Il est parfois fascinant de regarder les lecteurs de journaux. Certains y vont avec minutie, débutant par la une et parcourant le journal sans laisser passer le moindre encadré. D’autres commencent par la fin. D’autres encore semblent faire du slalom en prenant soin d’éviter certaines pages. Et il y a ceux qui vont directement aux sections qu’ils affectionnent.
Ils ne savent pas que je les regarde, que j’examine leurs moindres gestes. Que je pousse même la chose jusqu’à un jeu innocent de deviner la lecture des uns et des autres à partir de la tête du client.
Celui peint par l’artiste venezuelien Ivan Dario Hernandez donne à penser qu’il va lire les pages consacrées à l’économie. Et c’est là que tout commence. Je m’approche. Je ne fais semblant de rien. Parfois, la première impression était juste. Mais, justement, pas toujours. Et c’est ça qui m’amuse le plus. De découvrir que le jeune homme sortant du gymnase que j’imaginias se précipitant sur les pages consacrées aux sports sera plutôt attiré par la chronique de disques. Et que celui-ci que j’imaginais attiré par l’économie est en pleine dégustation. Il lit la page des vins et des restaurants. Comme quoi.









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