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Je ne pensais pas m’amuser autant

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Je ne pensais pas m’amuser autant en choisissant pour ce jour de Pâques des lectrices aux chapeaux. Je ne pensais pas avoir un tel plaisir à leur imaginer des vies, à inventer des histoires, même si certaines sont tristes. Parce que la vie est aussi comme ça.

Non, je ne pensais pas que j’aurais un tel plaisir en ce dimanche pascal à inventer des histoires. Que vous pouvez terminer si vous en avez envie.

Non, je ne pensais vraiment pas à tout cela. Je pensais plutôt à moi sur un banc, avec un chapeau, en train de lire, alors que le printemps serait arrivé par miracle. Et celle peinte par Peter Cooper aurait été parfaite pour que je me glisse dedans.

Les lectrices aux jolies coiffes

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Elles ont sorti leurs plus jolies coiffes. Celles des beaux jours du printemps et de l’été. Et elles sourient devant les pages de ce vieux livre de contes de leur enfance qu’on leur a offert un jour de Pâques qui leur semble bien lointain. Les lectrices de Louis Welden Hawkins ne savent pas encore à quel point le temps passe vite et combien chaque jour de Pâques se rapprochera de plus en plus du précédent à mesure que les années avanceront.

Elle qui lit Germaine Acremant

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Et si on me demande ce que j’ai fait pour souligner Pâques, je crois que si je raconte que j’ai passé une partie de mon samedi et de mon dimanche à entrer dans des toiles où des lectrices arborent des chapeaux, on va me prendre pour une véritable dingue. Il vaut mieux donc que je raconte que je suis allée souper chez mes parents, ce que d’ailleurs je vais faire tout à l’heure. Peu de gens peuvent comprendre cette folie douce qui m’habite et qui ne fait de mal à quiconque.

Mais peut-être bien que la lectrice de Frederick Childe Hassam le pourrait. Pourquoi donc suis-je en train de l’imaginer en train de lire Ces dames aux chapeaux verts de Germaine Acremant, souvenir de ma propre jeunesse?

Doux moment

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Avouons-le. Il y a tout de même un charme qui se dégage de ces toiles d’un autre siècle. Pas qu’à cause du chapeau. Ni du décor. Ni du café qu’on prend dehors. Mais de ce tout, de cet ensemble, de cet amoncellement de détails. Nul doute que la rayonnante lectrice d’Edward Killingworth Johnson y est pour beaucoup. Mais tout de même. Le tout est un doux moment de bonheur.

Impeccable

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Elle est impeccable. Tout le monde la complimentera pour cette perfection qui la caractérise. Mais s’ils savaient… S’ils avaient la moindre idée de tous les efforts de la lectrice de Carl Frederick Frieseke pour arriver à ce résultat. Elle qui vit loin de tout, qui n’a qu’une seule robe et un seul chapeau pour les grands jours, parce qu’elle n’a pas besoin d’une autre tenue de ce genre, a mis des heures à se préparer. Déjà, il a fallu défroisser la robe, dépoussérier le chapeau, attacher ses cheveux qui ont l’habitude d’être libres. Mais là n’a pas été le pire. Elle avait oublié à quel point ses chaussures des grands jours étaient étroites.

Pour que se taisent ces voix

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Il lui semble entendre marcher. Mais elle n’est jamais sûre des sons qu’elle entend. Il y en a tant qui heurtent sa tête et que d’autres n’entendent pas. Il y a tant de voix qui résonnent à son oreille et dont on dit qu’elles n’existent pas. C’est pour ça d’ailleurs qu’on a isolé la lectrice de Robert James Gordon. Pour que se taisent ces voix. Pour que son esprit se repose. Mais ce dimanche n’est pas un jour habituel. Il y aura des visiteurs. Un enfant dont elle entend le rire au loin.

Elle voudrait qu’on la ramène au pays des rires. Elle est certaine que toutes les autres voix se tairaient devant un rire cristallin. Mais comment leur faire comprendre? Ils n’entendent jamais rire les enfants, eux.

Celui qui a promis d’être là pour Pâques

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Il a promis d’être là pour Pâques. Et la lectrice de François-Marie Firmin-Girard y croit. Dur comme fer. Si bien que dès le petit jour elle a commencé à s’apprêter pour les retrouvailles.

Et tandis qu’elle regarde au loin, sous son chapeau et sous son ombrelle, son cœur se met à battre plus vite. Serait-ce lui au loin?

Oui, ça ne peut être que lui, puisqu’il s’est mis à courir quand il a repéré sa belle.

La chouette grand-mère

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Elle ne trouvait pas son jardin assez grand pour dissimuler les 18 œufs réservés à ses 18 petits-enfants. Si bien que la lectrice peinte par Cory Ench les a cachés dans le grand parc municipal. Ça lui a d’ailleurs pris un temps fou. Mais quand elle les entend rire et courir ainsi, alors qu’elle a ouvert un livre, parce qu’elle sait que le jeu va durer longtemps, puisqu’elle a aussi mis en terre bien autre chose que des œufs, elle est heureuse. Elle sait que tous les petits mots d’amour pour chacun d’entre eux auront presque plus d’effet que les œufs. Elle sait aussi qu’ils lui diront qu’elle est la plus chouette et la plus drôle de toutes les grands-mères du monde quand ils découvriront en plus des tas de faux indices, comme un ruban bleu au bout duquel sera attachée une étiquette qui dira : ceci n’est pas un œuf.

En vos mots 50

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À l’heure où je viens de valider les textes de dimanche dernier autour de la toile de Walter Crane, je me réjouis de voir parmi les signatures habituelles ou occasionnelles celle de MAP. Je lui souhaite donc la bienvenue au pays de Lali et de son En vos mots dominical, qui fêtera bientôt sa première année complète sans qu’une seule toile n’ait été dévoilée par l’un ou l’autre, ou plusieurs.

Je ne vous remercierai jamais assez de jouer le jeu. Sans vous, En vos mots n’existerait pas, au risque de me répéter.

Et sans vous, la lectrice d’Eastman Johnson restera muette, alors que je suis certaine qu’elle a beaucoup de choses à raconter. Elle est donc à vous jusqu’à dimanche prochain. Je la laisse à vos soins et à votre imagination.

Bon dimanche et bonne semaine à tous!

La soliste

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Ce n’est pas un livre ordinaire que la lectrice de Pierre Carrier-Belleuse a ouvert aujourd’hui, mais le livre des partitions de sa mère. Pour la première fois, elle sera la soliste à la grand-messe, en ce jour de Pâques. Comme l’a été longtemps sa mère. Et même si aucune note ne lui échappe, même si elle sait que sa tenue est parfaite, même si elle sait qu’elle a encore du temps devant elle, il lui faut se plonger une dernière fois dans les partitions. Pour que ce soit aussi parfait que ce jour de Pâques où une autre qu’elle, dont elle suit les pas, a connu sa grande première. Et qui sera là, au premier banc, à la regarder.