Ils se sont donné rendez-vous sur la rive. Ont discuté un peu sous le regard amusé de Denise. Puis sont partis complices voguer sur les eaux du lac. L’histoire ne dit pas où ils sont allés. Juste qu’ils y sont allés côte à côte.
Ils se sont donné rendez-vous sur la rive. Ont discuté un peu sous le regard amusé de Denise. Puis sont partis complices voguer sur les eaux du lac. L’histoire ne dit pas où ils sont allés. Juste qu’ils y sont allés côte à côte.
Elle serait bien restée là, dans ce morceau de paradis où ils ont passé la fin de semaine. À quelques heures de Montréal. Isolés. Avec le lac pour seul paysage. Autour, quelques chalets déserts parce que ce n’est pas la saison. Et pourtant lui qui ne craint rien, ni l’eau glaciale ni la route boueuse pour l’emmener là. Et elle qui fait fi de tous les conseils concernant avril alors que le soleil est si bon.
Elle serait bien restée là. Dans la toile de Doranne Alden.
Chers amis, écrivains ou lecteurs, ou les deux,
C’est aujourd’hui jour de fête, puisque la catégorie En vos mots a un an. Une bougie que je n’allumerais pas si vous n’étiez pas là pour ce rendez-vous dominical.
L’idée était peut-être un peu saugrenue. Ou alors ambitieuse. Il fallait quelques « fous » épris de mots et de partage pour vivre l’aventure. Je ne vous nommerai pas tous. Mais j’aimerais tout de même mentionner la présence indéfectible de Flairjoy et d’Armando, qui ont été de l’aventure tous les dimanches de cette année qui se termine. Et aussi celle de Denise qui n’a pas raté beaucoup de rendez-vous.
Merci à eux, à tous ceux qui ont écrit, à tous ceux qui les ont lus. Merci de me donner envie de poursuivre l’aventure. Même si un jour une seule personne écrivait à partir d’un tableau. Je ne fais rien de ce que je fais pour la quantité. Mais pour que des liens se tissent.
Oui, merci. D’avoir cru. D’avoir joué le jeu. D’autres toiles attendent leur accrochage. Tant que vous voudrez les raconter en vos mots semaine après semaine.
Et surtout, merci d’être là.
Lali
qui a emprunté pour l’occasion les traits de la correspondante peinte par Lee Delehanty
Ce qu’il y a de fascinant dans la vie de libraire, c’est cette certitude qu’ont les gens : les libraires savent tout. Qui est l’écrivain dont il est question dans la grille des mots croisés du samedi. Les auteurs de toutes les citations dont ils ignorent la fin. Comment on écrit palimpseste. Les noms de tous les lauréats des prix Nobel de littérature et l’année où ils l’ont remporté.
Et si ces certitudes font sourire, il en est tout de même une qui fait grincer des dents. Et qui est quasi quotidienne. Vous n’auriez pas le numéro de téléphone de la libraire sur le boulevard des Écrivains? Eux ils doivent l’avoir.
*sur une toile de Dorothee Roberts
Selon les statistiques et les savants calculs, les probabilités de tout acabit et les déductions irréfutables, j’aurai un jour une troisième carrière. Celle de libraire a duré un quart de siècle. Celle de réviseure-traductrice sera forcément moins longue. Mais que sera la troisième? Pourrai-je seulement écrire? Vais-je retourner aux études et m’inscrire en histoire de l’art pour traduire des textes liés aux artistes? Vais-je devenir accompagnatrice lors de voyages culturels et plus spécifiquement littéraires?
Alors que le jour n’est pas encore là, que je suis devant mon écran avec mes feuilles éparpillées autour de moi, je ne sais rien de ce que la vie me réserve. Je sais seulement que matin après matin, à l’instar de l’écrivaine par Roger W. Carlson, je serai en train d’écrire.
Je la regarde et je l’envie. Oui, j’envie la lectrice peinte par Robert G. Beaulieu. Même si je sais très bien que l’envie est un très vilain défaut. Mais comment en pourrait-il être autrement alors qu’il me tarde d’être épaules nues dans un parc à lire? Et si jamais ce n’était pas de l’envie, cette hâte que ça m’arrive aussi a quelque chose qui lui ressemble.
Elles ont toujours lu à deux. Depuis le moment où elles ont su lire.
Le vendredi, leur père rapportait les journaux de la semaine que son patron lui donnait. Il commençait d’abord par les lire, dans l’ordre. Sans sauter une ligne. Il tirait beaucoup de fierté à être un des rares employés à savoir lire, ce qui lui donnait le privilège de pouvoir par la suite tenir des conversations avec son patron.
Et quand il avait parcouru le journal en entier, il le posait à coté d’elles. Et sans attendre, elles se précipitaient sur les feuilles imprimées. Avec gourmandise. Leur père était si fier qu’elles lisent bien. Et il aimait qu’elles lui posent des questions quand elles ne comprenaient pas un mot ou alors un article compliqué pour le jeune âge.
Elles sont aujourd’hui mariées depuis quelques années. Mais chaque samedi, les lectrices du peintre John Atta Mensah lisent les journaux de la semaine ensemble. Par habitude. Et sûrement, par plaisir.
Vous n’avez pas d’exemplaire du Goncourt? Et vous ne savez pas quand vous allez en avoir? Et comment ça se fait?
Oui, comment se fait-il qu’en cet octobre de 1984 les douaniers montréalais soient si zélés? Si zélés qu’ils ont mis de côté 5000 exemplaires de L’amant de Marguerite Duras le temps que quelqu’un lise le livre, analyse le contenu et décrète qu’il ne s’agit pas là de littérature pornographique.
Vrai de vrai!
Et au même moment, je ne vous dis pas ce qu’on peut trouver dans les maisons de la presse (vous devinerez aisément) alors que les petites librairies comme celle peinte par Sung Kim attendent leur arrivage qui va leur permettre d’arrondir leur mois et de payer les fournisseurs.
C’est toujours à cette heure que ça lui prend, cette envie de ne pas partir, de rester là dans la demi-clarté. Sans presque bouger. Avec pour seul bruit celui des pages qu’on tourne délicatement. C’est toujours à cette heure qu’elle voudrait ne pas quitter la douceur de son appartement. Et chaque matin, ça la tiraille. Et elle se dit qu’elle devrait se lever encore plus tôt. Pour que sa pause dans la nuit soit plus longue. Mais la liseuse de Robert Sawyers sait que quatre heures et demi, cinq au plus tard, c’est déjà bien assez tôt.
Est-ce cette semaine que je verrai un quelconque bourgeon sur une branche, lequel s’épanouira et fera en sorte que je puisse voir la vie en rose, comme ça a été le cas pour Géraldine il y a quelques semaines?
Je me permets d’offrir ces quelques fleurs à Flairjoy. Je suis certaine que Géraldine sera d’accord. Et puis, surtout, je sais que Flairjoy attend aussi impatiemment que moi du rose, du vert, du jaune… mais pas du blanc!
© Lali 2025 – Tous droits réservés.
Fait avec amour (❤️) par WHC
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