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Le retour des fleurs

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Le retour des fleurs
(conte australien)

Comme il ne pouvait plus supporter les hommes et leur méchanceté, le plus puissant de tous les sorciers avait décidé de quitter son pays et de se réfugier tout au sommet de la plus haute des hautes montagnes. Aussitôt dit, aussitôt fait… Il s’en alla.

Un grand malheur s’abattit sur la nature ; toutes les fleurs, celles des bois, celles des prairies, celles des collines, celles des bords de mer, celles du long des rivières et celles de lacs moururent instantanément. Il n’y en eu pas une seule qui survécut. Le pays, jadis si beau et si fleuri devint rapidement un désert. Tous les animaux, les oiseaux, les papillons, les insectes s’enfuirent après la mort des fleurs. Pour voir les fleurs, les habitants ne pouvaient user que de leur imagination. Mais les enfants, qui n’avaient jamais connu ces merveilles, ne voulaient pas croire les anciens.

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*toile de Diane Whitehead

Conte du pêcheur et du voyageur

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Conte du pêcheur et du voyageur
(conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont)

Il y avait une fois un homme qui n’avait pour tout bien qu’une pauvre cabane sur le bord d’une petite rivière : il gagnait sa vie à pêcher du poisson; mais comme il n’y en avait guère dans cette rivière, il ne gagnait pas grand-chose, et ne vivait presque que de pain et d’eau. Cependant il était content dans sa pauvreté, parce qu’il ne souhaitait rien que ce qu’il avait. Un jour, il lui prit fantaisie de voir la ville, et il résolut d’y aller le lendemain. Comme il pensait à faire ce voyage, il rencontra un voyageur qui lui demanda s’il y avait bien loin jusqu’à un village, pour trouver une maison où il pût coucher.

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*toile de Victor Manzano y Mejorada

La Loreley

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La Loreley
(conte de Wilhelm Ruland)

En amont de Coblence, où le Rhin roule ses flots tumultueux entre une double barrière de collines plantées de vignes, un rocher abrupt élève vers le ciel sa tête orgueilleuse : c’est le rocher de Loreley, rendu populaire par la légende et chanté par Heine. Quand un bateau s’avance en glissant sur les flots, à la nuit tombante, le pilote jette des regards apeurés vers le formidable sommet rocheux. Tels de petits marmots bavards, les vagues minuscules et toujours en mouvement se racontent dans un doux murmure des histoires merveilleuses. Là-haut, perchée sur la croupe grisâtre, vêtue de roses et couronnée d’étoiles, la légende balbutie un étrange conte : elle parle de la jolie nymphe perfide qui venait autrefois s’asseoir sur le rocher, chantant de douces mélodies de sirène, jusqu’au jour où une triste aventure l’en chassa pour toujours.

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*illustration d’Amanda Harvey

La suggestion du 12 octobre 2009

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Le poète peint par Jeremy T. Monro chercherait-il l’inspiration? Les photos qu’il va trouver devraient le faire rêver ou lui donner le goût de partir!

Comment le ciel est devenu grand

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Comment le ciel est devenu grand
(conte apache)

C’était il y a longtemps… lorsque les hommes avaient un gros problème; le ciel était trop bas.

Il était si bas qu’il n’y avait pas de place pour les nuages. Il était si bas que les arbres ne pouvaient pas pousser. Il était si bas que les oiseaux ne pouvaient pas voler. S’ils essayaient, ils se heurtaient aux arbres et aux nuages.

Mais ce qui était plus pénible encore, c’était que le hommes adultes ne pouvaient pas se tenir debout, bien droits comme leur corps le leur demandait. Ils devaient marcher tout penché, en regardant leurs pieds et ne voyaient pas où ils allaient.

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*toile de Moe Hanson

Riquet à la houppe

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RIQUET À LA HOUPPE
(conte de Perrault)

Il était une fois une reine qui accoucha d’un fils, si laid et si mal fait, qu’on douta longtemps s’il avait forme humaine. Une fée qui se trouva à sa naissance assura qu’il ne laisserait pas d’être aimable, parce qu’il aurait beaucoup d’esprit; elle ajouta même qu’il pourrait, en vertu du don qu’elle venait de lui faire, donner autant d’esprit qu’il en aurait à celle qu’il aimerait le mieux. Tout cela consola un peu la pauvre reine, qui était bien affligée d’avoir mis au monde un si vilain marmot. Il est vrai que cet enfant ne commença pas plus tôt à parler qu’il dit mille jolies choses, et qu’il avait dans toutes ses actions je ne sais quoi de si spirituel, qu’on en était charmé. J’oubliais de dire qu’il vint au monde avec une petite houppe de cheveux sur la tête, ce qui fit qu’on le nomma Riquet à la houppe, car Riquet était le nom de la famille.

