Je prendrais volontiers la place de l’une des liseuses de la peintre Valerie Rawlings, du Texas. Pas vous?
Je prendrais volontiers la place de l’une des liseuses de la peintre Valerie Rawlings, du Texas. Pas vous?
La philosophie n’est pas l’art d’un alphabet nouveau, mais celui de combinaisons nouvelles de mots anciens… (Michel Onfray)
*toile de Jessie Boswell
La voix filtre le silence
auquel les mots donnent leur poids.
La barque est toujours là
quand la mer s’est retirée
et le soleil ne décline
que si le marcheur y consent.
Max Alhau, À la nuit montante
*choix de la lectrice de Loui Jover
Je ne sais pas si je peux recommander Mamouchka et le coussin aux nuages. Non, je ne sais pas. Car, même si je me suis laissée emporter par les très beau conte imaginé par Michel Piquemal, je pleurais quand j’ai fermé le livre.
Je suis pourtant convaincue que l’auteur a plutôt voulu rendre la mort plus douce aux yeux des enfants — et non pas les attrister — en imaginant un coussin magique qui a permis à Mamouchka de faire le tour de sa vie afin de revoir une dernière fois les moments les plus heureux de celle-ci avant le grand voyage.
Et comme Mamoucha, j’ai souri quand Igor l’a fait danser. Ou quand elle a revu ses filles chanter. Et c’est ainsi que Mamouchka s’est éteinte. Sourire aux lèvres. La tête et le cœur emplis de souvenirs.
Mais fallait-il que ce soit ses voisines qui constatent son décès plutôt qu’une de ses filles? L’histoire aurait bien pu se terminer sur une image de Mamouchka endormie pour toujours, souriante au lieu de nous fournir ces détails.
Voilà pourquoi j’ai pleuré. Voilà aussi pourquoi j’ai du mal à recommander cet album pourtant magnifiquement illustré par Nathalie Novi.
Les souvenirs s’estompent, voilà le secret. Sinon, nous n’aurions pas le courage idiot de refaire encore et encore des choses qui nous déchirent. (Joyce Carol Oates)
*toile de Paul Signac
Parvenu au bout de la jetée,
tu constates que la mer s’est retirée.
Demeure l’empreinte de la vague sur le sable,
un peu de sel pour certitude.
La réalité est pourtant bien présente.
Max Alhau, À la nuit montante
*choix de la lectrice de Carel Weight
Certains albums sont si beaux, si poétiques, si bien illustrés et écrits avec tant d’imagination que le message qu’ils nous laissent reste en nous longtemps, très longtemps. Tel est le cas du livre de Massimo Scotti, L’heure bleue, une heure bleue qui n’a rien à voir avec celle des Quatre aventures de Reinette et Mirabelle, et qui se situe en fin de journée plutôt qu’au petit jour.
C’est de cette heure magique, de cette heure de tous les possibles dont il est question ici alors que Tony Tanner, représentant en philatélie, trouve, avant de prendre le train, abandonné sur un banc, le journal d’Hortense qui date du XVIIIe siècle. Laquelle surgira dans son wagon, comme extraite de son journal, le temps de lui parler de celui qu’elle a aimé, l’immortel comte de Saint-Germain, puis de disparaître, laissant Tony quelque peu perplexe tandis que le paysage défile devant lui. Mais ce n’est pas la seule surprise qui l’attend (et qui attend aussi le lecteur) dans cet album destiné à un jeune public du deuxième cycle du primaire, aux illustrations absolument fabuleuses signées Antonio Marinoni, architecte et professeur d’art. Chaque page tournée en apporte une nouvelle.
En fait, L’heure bleue ne pourra que vous séduire. J’en suis convaincue.
Nous avons tendance à croire que ce dont on a besoin pour tout transformer – le miracle – est ailleurs alors que nous avons la solution sous notre nez. Parfois nous sommes la solution; elle est en nous. (Jeanette Winterson)
*toile de Lizzie Riches
Tu as gommé tous les mots
pour que la page redevienne d’un blanc parfait.
Tu peux laisser la place à une alouette
dont le vol écourte le temps,.
Tu longes au gré de tes sommeils
le bord du fleuve
en partance pour nul estuaire.
Quel monde bruit désormais en toi
dont tu es l’incendiaire?
Max Alhau, À la nuit montante
*choix de la lectrice de Delphin Enjolras
J’ai tant aimé L’extraordinaire garçon qui dévorait les livres que je n’ai pas attendu très longtemps avant de me plonger dans un autre album de l’auteur et illustrateur d’origine irlandaise Oliver Jeffers.
Or, Le cœur & la bouteille est d’un tout autre registre puisqu’il aborde la mort d’un grand-parent. Sans que ça ne soit jamais dit de façon explicite. Ce qui n’enlève rien à la force de cet album. Au contraire.
Puis, un jour, le fauteuil de celui avec qui « une petite fille comme les autres » partageait son émerveillement, sa passion pour les étoiles et pour l’océan, est vide. Et parce qu’elle ne supporte pas ce chagrin, parce que son cœur lui fait mal, elle décide d’emprisonner ce dernier dans une bouteille pour qu’il ne batte plus dans sa poitrine. Mais un cœur ne sert pas qu’à la douleur. Elle le comprendra peu à peu à mesure que son intérêt pour la plupart des choses qui l’intéressaient avant disparait.
Mais veut-elle vraiment vivre ainsi, le cœur en sûreté, mais à l’écart de toutes les beautés du monde?
Voilà ici un très bel album sur le deuil. Plein de poésie. Sans larmes. Ouvert sur la vie. Raconté et illustré magnifiquement. Simplement. Du fond du cœur.
Un livre qui devrait, à mon avis, se trouver dans toutes les bibliothèques publiques et scolaires.
© Lali 2025 – Tous droits réservés.
Fait avec amour (❤️) par WHC
Commentaires récents