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Ça sent le chocolat chaud et l’amour

adae

Il y a du bonheur dans la toile de Kwadwo Adae, que du bonheur. Du bonheur qui me ramène à celui de l’adolescence. Aux samedis soirs ou à certains dimanches où nous nous retouvions avec le journal de la fin de semaine, nos livres et nos tasses de chocolat chaud. Ou de thé. En famille. Réunis.

Je crois bien qu’il y avait aussi le canon de Pachelbel qui se faisait entendre en sourdine, ou bien du Chopin. Oui, moments heureux, traces indélébiles. Auxquels je songe en souriant. En me disant que je les ai vécus. En me disant que j’ai eu cette chance. D’être aimée. De l’être encore. Par des parents que d’autres jugeaient sévères, parce qu’il y avait des règles. Mais pas des règles pour qu’il y ait des règles. Des règles parce que nous vivions ensemble, des règles qui nous apprenaient sans coup de massue le respect, le sens des responsabilités, la tolérance, la liberté, l’honnêteté, toutes ces choses esentielles que nombre de parents négligent aujourd’hui. Il ne faut surtout pas brimer la liberté des enfants. Or, je ne compte pas faire ici le procès de quiconque. Je ne fais que le constat. Le triste constat. Et je fermerai la parenthèse.

Et je dirai merci à la vie pour les parents qu’on m’a donnés. Remarquables, aimants et ne voulant que le bonheur de leurs enfants, même si ce bonheur est différent de celui qu’il avait imaginé pour eux.

Et je retourne dans la toile. Et je souris. Ça sent le chocolat chaud et l’amour.

Que la vie est belle

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Elle a mis de la musique et retiré ses chaussures. Puis, elle s’est installée dans son fauteuil préféré avec un livre. Et la lectrice de Christel Anna Barber a pensé : que la vie est belle. Et j’adhère. Ce sont les petits bonheurs quotidiens qui nous font nous exclamer aussi : que la vie est belle.

Lorsque les mots sont inutiles

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Parfois, les mots sont inutiles. Elle le sait. Comme elle sait qu’il ne sert à rien de poser des questions quand il a son air sombre. C’est parfois la fatigue, voire même une certaine lassitude à sans cesse se battre contre les mêmes choses. C’est parfois le j’en-ai-marre qu’il ne dit pas, mais qu’elle devine, parce que le lecteur de Philip Iverson tourne les pages avec une certaine rage, ne s’arrêtant à aucun mot, lui qui aime tant les mots. C’est parfois le trop plein, le vase qui déborde, l’envie d’être ailleurs. Rien qui vienne d’elle, mais quelque chose qui lui met des bleus à l’âme et qui ternit son regard habituellement si vif.

Et lorsque les mots sont inutiles, elle se glisse derrière lui. Elle caresse sa nuque et ses cheveux. Elle glisse tendrement sa main dans la sienne. Et il se lève. Dormir contre elle calme tous les tourments.

Madame L.

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Je l’imagine plongée dans des livres les jours où elle ne vient pas. Et pourtant, je ne sais rien d’elle. Je ne sais rien que sa gentillesse, son empathie pour tous, son sourire, son dévouement. Je ne sais rien que tout ce temps qu’elle passe à donner bénévolement des heures de ses journées pour réconforter et aider. Je ne sais rien d’elle que ce qu’elle me raconte dans nos trajets d’autobus. Son mari qui a pris un coup de vieux. Son nouvel appartement et le fait que tout lui soit facilement accessible autour. Sa fille qui vient la visiter. Sa passion pour les mots croisés. Et son sens du devoir. Car pour elle, le bénévolat est un engagement, ce n’est pas quelque chose qu’on fait en dilettante.

Je ne sais rien d’elle sinon son visage qui s’illumine quand elle me voit monter. Le trajet est toujours plus court quand on peut faire un brin de jasette. Je ne sais rien d’elle, sinon ses 78 ans et la chaleur qui se dégage de son regard quand elle pose les yeux sur vous.

Mais j’aime imaginer que le devoir accompli, elle devient la lectrice peinte par Paul Albert Besnard.

