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Quand elles dansaient sur les Bee Gees

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Je regarde la lectrice d’Auke Leistra et j’ai cette impression de reculer des années en arrière. Tous ces samedis soirs où, adolescente, mes amies et ma sœur se pomponnaient pour sortir. Pour aller danser sur les Bee Gees. Pour attirer le regard des garçons. Et toujours ce : « Tu es sûre que tu ne veux pas venir? »

Non. Surtout pas. J’avais rendez-vous. Ils avaient pour prénom Patrick, Pearl, Christine, Jean et Marcel… Vous voulez aussi les noms de famille? Quels curieux vous faites! C’est bon, vous saurez tout… Modiano, Buck, Arnothy, Cocteau et Pagnol… Pour n’en nommer que quelques-uns…

Le ciel bleu de Denise

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Le ciel était si bleu ce jour de décembre sur la campagne vaudoise alors que Denise se promenait que ça me donne envie d’agrandir la photo à la taille de ma fenêtre pour cacher ce ciel blanc qui ne m’inspire pas trop…

La petite futée

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Ils croient l’avoir punie en l’envoyant réfléchir dans sa chambre parce qu’elle a tiré les cheveux de sa sœur. Si, si, ils le croient. Mais la lectrice de William Orpen est une petite futée. Bien plus imaginative qu’ils ne pourront jamais le penser.

Elle a compris et retenu que les adultes ont toujours le même réflexe, la même punition. Comme elle a aussi retenu que ses livres sont dans sa chambre.

Pour Rose et notre parc

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Il n’y avait pas de quai sur le bord de ma rivière des Prairies, dans ce petit parc où j’allais m’asseoir pour lire. Que des bancs et la rivière. Mais il y avait quelque chose d’aussi paisible que ce que dégage le décor où s’est assise la lectrice de Gunnar Berndtson. Le calme, l’eau, une espèce de liberté. Probablement parce que le parc n’était pas plus grand qu’un mouchoir de mouche, si bien que quand quelqu’un s’y trouvait, l’arrivant lui laissait l’endroit. Peut-être parce qu’il y en avait quatre ou cinq de ce modèle et qu’il en trouverait bien un autre où il pourrait lire lui aussi, rêver ou embrasser celle qu’il tenait par la taille.

C’était aussi l’endroit de prédilection pour les confidences entre Roseline et moi. Roseline, que j’appelais affectueusement ma Rose et qui, un jour, est partie vivre en Italie. Roseline, qui vit maintenant en Nouvelle-Angleterre, où elle enseigne à l’université. Roseline à qui je devrai toujours la découverte de Julos Beaucarne. Roseline à qui je pense souvent.

Peut-être que la vie fera en sorte qu’un jour nous nous trouvions un bord de rivière où nous pourrons nous raconter les années de silence. Peut-être pas. On ne sait rien de l,avenir.

Mais je sais ceci : elle occupera toujours une place spéciale dans mon cœur. Je sais aussi – parce que ses parents que j’ai croisés il y a quelque temps me l’ont dit : j’aurai aussi toujours une place spéciale dans son cœur.

Le bonheur qui m’a été redonné

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Faut-il connaître la privation pour que quand les choses nous sont redonnées on y attache une telle importance? Je pense ici au bonheur des samedis matins entre moi et moi. Non pas que j’ai été malheureuse ces années où mes samedis ont été des mercredis, puis par la suite des lundis. J’ai cette capacité de m’adapter à tout et d’accepter les choses que je ne peux changer.

Je pense donc à ces samedis d’une autre époque qui ressemblaient à des jours de semaine. Ces samedis où je me dépêchais pour arriver bien avant l’heure où je devais ouvrir la librairie afin de préparer les commandes du lundi matin. Je pense à ces samedis où mes clients étaient moins pressés qu’un jeudi, par exemple, et auxquels j’avais fini par prendre goût. De toute manière, je n’avais pas la possibilité de penser à ce qu’aurait pu être un samedi de congé : je n’en avais pas.

Et quand, il y a deux ans, par la force des choses – la fermeture éventuelle de la librairie -, j’ai redécouvert ce bonheur de prendre mon temps en même temps que tout le monde, j’ai tout de suite su une chose. Dans ma nouvelle vie, je n’allais pas travailler le samedi. La vie m’a gâtée : c’est le cas.

