche dont l’autre partie a pour titre Le catalogue des vœux.
Comme :
Trouver des sous dans les coussins du canapé.
Piloter un avion.
Que les monstres se cachent ailleurs que sous mon lit.
Voyager en tapis volant…

Ce double catalogue illustré par Ronan Badel procurera autant aux petits qu’aux grands des heures de plaisir, c’est sûr et certain. Il pourrait aussi être servir d’invitation à tout enseignant voulant développer l’imagination de ses élèves. Imaginez un peu des classes où sur les murs seraient affichés les vœux et les raisons d’en faire en mots comme en images de jeunes élèves? Moi, ça me fait rêver…

Dommage que ma filleule soit trop grande pour ce livre. Quoique. Y a-t-il un âge pour rêver?

Rouge et blanc

Je suis chaque fois étonnée de constater le sans-gêne et le non-respect des biens d’autrui. Et rouge sur blanc, c’est plus qu’évident…
Peut-il espérer que, la neige fondue, quelqu’un fera le parcours inverse afin de rapporter l’égaré à son domicile?

Ce que mots vous inspirent 889

Oublier quelqu’un : avez-vous songé à ce que cela signifiait ? L’oubli est un gigantesque océan sur lequel navigue un seul navire, qui est la mémoire. (Amélie Nothomb)

*toile de Donna Rankin