Commentaires récents
Admin:
Archives:
Lumière caressante

IMG_228

On dirait la lumière de ce matin, celle qui glisse sur les arbres et le ciel au delà de ma fenêtre. On dirait la lumière de Montréal en cette minute même. Et pourtant, c’est celle d’Esneux, il y a quelques jours, telle que vue par Armando. Une lumière douce et diffuse, pleine de promesses. Une lumière semblable à une caresse. Devant laquelle on ne peut que se taire…

Pour les regarder

murakoso

Elle lisait tranquillement des mots tout doux, des mots qui font rêver. Elle était bien, heureuse. Bercée par la tendresse de certains mots. Puis son regard s’est posé ailleurs, distraitement. Puis, intensément. Tout à côté du livre, les fleurs s’animaient, se déployaient.

Et la lectrice de Yuki Murakoso a laissé là le livre. Pour les regarder. Pour ne plus voir qu’elles. Avec l’envie brûlante au bout des doigts de caresser les pétales. Mais sans le faire. Pour ne rien briser de leur beauté. Et pour en conserver le souvenir le plus longtemps possible.

Et pas autrement

talkin 2

Les idées se bousculent, les mots se disputent la place sur la feuille. Elle a beau tenter de les discipliner, rien n’y fait. Ils ont plus de pouvoir qu’elle n’en a. Ils font à leur aise. Elle ne peut rien décider. Tout se passe à son insu. Et probablement avec son consentement tacite.

Ils se posent là, dans le désordre des sentiments, alors que les nuages se teignent de rose. Alors que ses doigts se tachent du mauve de l’encre.

Et dans ce matin d’août, dans la troublante lumière des heures blanches, la faiseuse de mots de Samara Talkin laisse les phrases s’écrire.

Plus tard, peut-être retrouvera-t-elle ces mots épars. Tout à l’heure, ou demain. Et elle saura à les lire qu’il n’y avait rien à organiser, que parfois cela se fait tout seul. Parce que c’est ainsi qu’ils devaient s’inscrire. Et pas autrement.

Elle sourit

g_ar

Elle sourit. Comme on sourit certains matins. Malgré la pluie, malgré les averses qui traversent le ciel. Malgré les éclairs qui le zèbrent. Elle sourit. Comme on sourit certains jours de bonheur et de confiance en la vie. Elle sourit. Et le livre que lit la lectrice de George Agnew Reid n’y est peut-être pour rien.

Dans sa robe trempée de rosée

rosededenise

Je l’ai cherchée en vain hier matin. Dans tous les jardins encore mouillés de la veille. Je l’ai cherchée en vain, cette rose aux gouttes qui perlent sur sa peau douce. Mais elle existait bien. C’est en Suisse qu’elle se cachait. Mais pas suffisamment pour que Denise passe à côté d’elle sans la voir. Et pour qu’elle l’immortalise pour nous. Dans toute sa splendeur, dans toute sa douceur, dans sa robe trempée de rosée.

Chaque matin, chaque nuit

hayez

Il y a en elle cette fragilité des femmes qui ont été brisées et qui doutent de tout, de leur beauté, du désir qu’elles allument sans – peut-être – s’en rendre compte. Il y a en elle cette assurance calme de celle qui a appris à s’aimer, à ne pas attendre qu’on l’aime. Il y a en elle cet espoir fauve, dans les matins qui se lèvent, qu’un jour quelqu’un la reconnaîtra et saura exactement ce qu’elle ne dit pas et qu’elle attend, un baiser ou une caresse sur son dos qui la réveilleront comme le font les princes des belles au bois dormant.

Il y a en elle une démesure qu’elle cache en tournant les pages, chaque matin, chaque nuit. Qu’elle tait, mais qui est là, à peine en sourdine, visible pour celui qui saura la voir.

Un jour, peut-être, la lectrice de Francesco Hayez trouvera écho à sa démesure.

Osera-t-elle ?

m_parsons

Il lui vient parfois une envie d’allonger les jambes sur un bureau, un désir d’orteils libres, de pages qu’on lit avec délice. Surtout quand il est impossible d’accéder à un tel plaisir. Surtout quand elle est au bureau et que pareil bonheur lui est tout à fait inaccessible. Mais rêver n’a jamais tué personne. Et peut-être que si la lectrice de Michael Parsons fermait la porte, elle pourrait entrer dans la toile ? Osera-t-elle ?

Le livre qu’elle aurait aimé écrire

alvarez 2

Elle est là, songeuse. Troublée par les mots du livre laissé ouvert. Là, pas loin. Un livre qu’elle n’a pas envie de fermer. Un livre dont elle veut goûter toutes les phrases lentement, sans précipitation. Un livre qu’elle n’attendait plus, auquel elle ne s’attendait pas. Un livre qui lui chavire le corps et l’esprit. Un livre qu’elle aurait aimé écrire.

Un livre dont les mots la tourmentent et la séduisent. Un livre auquel la lectrice de Mabel Alvarez voudrait ajouter des pages, les siennes, et les glisser çà et là, à mesure qu’elles lui viennent. Mais les phrases se dérobent pour le moment. Elles sont pourtant en elle, mais désordonnées.

Il lui faut laisser les phrases s’envoler et vivre hors d’elle. Devenir ce qu’elles doivent devenir. Celles-ci se poseront toutes seules à leur heure. Sur une page ou une autre.

Les fleurs d’un lundi rose

sony 476

sony 473

Le déluge d’hier qui a fait qu’il m’a fallu des heures pour me sécher aura-t-il nourri quelques nouvelles fleurs avides d’eau et prêtes à s’épanouir ? Aura-t-il permis quelque éclosion dont je serai témoin, comme je l’ai été lundi dernier alors que la journée était teintée de rose ?

Il lui suffit de s’asseoir sur le fauteuil

lisitsa 2

Ça l’angoisse. ça le turlupine. Même qu’il se rend malade à y penser. Il va les bousculer, les embêter, les déranger, ça ne peut pas se passer autrement. Elle, habituée à lui seul, vivant dans le cocon qu’il entretient avec amour. Elle, vivant seule, avec ses livres et ses habitudes. Et eux se retrouvant tous ensemble quelques jours, sous le même toit. Non, ça ne va pas aller. Elles vont finir par le détester de les avoir réunis tous les trois. Malgré le doux rêve qu’il caresse comme on caresse un livre.

Or, l’artiste Lana Litsitsa a imaginé la scène pour lui, pour lui prouver que ses doutes sont inutiles. Qu’ils pourront se trouver dans la même pièce, paisibles, lui veillant sur sa douce, comme il l’a fait toute sa vie, et sur sa sœurette, du même coup. Oui, la scène est là, peinte d’avance, juste pour lui, juste pour calmer son appréhension. Il lui suffit de s’asseoir sur le fauteuil et d’être heureux.