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Rythmes 5

L’Amour I

À force de frayer
Avec toutes nos paroles
À force de voisiner
Avec nos sombres passions
À force de s’effriter
Sur les corps de passage
L’amour a-t-il perdu
Innocence et plaisir?

À force de renaître
Auréolé de rêve
À force de s’émouvoir
Au passage du désir
À force de s’animer
Aux couleurs de la vie
L’amour se perpétue
Dans l’être
Et l’infini.

Andrée Chedid, Rythmes

*choix de la lectrice d’Anna Lequio

L’homme qui mangeait des livres

C’est enthousiaste que j’ai ouvert le roman de Patrice Robitaille, L’homme qui mangeait des livres. Comment ne pas l’être quand on sait qu’il va être question du monde de l’édition? C’est dans un tout autre état que j’ai terminé la lecture de ce roman, lequel m’a laissé l’impression d’avoir été flouée de la première à la dernière ligne, tant cette histoire de fausses morues ne tient pas debout. De morues? Mauvais jeu de mot, je sais. Mais Patrice Robitaille a choisi pour ses éditeurs le nom de Callibaud et pas Cabillaud. Ça fait donc d’eux de fausses morues, et tant qu’à rester dans les jeux de mots bêtes, de nous des poissons pour avoir mordu à l’hameçon d’un titre et d’un quatrième de couverture.

Mis à part le clin d’œil fait à deux familles montréalaises qui ont fait fortune dans le papier et dont une a acquis les biens de l’autre après des années à tergiverser, question d’alimenter les rumeurs, là s’arrête toute ressemblance avec la réalité. Et pour faire court, je vous avouerai que rarement ai-je lu roman aussi invraisemblable. Rien ne tient la route. Ni le personnage principal, ni ceux qui l’entourent, ni la scène du crime de départ, ni les affirmations faites par le narrateur, ni les enquêteurs. Rien.

Au suivant! (Question d’oublier ce titre au plus vite!)

Titre pour le Challenge « Le nez dans les livres »

J’ai choisi la fiction

J’ai choisi la fiction à l’heure où il faut tout savoir sur tout ce qui se passe dans le moindre bled comme chez son voisin.
J’ai choisi de ne pas savoir, de ne lire que les pages culturelles des journaux (pas plus d’une dizaine de fois par année) et de ne pas ouvrir la télévision.
J’ai choisi d’aller à contre-courant et je m’en porte pas plus mal.
Et tant pis si certains disent que je me ferme les yeux, que je n’ai pas les pieds sur terre. Qu’ils sachent que je les ai.
La planète est en déroute, je n’aurai jamais les moyens de prendre ma retraite et l’hiver sera toujours trop long.

J’ai choisi la fiction pour ne pas y penser.

*toile d’Aldechi-Riccardo Mantovani

Un sofa pour lire

Un sofa, c’est ce que propose à ses lectrices l’artiste allemande Marita Hornberger. Mais ce n’est là qu’une minime partie de ses toiles. Pour la suite, c’est ici.

Ce que mots vous inspirent 631

La joie est le soleil des âmes; elle illumine celui qui la possède et réchauffe tous ceux qui en reçoivent les rayons. (Carl Reysz)

*toile de Joseph Peller

Rythmes 4

Nuages

Les nuages frôlent
Falaises et crêtes
Courtisent les vallées
tracent sur plan d’azur
De brèves et blanches écritures
Détissées par le temps

Face aux montagnes
Qui surplombent nos saisons passagères
Nous sommes ces nuages
Entre gouffres et sommet.

Andrée Chedid, Rythmes

*choix de la lectrice de Paul Leroy

L’étoile perdue

Simone Wal a grandi pendant la Seconde guerre mondiale. En fait, elle avait à l’époque l’âge qu’a Magali, l’héroïne de L’étoile perdue, son tout premier roman, lequel est en cours d’adaptation pour le cinéma. De plus, Simone Wal est musicienne, tout comme le jeune berger des voisins de ses grands-parents qui n’est pas vraiment un berger, mais un Juif qui a fui Paris et les soldats allemands.

L’étoile perdue ne changera pas l’histoire de la littérature jeunesse par son style ou des personnages hors du commun, mais le livre est sans prétention et le personnage de Magali attachant. Et puis, certaines allusions aux collaborateurs comme aux résistants ne sont pas assez explicites pour ennuyer un jeune lecteur mais juste assez claires pour piquer sa curiosité au point qu’il continue lui-même à explorer le sujet par des questions ou d’autres lectures. Et c’est à mon avis une jolie réussite.

Simone Wal signe avec L’étoile perdue un roman historique qui tient la route et qui met en scène une héroïne inoubliable.

Oscar Niemeyer, né Oscar Ribeiro de Almeida de Niemeyer Soares

Je pourrais vous raconter, le temps de quelques paragraphes, à quel point j’ai apprécié le film de Marc-Henri Wajnberg réalisé en 1999 sur le grand architecte brésilien Oscar Niemeyer, que j’ai eu l’occasion de visionner dans le cadre du Festival international du film sur l’art.

Mais parce que j’ai tellement aimé cette réalisation, je ne vous dirai rien. Sinon que dans ce film il se raconte et qu’il dessine, qu’il dessine et qu’il dessine. Et que vous y croiserez Gilberto Gil et Chico Buarque. Et aussi qu’à 90 ans, l’âge qu’il avait au moment du tournage — il en a maintenant plus de 100 —, il avait toujours les idées excessivement claires.

Pour vous en convaincre, installez-vous confortablement. Vous en avez pour une heure.
1re partie
2ème partie
3ème partie

Jean et Marie

Je les ai croisés rue Sherbrooke Ouest, pas très loin du Musée des beaux-arts de Montréal. Ils semblaient examiner la vitrine d’une galerie d’art.

J’aurais voulu connaître le nom de leur créateur. Je n’ai su que leurs prénoms.

Ce que mots vous inspirent 630

C’est par la séparation qu’on évalue la force des liens. (Gérard Gévry)

*toile de François Peyret