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En vos mots 308

En ce premier dimanche de mars, je vous propose de faire un peu de lèche-vitrine. Le temps d’écrire en vos mots quelques lignes destinées à animer l’aquarelle de Vinayak Deshmukh.

Vous pouvez même y passer la semaine ici. Aucun commentaire ne sera validé avant dimanche prochain, comme le veut l’habitude.

Puisse cette scène livresque inspirer habitués et nouveaux envosmotistes!

Un dimanche avec Koestler 4

Tout vide spirituel peut provoquer des tempêtes passionnées. (Arthur Koestler)

*toile de Stephen Shortridge

Un dimanche avec Koestler 3

Nous pouvons ajouter à nos connaissances, nous ne pouvons rien en retrancher. (Arthur Koestler)

*toile de Bruce Yardley

Un dimanche avec Koestler 2

Une phrase maladroite est souvent plus près de la vérité qu’une phrase simple et élégante. (Arthur Koestler)

*toile de Jessie Boswell

Un dimanche avec Koestler 1

Arthur Koestler s’est éteint il y a trente ans aujourd’hui, laissant derrière lui des romans et des essais. Comme la plupart des citations tirées de ses livres méritent qu’on s’y attarde, je vous propose donc en ce dimanche de vous installer dans des décors propres à la lecture et à la réflexion.

C’est donc dans un décor signé Fedor Ivanovic Zakharov que commence cette journée. Et par cette citation à méditer :

Le rêveur flotte parmi les fantômes des profondeurs ténébreuses; le poète est un plongeur muni d’un tube respiratoire.

Au pays de la poésie yiddish 9

Cherche l’amour

Cherche l’amour, mais n’en demande point mesure,
de lui n’exige point exactitude et loi.
La vague vient portant une averse d’écume
Elle te lave avec les astres et l’azur.

Cherche l’amour, mais ne rappelle point son nom
Au port dans le tumulte des navires,
Se gonflent les courants, flammes et tourbillons,
Mais dans les profondeurs les perles se retirent.

Cherche l’amour à la margelle des étoiles,
Au loin, là-bas où se nouent tant de voiles,
Où la mer sur le ciel déverse tout son sable
Et le tamise avec le tamis de la lune.

Cherche l’amour, mais ne l’attache point à l’ancre,
Prends à la mer un seul instant de bleu lustral
Et quand s’enfuit la vague — alors remercie-la
Et que la suive ton regard : deux calmes voiles.

Arie Shamri (1907-1978)
(Anthologie de la poésie yiddish)

*choix de la lectrice de Wybrand Hendriks

Le dévoreur de livres

Dévorer des livres fait partie de mes activités quotidiennes. Peut-être même des vôtres. Mais elle n’a rien à voir avec ce que fait Henri des livres : il les mange. Si, si, de la première à la dernière page, en quantité folle, de tous les genres, de tous les formats, sur tous les sujets. Sa faim est sans fin. Surtout que plus il mange de livres, plus il apprend de choses, plus il devient intelligent. Comme si son cerveau s’appropriait la moindre information digérée par son estomac. Et plus il apprend, plus il veut apprendre. Si bien qu’il en finit par avaler les livres sans les mâcher.

L’extraordinaire garçon qui dévorait des livres imaginé par Oliver Jeffers devra pourtant un jour cesser de manger des livres. Son estomac ne les digère plus. Son cerveau est confus. Il n’arrive plus à faire des additions ou des phrases. Et s’il lisait? Du dévoreur de livres au sens propre, Henri devient un dévoreur de livres au sens figuré. Ce qui nous donne un magnifique album, car les illustrations d’Oliver Jeffers sur feuilles lignées, papier quadrillé, cartes géographiques, pages de dictionnaire, sont colorées et amusantes.

Et si jamais il manque un morceau à la couverture, ne vous inquiétez pas. Henri a croqué un morceau de chacun des exemplaires qui ont été mis sur le marché.

Titre pour le Challenge « Le nez dans les livres »

Ce lieu

Ce lieu pour déposer mes bagages. Parfois mes rêves. Mes coups de cœur ou mon indignation.
Ce lieu pour laisser des traces. En effacer d’autres.
Ce lieu pour retenir l’instant, oublier les blessures.
Ce lieu pour toute destination jour après jour.
Ce lieu. Chez moi. Ici.
Où qui veut s’y promener, s’y asseoir, y rêver, est le bienvenu.

*toile de Michael Gorban

Au pays de la poésie yiddish 8

De toi…

De toi je suis trempée comme la terre l’est d’une pluie printanière,
Mon jour le plus blond se suspend
Au pouls battant de tes paroles tues
Comme l’abeille aux fleurs du marronnier.

Je suis vers toi comme promesse de moissons
Dans le temps,
Quand le blé dans les champs se mesure au froment,
Et se déploie avec l’espoir de tout ce qui verdit
Sur le plancher net des greniers.

Sourd à la pointe de mes doigts la fidélité sur ta tête lasse,
Et toutes mes années
Sont des champs que foulent tes pas
Et qui se gonflent
De la douleur
De t’aimer, ô mon bien-aimé.

Rachel Korn (1898-1982)
(Anthologie de la poésie yiddish)

*choix de la lectrice de Manolo Morgado