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*aquarelle d’Elizabeth Gordon-Werner

Le diable à Yquem

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LE DIABLE À YQUEM
(Conte de Bernard Clavel)

Un beau soir d’été, le diable se promenait sur la route qui mène à Yquem. A l’époque, il n’y avait pas de château, mais une simple maison appartenant à un vigneron nommé Alexandre. C’était un bon bougre qui s’escrimait de l’aube à la nuit sur un lopin de terre où poussait de la vigne. Ces ceps qu’il avait eu bien du mal à faire prendre et qu’il soignait avec amour ne donnaient que peu de raisin. Alexandre en tirait un vin ordinaire qui, bon an mal an, lui permettait à peine de faire vivre sa femme Ségolène, sa fille de dix-huit ans Isabelle, et deux garnements un peu plus jeunes de dix et onze ans, paresseux, menteurs, bons à rien et qui mangeaient comme quatre.

Donc, quand le diable vint à passer, Isabelle rentrait chargée d’une botte d’herbe qu’elle avait coupée pour les lapins. Dès qu’il vit son visage, le démon se sentit le cœur transpercé. Depuis des millénaires qu’il prenait chaque année ses vacances sur la terre, jamais encore il n’avait rencontré créature aussi séduisante. – Enfant, s’écria-t-il, ce travail n’est pas pour toi, laisse cette herbe et suis-moi, je t’offre un royaume.

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*toile d’April Galamin

Pourquoi les crocodiles ne mangent pas les poules?

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Pourquoi les crocodiles ne mangent pas les poules?
(conte africain)

Une poule avait pour habitude de descendre chaque jour au bord de la rivière afin d’y chercher de la nourriture. Un crocodile la regardait l’estomac envieux de la voir si grassouillette.

Un jour, le crocodile vient près d’elle et menace de la manger mais la poule s’écrie :
-Frère, O mon frère, ne faites pas cela ! Le crocodile en est si troublé qu’il s’en va, pensant qu’il pouvait bien être le frère de la poule.
Chaque matin, il revient près de la rive la rive, bien décidé à faire de la poule son repas. Chaque matin, la poule se met à crier :
-Frère, O mon frère, ne faites pas cela ! Et le crocodile s’en va en maudissant la poule.

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*illustration de Derek Charles Eyles

Le dromadaire mécontent

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Le dromadaire mécontent
(conte de Jacques Prévert)

Un jour, il y avait un jeune dromadaire qui n’était pas content du tout.

La veille, il avait dit a ses amis : « Demain, je sors avec mon père et ma mère, nous allons entendre une conférence, voilà comme je suis moi! »

Et les autres avaient dit : « Oh, oh, il va entendre une conférence, c’est merveilleux », et lui n’avait pas dormi de la nuit tellement il était impatient, et voilà qu’il n’était pas content parce que la conférence n’était pas du tout ce qu’il avait imaginé : il n’y avait pas de musique et il était déçu, il s’ennuyait beaucoup, il avait envie de pleurer.

Depuis une heure trois quarts un gros monsieur parlait. Devant le gros monsieur il y avait un pot à eau et un verre à dents sans la brosse et, de temps en temps, le. monsieur versait de l’eau dans le verre, mais il ne se lavait jamais les dents et visiblement irrité il parlait d’autre chose, c’est-à-dire des dromadaires et des chameaux.

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*toile de Jean Even

L’oiseau bleu

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L’oiseau bleu
(conte de Mme d’Aulnoy)

Il était une fois un roi fort riche en terres et en argent; sa femme mourut, il en fut inconsolable. Il s’enferma huit jours entiers dans un petit cabinet, où il se cassait la tête contre les murs, tant il était affligé. On craignit qu’il ne se tuât : on mit des matelas entre la tapisserie et la muraille ; de sorte qu’il avait beau se frapper, il ne se faisait plus de mal. Tous ses sujets résolurent entre eux de l’aller voir et de lui dire ce qu’ils pourraient de plus propre à soulager sa tristesse. Les uns préparaient des discours graves et sérieux, d’autres d’agréables, et même de réjouissants; mais cela ne faisait aucune impression sur son esprit : à peine entendait-il ce qu’on lui disait. Enfin, il se présenta devant lui une femme si couverte de crêpes noirs, de voiles, de mantes, de longs habits de deuil, et qui pleurait et sanglotait si fort et si haut, qu’il en demeura surpris. Elle lui dit qu’elle n’entreprenait point comme les autres de diminuer sa douleur, quelle venait pour l’augmenter, parce que rien n’était plus juste que de pleurer une bonne femme; que pour elle, qui avait eu le meilleur de tous les maris, elle faisait bien son compte de pleurer tant qu’il lui resterait des yeux à la tête. Là-dessus elle redoubla ses cris, et le roi, à son exemple, se mit à hurler.

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*toile d’Alfred Edward Emslie