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Après-midi au jardin

jardinbotanique1

Trace d’un jour du mois d’août. Quelque part, un canard a fait sursauter une dame qui rêvait sur un banc et qui a eu si peur qu’elle s’est éloignée. Ailleurs, un photographe professionnel installait son attirail près du bassin des nénuphar pour capter la douceur de leur peau humide. Là-bas, un couple androgyne était allongé sur le sol. Plus loin, un homme lisait sur un banc. Il me semble avoir entendu des enfants rire. Le jardin botanique est si vaste. Je tentais, moi, de retenir une image fugitive.

Le grand livre de la vie

gautier 2

Le livre est trop grand. Pas de mots, que des images, des photos. Des souvenirs qui prennent peut-être trop de place dans sa tête et dans son cœur, mais qui sont là, au fond de sa mémoire, parfois sourires, parfois tourments. Des photos qui parlent d’hier et d’il y a longtemps. Et tous ces souvenirs qui affluent dont elle voudrait parfois se défaire, enfermer dans une bouteille et jeter.

Et elle tourne les pages. Depuis des heures.

La lectrice de Richard Gautier aimerait parfois connaître d’avance les images qui s’ajouteront à son grand livre. Pour s’assurer qu’elles seront heureuses. Mais les dernières pages restent blanches.

Côte à côte

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Ils lisent côte à côte depuis longtemps. Muets, complices. Ils boivent dans le même bol. Peut-être même se tiennent-ils la main sous la table. Parce que ça fait partie de ce bonheur qui est le leur.

Ils s’aiment sûrement. Il faut beaucoup d’amour pour lire ensemble et boire à la même tasse.

Il me semble avoir croisés les lecteurs de Ronald B. Kitaj. Mais je n’en suis pas certaine. Peut-être était-ce juste un de ces morceaux de rêves qui viennent parfois se rappeler à moi d’une vie que je ne connais pas. Peut-être est-ce le souvenir d’autres que j’ai regardés ainsi. Je ne sais plus. Je sais juste la douceur et la tendresse de la toile alors que la nuit va bientôt s’emparer de la pièce où ils lisent.

Et ça me suffirait

sacha

Certains matins, je resterais là, au lit, avec une pile de bouquins. Je laisserais le temps couler sur moi et je me promènerais au pays des mots. Je me laisserais porter par eux. La vie n’aurait sens qu’en eux.

Certains matins, je ferais comme la lectrice de Sacha. Et ça me suffirait.