Je n’aurais jamais osé déranger la lectrice de l’artiste néerlandais Willem Boon. Elle était bien trop concentrée. Si bien que je l’ai laissée seule avec Anecdotes, le recueil du poète québécois Michel Beaulieu et que quand je suis repassée, elle n’était plus là, mais le livre était ouvert sur ces vers :
si tant est que le métier de vivre
te pèse n’en oublie pas le geste révélateur
ainsi qu’une vieille photographie racornie
dans quelque coin de la mémoire elle tisse
autour de toi le fil des allusions le fil
des illusions des émotions mais si ce geste
attendri s’impose à toi dans ses apprêts
n’en rejette au loin ni la rage ni la fureur
ni n’en détourne la ferveur de ses cours
sinueux prends-le sur toi dans ses odeurs
de pomme de pin dans la fragrance de l’automne
de l’automne et des quatre saisons parcourues
d’un museau fin dans les signes du temps









Commentaires récents