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Pour effacer certains mots

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Elle n’aime pas quand il se mure dans son silence. Ni quand elle se terre, muette. Elle a mal. Elle sait qu’il a mal. Et pourtant, chaque fois que ça arrive, c’est parce qu’ils ont voulu se protéger l’un l’autre. Des autres. Du regard des autres. Des mots des autres. Et ils sont maladroits, parce qu’ils réagissent de la même manière. Parce qu’ils ont les mêmes arguments.

Et dans le silence qui si souvent les unit, alors qu’aujourd’hui il les déchire, la lectrice de Lucian Freud a ouvert un livre. Mais elle ne lit pas. Elle ne lit pas et il le sait.

Il relève son menton, il la regarde. Et il l’embrasse et elle l’embrasse. Pour effacer certains mots. Pour en écrire de plus beaux.

Et le silence reprend sa place. Il est redevenu leur complice.

Et si je vous demandais…

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Le peintre Rouhi Katayoun a dessiné un mouton à sa lectrice. Et j’ai tout de suite pensé qu’elle lisait Le petit prince. Ce livre qui doit être un des plus usés de ma bibliothèque tant je l’ai lu, tant je l’ai traîné avec moi, tant il a été le premier marquant. Ce livre dont avait dit Éric Descodt dans Le Figaro :  » L’extraordinaire fortune de ce texte, le plus traduit et le plus lu depuis sa parution, ne peut pas être étrangère à cette pérennité de l’enfance. Car ce livre si mince et d’un si grand poids est l’expression la plus achevée de l’esprit d’enfance dans la description de l’humanité « . Ce livre porteur de phrases qui ont laissé des traces dans la vie de chacun d’entre nous.

Et si je vous demandais. Et si je vous demandais laquelle des phrases du Petit prince est la vôtre?

Le même sourire

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À défaut de pouvoir dormir ensemble, les lecteurs de Sterling Brown se sont endormis chacun de leur côté en serrant le même livre contre eux. Peut-être ainsi ont-ils pu se rejoindre dans leurs rêves. J’ai envie de le croire. Ils ont le même sourire.

Bérénice

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Il a retiré ses lunettes. Le lecteur de June Mendoza vient d’entrer au pays de ses souvenirs, dans les profondeurs de sa mémoire indéfectible, là où surgissent autant les personnages qui l’ont troublé que ceux qu’il a croisés, parfois plus caricaturaux que certains personnages de romans eux-mêmes. Ça l’a toujours amusé de se dire en regardant l’un qu’il y avait du Jean Valjean en lui, que celle-ci aurait fait une Emma parfaite ou que certains médecins étaient tout droit sortis de chez Molière.

Il a retiré ses lunettes et il pense à Bérénice. Bérénice qui ne s’appelait pas Bérénice, mais qui avait tout de l’héroïne de Racine, si bien qu’il l’a toujours appelée ainsi. Bérénice qui n’aimait pas le théâtre et qui préférait son diminutif – Bébé.

Décidément, il ne comprendrait jamais certaines femmes.

Personnages envahissants

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Ce n’est pas le verre d’alcool qu’il n’a pas encore touché qui modifiera sa perception déjà quelque peu perturbée. Il suffit simplement que le lecteur de Jaime O. Abril B. ouvre un livre, n’importe lequel, pour que ça lui arrive. Que les éléments fantastiques se mettent à se déchaîner dans sa réalité.

Et c’est quand tout est calme que tout lui semble anormal. Il s’est si bien habitué à voir surgir de toutes parts les personnages qui alimentent les pages des romans que sans eux envahissant son espace, je crois qu’il se sentirait un peu perdu.

Réveil de la nature

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Encore 7 cm de neige, a dit Monsieur Météo. Encore? Mais si… Alors qu’ailleurs, la nature s’éveille sous le regard admiratif de Denise et pour le plaisir de nos yeux…

Ce que mots vous inspirent 15

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Il n’est de grand amour qu’à l’ombre d’un grand rêve.[ Edmond Rostand ]

Ce que mots vous inspirent est pratiquement devenue la catégorie de Denise. Elle seule l’a alimentée chaque semaine, infailliblement, fidèlement. Et heureusement pour nous tous.

Quelques autres ont osé laisser quelques mots. Rarement. Timidement. Peut-être n’ai-je pas réussi à trouver LA phrase que vous aurez envie de commenter?

Puisse celle d’Edmod Rostand – qui m’a été soufflée par la lectrice d’Horace Vernet – vous inspirer quelques lignes…

Tu es un livre ouvert

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Il la regarde. Il la regarde et jamais l’expression « Tu es un un livre ouvert » ne lui a paru plus juste. Et le lecteur de Quint Buchholz sourit.

Tandis que…

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Et tandis que je griffonne sur des bouts de papier, dans des cahiers, sur les marque-pages et à l’endos des enveloppes, des idées pour tous ces lecteurs et lectrices dont je veux parler, les artistes continuent de les peindre ou de les modeler, de les déposer sur la toile pour que je les retienne, si bien que mon aventure sera sûrement inépuisable. Chose à laquelle je n’avais pensé à priori et qui me réjouit. Je peux donc, comme celle qui note une idée sur une feuille, peinte par Thomas Faed, continuer sur ma lancée. Il y aura toujours quelque part, des tableaux pour m’inspirer ou des personnages qui trouveront leurs tableaux.

Le défi

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Elle voudrait bien leur faire aimer la poésie, leur faire aimer les écrivains, leur faire aimer l’art en général. Mais elle sait que ce ne sera pas facile et que ce n’est pas gagné. Bien sûr, Édouard, au premier rang, boira ses paroles. Elle le soupçonne d’ailleurs d’être un peu amoureux d’elle. Bien évidemment, Anne-Catherine la harcèlera de questions. Et sûrement que James , Ludivine et Estelle écriront tout ce qu’elle dit dans leurs cahiers.

Mais tout ça, c’est du tout cuit. Du trop facile. La professeure de français, du peintre Umberto Boccioni qui dans une lettre à un ami avait écrit que Tout le reste, en comparaison avec l’art, n’est que mesquinerie, routine, patience et souvenirs…, voudrait plutôt conquérir les trois gaillards qui font la garde au fond de la classe. Ces impassibles revenus de tout. Elle a choisi ceux-là pour défi. Sans savoir si elle sera en mesure de le relever. Mais avec la ferme intention de tenter le coup. Avec Hugo. Hugo et ce poème, précisément :

Il faut que le poète

Il faut que le poète, épris d’ombre et d’azur,
Esprit doux et splendide, au rayonnement pur,
Qui marche devant tous, éclairant ceux qui doutent,
Chanteur mystérieux qu’en tressaillant écoutent
Les femmes, les songeurs, les sages, les amants,
Devienne formidable à de certains moments.
Parfois, lorsqu’on se met à rêver sur son livre,
Où tout berce, éblouit, calme, caresse, enivre,
Où l’âme à chaque pas trouve à faire son miel,
Où les coins les plus noirs ont des lueurs du ciel,
Au milieu de cette humble et haute poésie,
Dans cette paix sacrée où croit la fleur choisie,
Où l’on entend couler les sources et les pleurs,
Où les strophes, oiseaux peints de mille couleurs,
Volent chantant l’amour, l’espérance et la joie,
Il faut que par instants on frissonne, et qu’on voie
Tout à coup, sombre, grave et terrible au passant,
Un vers fauve sortir de l’ombre en rugissant !
Il faut que le poète aux semences fécondes
Soit comme ces forêts vertes, fraîches, profondes,
Pleines de chants, amour du vent et du rayon,
Charmantes, où soudain l’on rencontre un lion.