Commentaires récents
Admin:
Archives:
septembre 2007
D L M M J V S
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30  
Dans quelle direction regarder

bl

Puisqu’on ne peut changer la direction du vent, il faut apprendre à orienter les voiles.[ James Dean ]

Et au fond du jardin, il, ou peut-être elle, tourne les pages du grand livre de la vie, retenant quelques-unes, en effaçant d’autres. Sans savoir que le peintre Ben Lustenhouwer indique à sa manière dans quelle direction regarder.

Le ballon

ballonsourire

Si certains ont vu le manège, ils doivent encore sourire ou se demander s’il ne faut pas m’enfermer la prochaine fois que je ferai un truc pareil.

Courir en tous sens, non pas pour attraper un ballon sautillant, volant au-dessus des toits, descendant se poser une seconde ou deux, virevoltant à nouveau, hésitant entre étaler son large sourire ou me tourner le dos, mais pour retenir une image, au risque de me mettre en retard, ça révèle un peu de moi. Et tant pis si on me prend pour une gamine parce que pendant quelques minutes je n’ai pensé qu’à ce ballon. Le temps de capter son sourire pour vous. Avant qu’il ne s’envole vers son destin. Celui de faire sourire tous ceux qui ont encore le pouvoir de s’émerveiller. Car il y en a encore. Tant et tant.

Celui que je vois par la fenêtre

mcbride

Il me semble tous les jours le voir par la fenêtre. Il me semble, dis-je. Car je ne suis pas certaine que ce soit toujours le même. J’ai parfois un doute. Surtout quand je le vois marcher lentement jusqu’au banc, le journal au bout de la main, presque résigné, comme si le poids de l’humanité tout entière pesait sur ses épaules. Surtout quand je le vois tourner les pages sans les lire, parce que son esprit est visiblement ailleurs, tourmenté. Du moins ai-je cette impression.

Et ces jours-là, je crois que j’aurais envie de sortir, d’aller lui prendre la main et de lui dire de regarder le ciel, qu’il doit bien y avoir là-haut quelque rayon de soleil pour lui ou un nuage absolument et délicieusement rigolo, qui attend son regard.

Heureusement, il ne me semble pas triste très souvent. Juste occasionnellement, quoique ces temps-ci plus souvent qu’il y a quelques semaines.

La plupart du temps, il me semble que le lecteur d’Abigail McBride a le cœur léger. Qu’il y a même un oiseau sur une branche qui l’attend comme s’il attendait une jolie femelle, en chantant et en tournant autour de lui.

Je me demande si l’oiseau, dans toute cette agitation de plumes, ne cherche pas à séduire son ami afin qu’il le suive sous un autre ciel, lui qui suivra bientôt les siens qui migreront vers le sud pour l’hiver.

Je me demande si la tristesse de l’homme ne vient tout simplement pas du fait qu’il ne peut pas suivre son ami. Il n’a pas d’ailes.

Rosa, rosa, rosam

rosepourmoi

Armando m’a offert la photo, parce qu’il ne pouvait pas cueillir la rose et venir me la porter lui-même.

Il y a des jours où on aimerait que Montréal soit une banlieue de Bruxelles. Ou vice versa.

Il n’y a pas de jours sans mots doux

s_sz

Il n’y a pas de jours sans mots doux. Pas de jours de silence. Pas de jour de lassitude. Il est là, toujours là. Même dans ses absences, il est présent. Par un mot glissé sous l’oreiller qu’elle a trouvé à son réveil. Tu es si belle dans le sommeil que je n’ai pas osé le moindre baiser sur ta peau, pour ne pas briser le bonheur que tu me donnes à te regarder et à me laisser t’aimer.

Il n’y pas de jours sans mots doux. Et la lectrice de Stanislaw Szcepanski sourit. Elle a glissé dans la poche de celui qu’elle aime presque les mêmes mots quand elle n’a pas osé le réveiller au cœur de la nuit.

Il était tôt

matin1

matin 2

Il était tôt. C’était l’heure où les fleurs s’ouvrent, encore humides de la nuit, en se faisant sécher au soleil. L’heure où on marche en se racontant. L’heure où l’amitié entre Armando et moi s’est inscrite pour toujours en un seul regard. Une nouvelle fois. Entre deux photos. D’autres occasions de se dire cette amitié viendront. Du et du quand, nous ne savons encore rien.

Trois-Rivières, capitale de la poésie

tr4

tr2

tr1

tr3

Si je n’avais pas eu envie d’un café bien serré sur la route de Québec, nous n’aurions peut-être pas vu Trois-Rivières et la poésie qui s’affiche sur ses murs. Nous n’aurions rien lu de ces mots évocateurs retenus en vitesse par l’appareil photos d’Armando tandis que le vent nous poussait ailleurs.

Une lumière inattendue

william henry hunt 2

La nuit arrive de plus en plus tôt. Comme chaque fois que l’automne pointe son nez, annonçant d’ores et déjà un hiver où les journées seront trop courtes, les nuit trop longues. Il lui faut allumer la lampe pour écrire à des heures où il y a si peu de temps encore elle voyait le ciel se teindre de rose sur ses pages.

L’écrivaine de William Henry Hunt est de toutes les saisons, trouvant son bonheur dans chacune d’elles, même si elle a une prédilection pour celle où le soleil se lève très tôt. Elle se réjouit des couleurs de l’automne, comme de la nature qui se réveille au printemps. Elle aime les matins d’hiver où le sol fait crouch crouch sous les pas et l’ensoleillement des jours d’été. Et même si elle aime plus que tout la lumière naturelle, elle aime celle de la lampe qui donne aux mots une lumière parfois inattendue.

Le poème d’Antonio Ramos Rosa

mhd1

Elle n’a pas choisi. La lectrice de Margret Hofheinz-Döring a laissé le livre s’ouvrir au hasard. Elle a laissé l’Anthologie de la poésie portugaise contemporaine la guider. Sans savoir que les mots du poète Antonio Ramos Rosa allaient répondre à une question qu’elle ne se posait pas en ces mots :

Je ne peux remettre l’amour

Je ne peux remettre l’amour à un autre siècle
je ne peux pas
même si le cri s’étrangle dans ma gorge
même si la haine éclate crépite brûle
sous des montagnes grises
et des montagnes grises

Je ne peux ajourner cette étreinte
qui est une arme au double tranchant
d’amour et de haine

Je ne peux rien ajourner
même si la nuit pèse des siècles sur mes épaules
même si tarde l’aurore indécise
je ne peux remettre ma vie à un autre siècle
ni mon amour
ni mon cri de libération

Non je ne peux ajourner le cœur

Genève et ses vieux bouquins

librairie1

librairie 2

Elle est là depuis longtemps. Peut-être même depuis la première publication de certains titres qu’elle propose. Il faudra demander à Denise, qui passait par là, les détails. Je sais seulement que je connais au moins deux personnes qui se plairaient dans un tel lieu. J’ai envie de leur souhaiter de pouvoir un jour y aller voir de plus près afin de palper ces vieux bouquins, comme on caresse un visage.