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Le thé des nuages

Les beaux albums destinés aux jeunes sont nombreux, avouons-le. Mais ce n’est pas à tous qu’on peut donner cinq étoiles parce qu’ils se démarquent.

Or, ces cinq étoiles, je les donne sans hésitation à l’album intitulé Le thé des nuages, un album exceptionnel, où il est question de thé, bien évidemment, mais aussi d’amour, celui que Tashi porte à sa mère qui, malade, n’est plus en mesure de subvenir à leurs besoins. Mais parce que dans certains contes, l’amour est plus fort que tout et vient à bout de tout, Tashi recevra une aide inespérée de la part de ses amis singes qui se sont attachés à elle.

Inspiré par des éléments véridiques, Le thé dans les nuages, un album écrit par Mal Peet et Elspeth Graham, est ponctué par des illustrations tout aussi exceptionnelles que le récit lui-même signées Juan Wjingaard.

À offrir. Sans hésitation.

Le nez dans les livres

Le nez dans les livres, c’est le challenge qu’a lancé chez elle George il y a quelque temps. Et comme je ne suis pas très raisonnable, j’ai décidé de m’inscrire à ce défi qui a pour but de lire des livres aux titres livresques, autrement dit des titres qui contiennent des mots se rapportant à la lecture. Belle idée, non? Pour les détails, c’est ici.

La vitrine de Noël

Il n’a pas résisté à croquer la vitrine de la librairie bruxelloise Filigranes sous tous les angles, pour votre plus grand bonheur et le mien. Qui ça? Armando, bien évidemment!

Ce que mots vous inspirent 564

Quand on ne peut pas changer le monde, il faut changer le décor. (Daniel Pennac)

*toile d’Antonio Zoppi

Quelques poèmes de Rodenbach 6

Songeur, dans de beaux rêves t’absorbant,
La pendule, à l’heure où seul tu médites,
T’afflige avec ses bruits froids, stalactites
Du temps qui s’égoutte et pleure en tombant.

C’est une eau qui filtre en petites chutes
Et soudain se glace aux parois du cœur;
Et cela produit toute une langueur
L’émiettement de l’heure en minutes.

Collier monotone et désenfilé
De qui chaque perle est pareille et noire,
Roulant parmi la chambre sans mémoire;
Piqûres du temps; tic-tac faufilé.

Ah ! Qu’elle s’arrête un peu, la pendule!
Toujours l’araignée invisible court
Dans le grand silence, avec un bruit sourd…
Et ce qu’elle mord, et nous inocule!

La peur que demain soit comme aujourd’hui,
Que l’heure jamais ne sonne autre chose;
Un destin réglé dans la chambre close;
Un peu plus de sable au désert d’ennui.

Georges Rodenbach, Le règne du silence

*choix de la lectrice de George Agnew Reid

La huitième gorgée

La huitième gorgée réunit des nouvelles mettant en scène des femmes qui ont toutes cette particularité d’en faire trop, de trop manger, de prendre trop de place, de trop aimer la vie. Des femmes qui, par gourmandise, prendront une huitième gorgée, alors qu’elles n’ont soif que pour sept. Cela donne lieu à des scènes dont certaines sont plus actives alors que d’autres sont plutôt d’atmosphère, où certains personnages reviennent, comme s’il s’agissait là d’un seul groupe dont on examine les membres à tour de rôle ou pour les faire interagir.

Valérie Carreau sait raconter des histoires, vous pouvez d’ailleurs en lire quelques-unes sur son blog. Cela devrait être suffisant pour vous donner le goût d’avaler La huitième gorgée, un recueil bien ficelé et sans prétention, écrit avec la finesse de celle qui sait regarder, mais qui ne cherche pas, inutilement, à vouloir tout comprendre.

Un Noël rouge

Grâce aux bons soins d’Armando à qui on doit ces photos, lequel sait bien que c’est ma couleur préférée.

Un Noël victorien

C’est chez George-Étienne Cartier que je vous emmène aujourd’hui, le temps de partager avec vous quelques photos plus ou moins réussies, mais qui donnent une idée de ce à quoi pouvait ressembler Noël chez de nobles Montréalais sous le règne de Victoria.

Ce que mots vous inspirent 563

C’est chose rare qu’un auteur cherche à se faire plus petit que son œuvre. (Antoine Blondin)

*toile de Bruno Fargueta

Quelques poèmes de Rodenbach 5

Si tristes les vieux quais bordés d’acacias!
Pourtant, toi qui passais, tu les apprécias
Ces vieux quais où tel beau cygne de l’eau changeante
Entre parfois dans une âme qui s’en argente.
Si tristes les vieux quais, les eaux pleines d’adieux,
Inertes comme les bandeaux silencieux
D’une morte! les eaux sur qui pleure une cloche,
Les immobiles eaux sur qui le carillon
Égoutte ses sons froids comme d’un goupillon.
Et plus tristes les quais lorsque l’hiver approche!
En mai, quand le ciel rit, on s’était essayé
À mettre de la joie aux vitres des demeures,
– Tendant de rideaux blancs le passage des heures –
Et des roses afin que l’air fût égayé,
Petit luxe, au-dehors, de l’aisance des chambres…

Mais quand l’hiver revient, quand cinglent les décembres,
Les acacias nus, filigranés en noir,
Portent le deuil de la saison; le vent disperse
Leurs feuilles comme des oiseaux parmi l’averse;
L’eau du canal se gerce et se gèle – miroir
Las de mirer toujours d’identiques façades!
Maintenant les vieux quais sont déserts et maussades;
Et, dans les logis clos, les rideaux s’échancrant
Laissent voir, en la chambre et derrière l’écran,
Quelques vieillards sans joie autour d’une lumière
Qui végète sur le réchaud de la théière…
Lumière survivante en ces hivers du nord;
Faible lueur, clarté triste qui les ressemble;
On dirait un chétif feu de cierge qui tremble,
Et qu’en chaque maison muette, on veille un mort!

Georges Rodenbach, Le règne du silence

*choix de la lectrice du peintre Kirk Richards