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premiers pas

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vêtue d’encre de nuit
tes mots mêlés à ma peau
j’ai fait mes premiers pas
d’amoureuse

(mai 2011)

en réponse au poème du Cœur funambule

*toile de Franck Gervaise

Toute vie ne mérite pas qu’on la raconte

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Tout souvenir, toute vie hors normes ou mouvementée, ne fait pas nécessairement un bon livre. Et tout témoignage ne mérite pas d’être publié tel quel sans travail d’édition. Le récit de Josiane Kruger, Née d’amours interdites, publié chez Perrin, un éditeur spécialisé dans les romans, essais et récits historiques, aurait pourtant mérité qu’on y consacre un peu de temps et d’énergie : cela nous aurait donné un livre autrement plus étoffé.

Il n’est pas tout d’être la fille d’une mère française et d’un soldat allemand. Il n’est pas tout non plus de l’avoir appris par hasard ni d’avoir trouvé au fond d’une boîte les coordonnées d’un père à qui on écrira et qui nous visitera une fois. Il n’est pas tout de raconter sa vie, ses difficultés avec sa famille, ses déboires, ses déménagements, ses amours à la déroute, ses liens avec sa famille allemande.

Il aurait fallu bien davantage au récit de Josiane Kruger pour le rendre intéressant. Pour en faire quelque chose de moins décousu et de digne d’intérêt. Mais l’éditeur n’a pas pris le temps de guider l’auteure et le récit qu’elle nous offre n’a que très peu d’intérêt pour qui ne fait pas partie des 200 000 enfants nés dans les mêmes conditions et dont elle se fait ici la porte-parole.

Besoin de rire?

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De temps en temps, on a juste besoin de rire. Du ridicule d’une situation. De personnages caricaturaux. D’une époque. Enfin, de tout et de rien. De rire, quoi.

Potiche, un film réalisé par François Ozon (connu notamment pour Huit femmes), mettant en vedette Catherine Deneuve, Gérard Depardieu et Fabrice Lucchini dans les rôles principaux, est exactement ce qu’il faut pour combler ce besoin, surtout s’il pleut depuis plusieurs jours. Adapté d’une pièce de boulevard créée en 1980, le film raconte la rébellion des employés d’une usine de parapluies en même temps que celle de la femme du propriétaire de l’usine, qui est aussi la fille du fondateur de l’entreprise, lequel était apprécié et estimé par ses employés, ce qui n’est pas du tout le cas du patron actuel.

Profitant du fait qu’il est hospitalisé puis en croisière pour se reposer, Madame Pujol (Catherine Deneuve), qui en a assez d’être une potiche aux yeux de son mari (Fabrice Lucchini) en profite pour faire de l’usine ce qu’elle n’était plus : un lieu de création et humain. Une émancipation qui ne fera pas l’affaire de tout le monde, qui en écorchera quelques-uns au passage et qui la poussera à aller plus loin.

Ajoutez ici et là quelques éléments typiques au théâtre de Feydeau, comme qui est la fille de qui et qui est le fils de qui, et les quiproquos qui vont avec; une fille arriviste coiffée comme Farrah Fawcett dans Charlie’s Angels, une secrétaire qui est un mélange de Dolly Parton dans Nine to Five et de Melanie Griffith dans Working Girl; un fils à maman dont le look est calqué sur celui des chanteurs des années 70; un téléphone recouvert de moquette… Voilà pour l’ambiance. Si déjà vous ne riez pas avec tout ça, les dialogues et les situations se chargeront de faire le reste.

Vous l’aurez compris, Potiche n’a rien d’un film sérieux. Mais vraiment rien. Et c’est ce qui m’a plu. Beaucoup, beaucoup plu. J’ai même oublié qu’il pleuvait.

La bande annonce devrait vous convaincre de vous précipiter en salle si je n’ai pas réussi!

Le lys du jour 3

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Un lys de rêve signé Armando. En tout cas, moi il me fait rêver…

C’est pour bientôt…

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Décidément, tout pousse en même temps cette année!

Ce que mots vous inspirent 413

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Les compromis sont provisoires. [Jérôme Garcin]

*toile d’Helen Katharine Forbes

Les vers de Bernard 2

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Villes-îles

Montréal comme Paris commence par une île
avec ses ponts et ses couloirs souterrains
avec ses lettres ses messages et ses voies

bientôt le train franchira la destination de ce texte
dans le vide infini de l’imagination

autopsie d’un port oublié
les vocables poignardent les souvenirs
avec un son mat

tels des paparazzi
à dévorer la star des clichés
nous vivons comme un récit
avec l’art de mettre des règles aux symboles

lire de haut en bas
de gauche à droite
mais aussi en profondeur
les fenêtres les murs les êtres

découvrir partout des poèmes
que le réel laisse paraître
dans la forêt des mots
écrits comme l’on rêve
dans la langue des amants

un hymne aux présences innombrables
s’égare dans la ville
se perd dans ses matières
et s’y grave

on transforme le vécu en pensée
et pour ramener l’abstrait à de simples caractères
on en admet l’existence
comme si écrire était seulement
tenter de s’approcher
de ce que l’on pourrait avoir à dire
soi-même

alors le texte inatteignable s’éteint avec soi
quelque part dans l’eau qui fait que la Terre est une île
comme le font en nous les liquides des corps

Bernard Pozier, Scènes publiques

*choix de la lectrice de Gershon Benjamin

Rue du Cherche-Midi

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Avec Cherche-Midi, Catherine Clément a ouvert la porte sur un pan de son passé qu’elle avait toujours eu du mal à aborder, parce que la souffrance, elle le savait, allait prendre toute la place dès qu’elle tournerait la poignée, dès qu’elle entrerait dans l’appartement de son enfance, rue du Cherche-Midi.

Rue du Cherche-Midi, où au bout de la rue, il y avait l’hôtel Lutécia. Mais jamais ses grands-parents ne rentrèrent de déportation. Jamais ils n’attendirent les leurs à l’hôtel Lutécia. Rue du Cherche-Midi, il y avait de l’autre côté de la rue l’immeuble où vivait le Juste qui les sauva, sa mère et elle, plus d’une fois. Un homme qui a été bon pour eux, même s’il portait l’uniforme de la Wermacht. Rue du Cherche-Midi, il y a tous ces (ses) souvenirs.

Mais que faire d’eux? Comment les livrer sans les grossir? Comment les partager sans tomber dans le pathos? Comment ne pas s’encombrer des détails pour aller à l’essentiel? Tel était le défi de Catherine Clément quand elle a choisi d’ouvrir la porte de son enfance, de son adolescence, et même de sa vie de jeune femme, puisqu’à chacune des étapes de sa vie, la rue du Cherche-Midi était là, à veiller sur elle et à la faire trembler de peur. Oui, tel était là le défi.

Catherine Clément a choisi la sobriété tout en racontant les faits. Son histoire, comme celle de ses parents, de ses grands-parents, d’une époque, ou plutôt de plusieurs, alors que la rue du Cherche-Midi devient un lieu de passage obligé et non plus uniquement un lieu de douleur. Un témoignage bouleversant.

En arrivant à la maison

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Voilà la belle surprise qui m’attendait!