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Le veilleur de nuit

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La plupart du temps, il lit le journal et il sommeille. Il est si rarement dérangé. Et toutes les deux heures, il fait sa tournée qui ne lui prend qu’un quart d’heure. Rien ne bouge jamais. Mais on ne sait pas, ça pourrait arriver un jour ou l’autre.

Sauf que cette nuit, rien n’a été pareil. Dès son arrivée, le lecteur peint par Honoré Daumier a trouvé au vestiaire un livre sur le sol. Probablement tombé d’un sac ou d’une poche de manteau. Ne sachant ce qu’il devrait en faire, il l’a traîné avec lui en faisant sa ronde.

Et il a oublié toutes ses rondes depuis.

Toutes ces vies qu’elle a eues

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Elle pense parfois à toutes ces vies qu’elle a eues, parce qu’aux lignes toutes tracées, elle a préféré les chemins de traverse, les sous-bois et les détours. Ces vies qu’elle n’aurait jamais pu connaître autrement. Certaines dont elle conserve un doux souvenirs, d’autres qui la rendent nostalgique, et certaines qu’elle préfère laisser bien rangées pour se préserver de l’amertume qui la gagnerait à coup sûr.

Elle pense parfois aussi à tous ces livres qu’elle a lus. Nombreux, si nombreux. À ceux qu’elle lira. Parce que dans toutes les vies passées et à venir de la lectrice d’Ulisse Caputo, il y a eu, il y aura des livres.

L’inexpliqué

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Personne ne l’a regardée pendant des années si bien qu’elle reste toujours troublée quand il pose son regard sur elle avec intensité. Non pas parce qu’elle est nue. Pas plus parce qu’il y a une lueur de convoitise dans les yeux. Mais parce qu’elle est elle, vivante et qu’elle n’a rien changé de ce qu’elle est pour lui. Ni caché au fond d’un tiroir ce grand pull informe dans lequel elle traîne.

Elle est restée celle qui a croisé sa vie un jour d’été. Les cheveux en bataille dans le soleil. Un livre à la main.

Elle l’avait remarqué depuis longtemps. Mais la lectrice de Guérino Angéli n’a rien dit. Elle n’a pas maquillé ses yeux, elle n’a pas choisi ses plus jolies robes, elle n’a rien fait de ce que font les femmes quand un homme leur plaît. Elle a continué à être elle. Sans penser à ce qui pourrait arriver. Enfin, pas trop, juste un peu.

Un jour, il lui a demandé ce qu’elle lisait. Et elle lui a tendu le livre en même temps qu’elle lui a demandé ce qu’il écoutait.

La vie est ce qu’elle est. Elle nous apporte l’inexpliqué auquel on ne veut pas trouver de raisons. Il écoutait Yves Simon tandis qu’elle le lisait.

Retour au travail

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Pourquoi est-ce toujours si difficile de retourner au travail après des jours de congé, semble se demander la lectrice de V. Kostetsky. Parce qu’on a commencé à prendre un autre rythme et à y prendre goût? Peut-être bien…

Réveil blanc à Bruxelles

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Quelque chose doit être déréglé quelque part pour qu’il neige un 25 mars sur Bruxelles. La ville se serait-elle égarée en suivant le professeur Tournesol et son pendule indiquant « un peu plus à l’ouest »? Ou le nom de la rue où habite Tintin aurait-il décidé d’échanger le sien avec celui de la capitale belge pour voir l’effet? L’enquête des Dupont et Dupond se poursuit ici.

Jour de Pâques blanc

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Est-il pire d’attendre désespérément un printemps qui tarde à venir ou d’en avoir connu les débuts, les premières fleurs, pour voir celles-ci couvertes de neige un matin de Pâques? Denise nous le dira peut-être, elle qui a pris les photos pour nous…

Le petit chapeau sans forme

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Il n’est pas certain que j’aurais aimé entrer dans certaines toiles où les lectrices chapeautées étaient un peu guindées, pour le moins, mais dans celle-ci oui! La lectrice de Nikolay Repin a tout pour me plaire, même un petit chapeau sans forme. Et surtout un décor de printemps, voire de début d’été, qu’il me tarde chaque jour de voir arriver… Quinze degrés sous zéro le matin de Pâques, c’est un peu trop sous zéro pour moi.

La grille du jardin

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La lectrice de Theo Van Rysselberghe a si souvent fêté Pâques. À une autre époque. Et pendant longtemps. Avant que les enfants n’aillent vivre ailleurs, dans des pays qui leur promettaient tellement, où leurs enfants sont nés. Des pays qu’elle a visités pour prendre ses petits-fils et ses petites-filles dans ses bras.

Mais elle n’a plus la force de faire encore la traversée. Il faudra que ce soit eux qui viennent à elles. Elle sait que ce ne sera pas souvent. Que leurs écrits remplaceront leur présence. Comme elle sait aussi que Pâques, ce sera le jour où l’un des siens franchira la grille du jardin.

Jouons à chercher le titre des romans

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Il illustrait des romans de Balzac, de Hugo et de Zola. Il en avait fait sa spécialité. Si bien que quand le nom d’Erhard Klepper est aujourd’hui évoqué, c’est immédiatement aux romans de ces derniers auxquels on pense.

Peut-être pouvons-nous même pousser le jeu jusqu’à donner à chacun des tableaux le titre du roman qui pourrait les avoir inspirés?

C’est curieux…

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C’est curieux tout ce qu’on commence sans savoir où cela va nous mener. Ainsi, ce jour de printemps 2005 où je me suis mise à la chasse aux lectrices peintes. Qui allait être suivie par la chasse aux lecteurs, celle aux enfants en train de lire, celle aux scènes dans les bibliothèques ou les librairies, celle aux livres bien alignés ou dans le désordre. Ainsi, ce dimanche d’avril 2006 du premier En vos mots qui aurait pu rester lettre morte et qui a été suivi de nombreux autres. Ainsi, cette idée folle de lectrices aux chapeaux pour le dimanche de Pâques. Toutes si différentes. Toutes racontant un moment ou un autre. Certaines plus froides, certaines tout le contraire. Et tous ces décors qui sont les leurs. Certains sont vraiment, mais vraiment, plus que tentants. Comme celui de la lectrice d’Elisabeth Keyser, pour tout vous dire. Je cherche où est la porte d’entrée…