Les vendredis retrouvés

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J’aime les vendredis. J’aime les vendredis retrouvés. Ce n’est pas que je suis paresseuse, même si une de mes activités préférées est rêver. C’est juste que j’aime bien travailler quatre jours et non pas cinq, comme je l’ai fait de juin à décembre. Même si, côté budget, ce n’est pas tout à fait la même chose. Mais qui gagne moins dépense moins…

Oui, j’aime les vendredis retrouvés. Et il me semble bien mérités. N’ai-je pas travaillé de 42 à 60 heures par semaine (et parfois davantage) pendant plus de vingt ans? N’ai-je pas droit à un peu de temps à moi?

Oui, j’aime les vendredis retrouvés. Les vendredis sans autobus bondés où je ferais de mon mieux pour entrer dans le silence et tourner quelques pages, comme le fait la lectrice de Viviane Douek. Et sans devoir affronter une nouvelle tempête. Eh oui, il neige encore.

Le choix des livres

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Bien avant le lever du jour, la lectrice de Georges Dayez a choisi les livres du jour, ceux dans lesquels elle a envie de se perdre, ceux qui invitent à la promenade, sans pour cela les parcourir de A à Z, ceux qui donnent envie qu’on en caresse les mots parce qu’ils sont imprégnés de douceur et d’images, ceux qui ont encore tant de secrets à dévoiler, ceux auxquels elle revient toujours, parce qu’incontournables et vitaux.

Pour bien terminer cette journée rouge

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Et pour bien terminer cette journée rouge, quelques roses offertes par Cath qu’elle a eu l’occasion de prendre en photo lors d’un récent séjour au Maroc pour le travail. Et qui sont arrivées précisément aujourd’hui. Il ne manquait que ça – ou presque – pour une journée parfaite et parfaitement rouge.

Le rouge pour toute constante

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C’est toujours la même. Qu’elle soit en train d’écrire, de lire une lettre d’amour ou de rêver, le livre posé à ses pieds. C’est toujours la même. Ça ne peut qu’être la même, pour que le rouge se répète ainsi de toile en toile. Dans la teinte d’une jupe, dans le tissu d’une robe, dans la douceur d’un tapis.

Ça ne peut qu’être la même. Une seule lectrice se promnant ainsi de tableau en tableau avec pour toutes constantes le rouge et la présence des mots, tandis que l’artiste JuLee Simmons la peint.

Les doutes

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Les doutes, c’est ce que nous avons de plus intime.[Albert Camus]

Elle n’y échappera pas. Il y aura aussi pour la lectrice de Le Ba Dang des moments de doute intense. Et pourtant, inexplicable. Mais qui surgiront. Mais qui prendront toute la place. Avec laquelle elle se battra, se débattra, pour les dissimuler, pour les faire fuir, pour que le doute n’existe plus.

Mais les doutes ne se chassent pas ainsi. Ils sont ce que nous avons en nous, de secret, d’intime, et parfois aussi de terriblement troublant. Si bien que tous ces doutes, il nous est difficile de les partager. Surtout quand on ne cherche pas la compassion.

Mais les doutes ne se balaient pas d’un revers de la main. Je le sais, j’ai maintes fois essayé.

La lectrice au regard perdu dans l’immensité

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Son regard se perd dans l’immensité.

Est-la phrase elle-même qui a provoqué la chose? Ou celle-ci a-t-elle réveillé en elles des souvenirs? On sait juste que le regard de la lectrice de Léon Gard se perd dans l’immensité. Que ses yeux fixent au loin un point dont on ne sait rien. On sait seulement qu’elle n’est plus là, mais dans ses propres pensées.

Et curieusement, je me retrouve en elle, dans ce regard au loin. Et curieusement, je trouve que certains soirs je lui ressemble, parce que le hasard – mais est-ce vraiment le hasard? – me mène à certaines phrases et à nulle autre. Et que quand ça arrive, je reste ainsi prostrée, avec une espèce de regard fixe, mais un esprit qui roule à toute vitesse.