Elle se sentait perdue, roulant au hasard dans des abîmes indéfinissables. (Gustave Flaubert, Madame Bovary)
*toile de Vicente Romero
Elle se sentait perdue, roulant au hasard dans des abîmes indéfinissables. (Gustave Flaubert, Madame Bovary)
*toile de Vicente Romero
Elle resta perdue de stupeur, et n’ayant plus conscience d’elle-même que par le battement de ses artères, qu’elle croyait entendre s’échapper comme une assourdissante musique qui emplissait la campagne. (Gustave Flaubert, Madame Bovary)
*toile de John Singer Sargent
Elle se laissait aller au bercement des mélodies et se sentait elle-même vibrer de tout son être comme si les archets des violons se fussent promenés sur ses nerfs. (Gustave Flaubert, Madame Bovary)
*toile de Frans Smeers
C’était comme l’initiation au monde, l’accès de plaisirs défendus. (Gustave Flaubert, Madame Bovary)
*toile de Candace Whittemore Lovely
Alors il y eut un silence. Ils se regardèrent; et leurs pensées, confondues dans la même angoisse, s’étreignaient étroitement, comme deux poitrines palpitantes. (Gustave Flaubert, Madame Bovary)
*toile de Nina Mikhailenko
C’est l’été et toutes les lectrices du jour ont sorti leur ombrelle ou leur parasol pour lire au soleil. Et on dira ce qu’on voudra, la chose a quelque chose de romantique, il n’y a qu’à regarder la lectrice de Louis Ritman pour le constater. Et l’une des grandes romantiques de l’histoire de la littérature n’est-elle pas Emma Bovary?
C’est pourquoi, en ce dimanche d’été, des citations de Madame Bovary de Flaubert accompagneront nos lectrices. Pour un peu du romantisme dont elle se nourrissait.
J’aime les regarder lire soir après soir ces livres que je sors de mes rayons la plupart du temps, même s’il m’arrive de glaner ailleurs. J’aime les regarder s’imprégner des mots qu’elles lisent, comme ça a été le cas pour la lectrice peinte par Margaret Dyer qui s’est arrêtée ici dans sa lecture de Transparole d’Alain St-Yves :
On ne peut oublier on ne peut oublier
On reste désemparé un long moment le cœur hagard
puis on repart avec la tête lourde de pierres tombales
avec des traits tirés fleuves taris plus encore
avec le sourire exactement comme une tristesse… parfois
On reste seul seul pour continuer les labours
dans la mince espérance
seul avec des pas qui s’obstinent à se souvenir
et à nous ramener sur des routes qu’on croyait perdues
seul à souquer l’amour désenvahi
seul avec nos désirs et nos rêves
comme des feuilles brisées par la froidure automnale
On ne peut oublier Nos gestes perdent de leurs feux orgueilleux
Il y a quelqu’un qui marche
Il est le seul passant
Il pleut
La nuit froide se cherche un peu de chaleur
Quelqu’un marche
avec la nuit dans ses poches
Son amour est un caillou
qui roule sous nos pieds
Lorsque je lisais les dernières pages du roman de Mary Dollinger Au secours Mrs Dalloway! et que je constatais que ça allait bien finir, presque dans le meilleur des mondes, j’ai été déçue quelques minutes. Mais pourquoi bouder mon plaisir? Pourquoi il ne pourrait pas y avoir des fins comme dans les romans de mon adolescence? Pourquoi n’aurions-nous pas droit à une fin cinématographique? Et j’ai pensé : pourquoi pas?
J’avais tant aimé l’humour de Mary Dollinger, sa façon de raconter, ses personnages proches de la caricature, les anecdotes qui défilent que je n’allais pas me laisser décevoir par une fin rose bonbon, que non.
J’avais eu trop de plaisir à voir Clare, le personnage principal et la narratrice, aux prises avec les personnages de son premier roman qui s’écrivait parfois sans elle parce que ceux-ci avaient une vie bien à eux pour ne pas dire une fois de plus : pourquoi pas?
Au revoir Mrs Dolloway! est un délicieux moment de lecture, un bain de fraîcheur pour les jours de canicule dont vous trouverez ici un joli compte rendu ainsi qu’un extrait, qui devrait vous donner envie de plonger dans les aventures de cette Anglaise qui décide de s’émanciper en écrivant rien de moins que ce qui sera un best seller. Et pour découvrir l’auteure en ses mots à elle, rien de mieux qu’un tour sur son blog.
Ne nagent-ils pas en plein bonheur? C’est du moins l’impression qu’a eue Béatrix quand elle les a croqués sur le vif!
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