Il me semble avoir entendu la lectrice du peintre Valentin Virvich lire à haute voix un poème. Plusieurs fois. Comme si elle voulait s’en imprégner. Comme si de tous les textes de l’Anthologie de la poésie russe, elle ne voulait retenir que celui d’Alexis Apoukhtine.
Ô nuits sans sommeil, ô nuits folles!
Nuits où brûlent les deniers feux,
Yeux éteints, confuses paroles,
L’automne, ses fleurs, ses aveux…
Si le temps, de sa main cruelle,
Montre leur charme mensonger,
Mon erreur en vain se révèle,
Car je ne fais plus qu’y songer.
Leur doux murmure qui m’enjôle
Des jours étouffe les vains bruits;
Mon âme aspire à vous, ô nuits!
Ô nuits sans sommeil, ô nuits folles!









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