
Il dira, comme chaque fois, que ce ne sont pas des poèmes, mais juste quelques mots qui lui sont venus comme ça, tout seuls, presque à son insu, sans qu’il y prenne garde. Que ça a donné ça, et voilà.
Mais cette fois, la lectrice de Françoise Conzales ne fera pas ce qu’elle fait d’habitude. Elle ne tentera pas de le convaincre qu’il est vraiment un poète.
Elle lui dira de se taire. D’écouter. Et elle lui lira les mots de Joë Bousquet :
LA POÉSIE EST LA NUDITÉ DE LA VIE
On dirait que la poésie remet l’espace et la lumière dans le sang. Elle est le fait de l’être qui se réintègre.
La poésie n’est pas l’expression de la pensée, mais de la parole. Elle se révèle aussitôt que la parole se fait source d’action.
Je commence à soupçonner qu’un poète n’est grand qu’autant qu’il introduit des définitions nouvelles de toutes les facultés qui l’ont fait ce qu’il est.
Ce qu’on a considéré comme essentiel à la poésie, le fait par exemple que le Passé et le Présent y coïncident, doit être tenu pour une conséquence et ne porter que la preuve de la vérité atteinte dans l’opération dominante qui est de faire parler la parole.
C’est en cela que la poésie est révolution : mise sur la voie par le rêve et tout ce qui s’y apparente, elle est un acte d’abandon volontaire à certaines pratiques dont le but est toujours de désorganiser le monde « tel qu’il est » pour en faire apparaître l’étonnante structure profonde, celle qui nous concerne vraiment.
-Et puis? dira-t-il, dubitatif.
-Écris, écris, écris.
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