Les Québécois connaissent bien Lucien Francoeur, le rocker rebelle au cœur tendre du défunt groupe Aut’Chose. Ils connaissent aussi l’animateur radio féru de poésie, un peu moins le professeur et pratiquement pas le poète. Il a pourtant publié nombre de recueils dont certains ont mérité des prix. C’est pourquoi j’ai été ravie de voir que la lectrice peinte par Alfred Broge avait choisi Clo la gitane à l’intention des lectrices du soir. Parce que ce livre qui évoque les poètes chéris de l’auteur est un hommage à sa muse, la poète Claudine Bertrand qui dirigeait la défunte revue littéraire Arcade (où j’ai publié) et que j’ai eu l’occasion de rencontrer à quelques reprises, toujours avec bonheur.
Clo la gitane réunit des textes précédemment publiés qui ne sont pas sans rappeler les poèmes d’Aragon pour Elsa, avec cette voix qui est la sienne et qui fait que Lucien Francoeur est un poète romantique même si méconnu sous ce « titre ».
C’est donc par ce poème choisi par la lectrice de ce soir que débute notre incursion au pays de Clo la gitane :
C’est une gitane de pays vague
Qui dans la nuit des temps m’attend
Où déjà le lézard que j’allais devenir
Se cachait dans les photos-souvenirs
Cette gitane est dans mes rémanences
Avec une fragrance d’errance au corps
Et sans origine au fond des yeux










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