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Un 24 juin il y a longtemps

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Un 24 juin, l’équivalent québécois du 14 juillet des Français, il y a de cela fort longtemps, mon amie Odile avait eu des places pour assister en direct à une émission de radio sur Europe 1 animée par Pierre Bellemare. De l’émission je n’ai qu’un très vague souvenir. Mais de ma rencontre avec l’animateur, oui. Il avait repéré dans la salle le drapeau du Québec et il s’est dirigé sans hésiter vers celle qui le brandissait. Il est reparti avec. Sa fille était née un 24 juin. Je n’ai pas pu faire autrement.

*toile de Tavik Frantisek Simon

Est-ce que je mens ou pas?

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Il m’arrive, quand on me demande dans quelles villes j’ai vécu, de dire Montréal… et Paris. Je le dis toujours timidement. Parce que pour la plupart ds gens, « vivre » dans une ville n’est pas l’addition de séjours, mais un séjour continu de plusieurs mois, au moins. Et pourtant, je considère que j’ai, d’une certaine façon, vécu à Paris. Parce que je n’y ai jamais dormi à l’hôtel. Parce que j’ai fait la cuisine et les courses. Que ce soit à Maisons-Alfort, dans le 15e, à Boulogne-Billancourt ou dans le 13e. Parce que j’ai vécu la vie des Parisiens, le travail en moins, sauf pour cette fois où j’ai couvert le salon du livre pour un mensuel d’ici et pour Radio-Canada.

Au fond, est-ce que je mens ou pas quand j’affirme que j’ai en quelque sorte vécu à Paris?

*toile de Louis Flahaut

Le jour où j’ai rencontré Christopher Frank

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Il tournait alors le téléfilm Adieu Christine à un coin de rue de là, dans le 7e arrondissement. Et il m’avait donné rendez-vous au téléphone la veille pour le petit déjeuner dans ce café fréquenté par son équipe. Allait paraître à l’automne Je ferai comme si je n’étais là et il avait accepté d’en parler avec moi qui faisais mes premières armes en tant que chroniqueuse littéraire pour Elle Québec.

Oui, nous avons parlé du livre. Et puis d’écriture. Et de Paris, sa ville d’adoption. Et le temps a filé. Le temps d’un café, de deux croissants. Le cinéma l’attendait. Et moi, j’ai marché dans Paris. Je venais de rencontrer Christopher Frank, un amoureux de la vie que la mort a fauché trop tôt. Un homme qui écoutait les autres. Vraiment. Pas du bout des yeux. Et qui m’a fait la bise avant de retourner sur le plateau. Et moi, j’ai marché dans Paris.

*toile d’Édouard-Léon Cortès

Un jour, la Sorbonne

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Il y eut aussi un grand jour. Ce jour où je suis entrée à la Sorbonne. J’avais rendez-vous avec Lucille, une amie étudiante à la maîtrise en philosophie.

Je mer appelle avoir caressé les murs tant j’étais émue, c’est vous dire, et les portes, les poignées de portes. Un peu plus et je me mettais pieds nus pour toucher le sol de mes orteils. Oui, je sais, je suis un peu dingue, mais ne le répétez pas.

*toile d’André Marquet

Paris la muse

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Paris des poètes. Paris des cinéastes. Paris des chanteurs. Il n’y a qu’à penser à Apollinaire et son pont Mirabeau. À Léos Carax et aux amants du pont Neuf. À Yves Montand, à Paris.

Paris est partout. Dans les livres. Sur nos platines. Sur grand écran. Pas étonnant que nous en rêvions tant…

*toile d’Anne French

Rue Monge

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Bien sûr que Paris, c’est aussi tous ces lieux marqués par l’Histoire. La Conciergerie, Notre-Dame, la Bastille, l’Arc de Triomphe… Mais bien peu savent que, rue Monge, dans le 5e arrondissement, se trouvent les arènes de Lutèce. Même des Parisiens qui passent là tous les jours. Puis-je vous inviter à y entrer? Je conserve de cette halte un moment inoubliable.

*toile de Georges Lapchine

Vue imprenable

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La nouvelle a peut-être fait boule de neige depuis qu’elle a paru dans Le Paris de Chrystine Brouillet en 1996. En effet, la vue du toit de La Samaritaine sur Paris est exceptionnelle. C’est d’ailleurs l’auteure du livre qui m’a entraînée là un jour du printemps de 1989. Un must, disait-elle. Elle avait raison. Espérons maintenant que les travaux qui ont cours en ce moment ne feront pas en sorte d’interdire un accès futur au toit.

*toile de François Batet

Le symbole de Paris

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Elle est le symbole de Paris depuis 1889. Tout le monde la connaît. Mais il faut la voir de près et marcher sous sa structure pour comprendre. Il faut voir la tour Eiffel illuminée. Il faut voir la ville qui s’étale à nos pieds de là-haut. Souvenirs indélébiles.

*toile de Jean-Marie Simon

Impressionnant

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C’est fête à Paris, comme un autre 14 juillet où, il y a presque quinze ans, de la Défense, je regardais les avions voler en arabesque au-dessus de la capitale. Je n’avais jamais vu pareil déploiement. Et on dira ce qu’on dira : c’est impressionnant.

*toile de Madeleine Wagner

Là où on fait la fête

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Un jour de juillet, par une chaleur torride et accablante comme elle peut l’être en pleine canicule sur la cpitale française, Jasmine et Catherine ont décrété que je ne connaissais pas le vrai Paris, le Paris-by-night, le Paris où on danse et où on fait la fête. Il était plus de minuit. La meilleure heure, ont-elles affirmé, sûres d’elles et sachant où elles allaient m’entraîner.

Elles avaient tout des conspiratrices de haut calibre quand elles prononçaient le mot Chapelle des Lombards. Moi, j’ai suivi… Je n’avais aucune idée de l’endroit où elle m’emmenait. Je n’avais jamais même entendu ce nom, c’est vous dire.

Au fait, a petite Québécoise est rentrée à six heures du matin. Elles ont presque dû la traîner de force.

*toile de Pierre Stampfli