Et c’est peut-être la raison pour laquelle je m’émerveille tant le samedi. Je retrouve ce bonheur, non pas oublié, mais qui ne faisait plus partie de ma vie. Et c’est peut-être la raison pour laquelle je reviens souvent sur ce bonheur des samedis matins dont je ne me lasse pas. Ce bonheur semblable à celui de la lectrice d’Anthony Watkins, prenant le café à la fenêtre en lisant le journal, tandis que peu à peu le ciel s’éclaire, prometteur. Même si couvert de nuages. Le bleu est d’abord et avant tout dans le cœur de celui qui les regarde.

Une lectrice dans les nuages

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Si comme la lectrice de Nguyen Thanh Binh, vous avez pris goût aux nuages de mon ami Armando, veuillez prendre note de la nouvelle adresse de du bleu dans mes nuages. Moi, j’y vais tous les jours!

Elle seule peut savoir

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À l’heure où, une fois de plus, je me retrouve avec mes toiles et mes histoires à inventer, je me suis un peu promenée au pays de Lali. Question de voir ce que j’ai pu raconter depuis novembre 2005. Et même si plus de 2200 toiles ont été accrochées au fil des jours, lesquelles j’ai racontées à ma manière, entremêlant ma propre réalité et des personnages fictifs, je me rends compte d’une évidence qui n’est pas pour me déplaire.

Comme dirait un vieil ami qui souffre de la même maladie, je suis une coq-à-l’âneuse, c’est-à-dire que je glisse d’un sujet à l’autre, d’un tableau à ce qui titille les papilles en passant par un livre ou un film. Et sans problème. Être autrement, enfin ai-je cette impression, ce serait me priver de m’exprimer comme j’ai envie de le faire, ce serait me mettre des contraintes comme en trouve dans les techniques de l’Oulipo (dont La disparition de Perec est un exemple. Or, je l’ai fait déjà pour la seule pièce de théâtre que j’aie écrite et montée il y a plus de vingt ans, où j’avais volontairement gommé le sexe de l’autre, autant que son âge ou son lien au seul personnage de la pièce. Libre alors d’y voir l’aimé(e) disparu(e) ou l’enfant ayant rompu des liens.

Je sais donc écrire avec des contraintes et je peux le faire à l’occasion. J’en tire une certaine satisfaction, mais pas toujours le plaisir que je trouve dans la liberté de faire selon mon humeur et mes coqs-à-l’âne.

L’écrivaine de Dominique Amendola, une artiste d’origine française, avec du sang italien par son père, qui a vécu au Québec dans les années 70 et installée en Californie dont on peut lire le blog ici, est peut-être en train de se faire les mêmes réflexions. Se mettre des balises contraignantes ou pas. Je lui dirais d’essayer les deux. Elle seule peut savoir ce qui lui convient.

Les mots d’amour

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Elle avait lu dans les livres que les amoureux envoient des billets doux à leur belle. Et elle s’était toujours dit qu’il y avait un écart entre les livres et la réalité. Parce que ça ne lui était jamais arrivé. Parce qu’il n’était pas possible que ça lui arrive. L’amoureuse de Lutalu n’a rien de ce que possèdent les héroïnes. Elle n’est qu’elle-même ou du moins, tente de l’être le plus possible.

Oui, elle avait lu bien des choses dans les livres. Des choses qui n’étaient pas pour elle. Du moins l’avait-elle si bien cru que quand il lui a écrit pour la première fois, elle a pleuré. Et fort probablement la seconde. Et sûrement que ça doit lui arriver encore à l’occasion. Les femmes aimées des romans ne versent-elles pas quelques larmes quand elles lisent des mots d’amour?

Décidément

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Il ne peut s’empêcher de se dire que décidément, certains écrivains sont des êtres tordus. Il a beau lire la phrase dans tous les sens, elle est absolument incompréhensible, même s’il la scinde en deux ou trois. Même en ajoutant des virgules. Et ce n’est pas parce que le lecteur de David Reinbold n’a pas l’habitude de livres savants. Vraiment pas. C’est même un peu son dada. Se plonger dans des matières qu’il ne connaît pas, explorer des sujets qu’il n’a jamais effleurés, et même des sujets de recherches obtus. Mais ce coup-ci, rien à faire. La phrase reste un obscur magma de mots. Décidément, il y en aura toujours pour appliquer l’adage « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? »

Une fleur qui sourit

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J’ai eu, comme ça, une envie irrésistible de fleur s’ouvrant sous la caresse du soleil. Parce que, sûrement, l’hiver commence à me peser. Et dans toutes celles que m’a envoyées Géraldine, il y avait exactement celle que je cherchais : une fleur qui sourit. Je crois même qu’elle possède le don de faire sourire ceux qui la regardent.