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Le vieux qui faisait fleurir les arbres morts

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Le vieux qui faisait fleurir les arbres morts

Il était une fois, il y a fort longtemps, un couple déjà bien vieux qui vivait en compagnie de leur petit chien, une petite bête sans race mais affectueuse et ma foi, très jolie.

Un jour, le vieil homme décide de creuser la terre à l’endroit où leur chien gratte et il découvre un grande quantité d’or.
Le voisin, en apprenant la bonne fortune des deux vieux, leur demande leur chien. Il l’obtient mais le chien têtu refuse de gratter le sol. Il reçoit des coups de pieds, des coups de bâton tant et plus qu’il par gratter mais le voisin ne découvre qu’un vieil os et une paire de chaussures moisies. Fou de colère, il tue le chien et l’enterre sur le bord de la route, au pied d’un petit sapin.

Le temps passe; le sapin pousse. Le sapin pousse et le temps passe.

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*aquarelle de Woody Duncan

La fée Poussière

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La fée Poussière
(conte de George Sand)

Autrefois, il y a bien longtemps, mes chers enfants, j’étais jeune et j’entendais souvent les gens se plaindre d’une importune petite vieille qui entrait par les fenêtres quand on l’avait chassée par les portes. Elle était si fine et si menue, qu’en eût dit qu’elle flottait au lieu de marcher, et mes parents la comparaient à une petite fée. Les domestiques la détestaient et la renvoyaient à coups de plumeau, mais on ne l’avait pas plus tôt délogée d’une place qu’elle reparaissait à une autre.
Elle portait toujours une vilaine robe grise traînante et une sorte de voile pâle que le moindre vent faisait voltiger autour de sa tête ébouriffée en mèches jaunâtres.
A force d’être persécutée, elle me faisait pitié et je la laissais volontiers se reposer dans mon petit jardin, bien qu’elle abimât beaucoup mes fleurs. Je causais avec elle, mais sans en pouvoir tirer une parole qui eût le sens commun. Elle voulait toucher à tout, disant qu’elle ne faisait que du bien. On me reprochait de la tolérer, et, quand je l’avais laissée s’approcher de moi, on m’envoyait laver et changer, en me menaçant de me donner le nom qu’elle portait.
C’était un vilain nom que je redoutais beaucoup. Elle était si malpropre qu’on prétendait qu’elle couchait dans les balayures des maisons et des rues, et, à cause de cela, on la nommait la fée Poussière
.

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*toile de Nikolai Petrovich Bogdanov-Belsky

L’oiseau de la cascade

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L’oiseau de la cascade
(conte de Blaise Cendrars)

Il y avait une fois un enfant qui plaça un piège sous une racine et prit un oiseau, un bel oiseau, l’oiseau de la cascade.
Bien.
Il le plume, le cuit, le mange.
Bien.

Quand il l’a mangé, il revient, remet le piège sous la même racine, et reprend encore le même oiseau, l’oiseau de la cascade. Alors, il court à la maison pour le mettre en cage ; mais sa mère le renvoie aux champs surveiller les semailles.
L’enfant lui dit :
-Mère, fais-moi rôtir cet oiseau.
-Oui, lui dit-elle. L’enfant retourne aux champs et fait rouler son tambour pour effrayer les autres oiseaux.
Bien.

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*toile d’Antonio Berni

Le grand pin et le bouleau

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Le grand pin et le bouleau

(Conte du Québec adapté d’un conte Ojiboué)

Il y a bien longtemps, avant que les hommes n’arrivent dans le pays, les arbres étaient capables de parler. Le bruissement de leurs feuilles était leur langage calme et reposant. Lorsqu’ils agitaient leurs branches en tous sens dans le vent violent, leurs paroles étaient des discours pleins de courage ou remplis de peur.

La forêt était peuplée d’une multitudes d’arbres de toutes sortes. L’érable laissait couler sa sève sucrée pour les oiseaux assoiffés. Un grand nombre d’oiseaux nichaient dans ses branches. Les merles venaient déposer leurs petits œufs bleus dans des nids bien installés. L’érable les protégeait du vent et de la pluie, toujours prêt à rendre service. Il était respecté aux alentours.

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*toile de Thomas Pollock Anschutz

La plume et l’encrier

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La plume et l’encrier
(Conte d’Andersen)

Que de choses dans un encrier! disait quelqu’un qui se trouvait chez un poète; que de belles choses! Quelle sera la première œuvre qui en sortira? Un admirable ouvrage sans doute.
-C’est tout simplement admirable, répondit aussitôt la voix de l’encrier; tout ce qu’il y a de plus admirable! répéta-t-il, en prenant à témoin la plume et les autres objets placés sur le bureau. Que de choses en moi… on a quelque peine à le concevoir… Il est vrai que je l’ignore moi-même et que je serais fort embarrassé de dire ce qui en sort quand une plume vient de s’y plonger. Une seule de mes gouttes suffit pour une demi-page : que ne contient pas celle-ci! C’est de moi que naissent toutes les œuvres du maître de céans. C’est dans moi qu’il puise ces considérations subtiles, ces héros aimables, ces paysages séduisants qui emplissent tant de livres. Je n’y comprends rien, et la nature me laisse absolument indifférent; mais qu’importe : tout cela n’en a pas moins sa source en moi, et cela me suffit.

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*toile d’Albert Anker

La roche aux guillemots

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LA ROCHE AUX GUILLEMOTS

(Guy de Maupassant)

Voici la saison des guillemots.
D’avril à la fin de mai, avant que les baigneurs parisiens arrivent, on voit paraître soudain, sur la petite plage d’Étretat, quelques vieux messieurs bottés, sanglés en des vestes de chasse. Ils passent quatre ou cinq jours à l’hôtel Hauville, disparaissent, reviennent trois semaines plus tard; puis, après un nouveau séjour, s’en vont définitivement.
On les revoit au printemps suivant.
Ce sont les derniers chasseurs de guillemots, ceux qui restent des anciens; car ils étaient une vingtaine de fanatiques, il y a trente ou quarante ans; ils ne sont plus que quelques enragés tireurs.

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*toile d’August Allebé

Un lundi à lire des contes

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Pour ce lundi de congé, c’est la lectrice de l’artiste vénézuélienne Vanessa Balleza qui est arrivée la première. Une lectrice pleine d’idées, avec une caisse chargée de contes et l’intention de faire partager à tous les enfants qui passeraient au pays de Lali aujourd’hui sa passion pour ceux-ci.

Une visite faite au Pays de l’imaginaire a servi de déclencheur. Il y avait là tous les contes qu’elle connaissait et tant d’autres à découvrir. Une vraie mine d’or! Si bien que tous les lecteurs du jour seront dirigés là-bas pour lire tous ces contes qu’heure après heure ils viendront vous présenter, des contes d’auteurs illustres et connus de tous ainsi que des contes faisant partie de la tradition orale de plusieurs pays.

Puisse ce lundi vous plaire!