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Il va faire beau comme en été

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Il va faire beau. Beau comme en été. Beau comme ce jour de juillet où Denis, Diana et moi avons parcouru les champs couverts de fleurs d’une vaste pépinière. Souvenirs d’un jour heureux dont on fait provision et qu’on ressort un matin. Parce que le soleil qui se lève a la couleur de ce matin-là. Que la lumière sera sûrement aussi belle que celle de cet après-midi de juillet où je photographiais les mêmes fleurs que Denis croquait sous un autre angle. Moment de douce complicité.

Chaque matin

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Chaque matin, il entre dans le jardin de la lectrice de Kip Decker. Il la regarde. Ému. Ému qu’elle l’ait laissé prendre tant de place. Si bien qu’il a envie de lui déclamer les vers de Ruy Cinatti :

Prendre entre mes mains le souffle très doux
Qui affleure à ta bouche
L’apporter à mes lèvres pour un baiser
Pareil à celui que, timidement,
Donne qui se penche pour écouter
Le flux de la rosée
Sur les fleurs de l’aurore.

(tiré de l’Anthologie de la poésie portugaise contemporaine)

Là et seulement là

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Peut-être n’y a-t-il que deux mondes pour l’écrivaine de J.B. Berkow. Celui où elle écrit et celui où elle aime. D’où ces regards sur elle, ces regards qui ne comprennent pas que ça lui suffit, qu’elle n’a pas besoin de plus. Ou qu’elle a de moins en moins besoin d’autre chose. Parce que là, et seulement là, il y a la paix.

Celle à qui on a souvent menti

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On lui a souvent menti. Très souvent. Chaque fois, la découverte du mensonge a été un choc. Pourtant, elle devrait savoir avec le temps qu’elle devrait être moins naïve. Mais elle n’y arrive pas. Il y a toujours en elle cette envie de croire que les autres lui ressemblent. Qu’ils ne feraient pas ce qu’elle ne ferait pas. Et pourtant.

La lectrice de Jacques Maes ne fera de reproches qu’à elle-même. À personne d’autre. Elle reprendra le livre abandonné la veille. Elle tentera d’oublier ce nouveau mensonge. Le rangera dans la boîte déjà bien pleine des déceptions. Et elle tournera la page pour éviter de devenir amère. Elle tournera la page comme elle tourne les pages du livre.

Quand un homme se met à marcher

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Il est entré dans la toile de Carl Spitzweg tandis qu’il marchait. Puis dans un poème de Manuel Alegre :

Le poète

Quand un homme se met à marcher
il laisse un peu de lui en chemin.
Il est entier au départ épars à l’arrivée
Le reste demeure toujours en chemin
quand un homme se met à marcher.

Il reste toujours en chemin un souvenir
il reste toujours en chemin un peu plus
de ce qu’il avait au départ ou lui reste à l’arrivée.
Il reste un homme qui ne revient jamais plus
quand un homme se met à marcher.

(tiré de l’Anthologie de la poésie portugaise contemporaine)

La trouvaille

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Qu’ont-elles pu trouver dans la bibliothèque familiale de si étonnant pour que les liseuses d’Henry Gillard Glindoni aient pris cet air coquin qui ne leur est pas habituel? Quelques dessins un peu osés dans les pages d’un livre tout de cuir relié? Quelque chose d’un peu sulfureux? Une lettre enflammée glissée entre les pages d’un missel?

Seul celui qui descend l’escalier, peut-être leur père, sait vraiment de quoi il s’agit. Restera-t-il dans l’ombre à les écouter ou confisquera-t-il l’objet?

Trace d’un 18 août

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Un mois jour pour jour depuis cette photo prise par Armando sur le boulevard Saint-Laurent. Les fleurs ont-elles encore le même rouge? Le vélo a-t-il bougé? Pourrai-je dans un mois prendre la même photo ou si les feuilles, après leur traversée d’un début d’automne qui s’annonce doux, auront changé de couleurs pour se recroqueviller et tomber?

Sous les dossiers qui s’empilent

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Les dossiers s’empilent. Ils n’arrêtent pas d’arriver. Et il laisse faire. Il a bien le temps. Ou plutôt, il n’a pas de temps pour ça. Pas là. Tout à l’heure. Plus tard. Demain. L’urgence est ailleurs. L’urgence est dans le poème qui s’impose. L’urgence est dans la rime et dans le rythme. Pas dans ces dossiers sur lequel peut bien se déposer un peu de poussière. Un peu. Le temps que le poète de Félix Vallotton trouve à visage d’autres rimes que rivage ou image.

Les vieux livres

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Les vieux livres, ceux qui ont vécu, ceux qu’on a caressés du bout des doigts, parfois même religieusement, ceux qu’on a transportés de maison en maison, ceux qu’on a transmis à la génération suivante, ceux qui sont abîmés par le temps, tous ceux-là, ont ce petite quelque chose que les livres neufs n’ont pas, qu’ils n’auront jamais.

Phil devait le savoir pour avoir photographié ces étagères lors de sa visite du Musée de la Vie Wallonne. Il me faudra un petit tour à Liège pour aller voir de près les titres…

Et elle lira

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Elle hésite. Aucune position ne lui semble confortable. Ni assise ni debout. Peut-être bien parce que tout cela est si intime et qu’elle n’a jamais osé avant. Elle sait pourtant s’abandonner aux caresses d’un homme. Elle sait aussi rire avec lui, boire au même verre. Et même danser et tourbilloner sous ses yeux. Mais lire? Lire à haute voix? Lire ce qu’elle a écrit il y a des années et ainsi lui livrer son âme?

Elle hésite, cherche la position, lit quelques lignes à haute voix d’une voix presque inaudible. Elle répète. Pour que tout soit parfait. Pour que sa grande première soit réussie. Pour que ses mots puissent l’émouvoir, le toucher. Autant que ses lèvres sur les siennes.

La lectrice d’Armin Glatter tremble.

Elle a trouvé la pose.

Il sera assis. Elle s’allongera sur ses cuisses. Il caressera ses cheveux. Et elle lira.