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La voix berçante de Lauren Posner

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Lauren Posner a grandi au sein des communautés juives du Maryland et de Toronto avant de s’installer à Montréal pour ses études. C’est là, qu’imprégnée par les chansons yiddish de son enfance, elle a commencé à chanter dans les bars. Ce qui a donné un disque magnifique, vibrant d’émotion, aux couleurs chaudes, une réussite à tous les points de vue. Shalom Aleheim est une berceuse au cœur d’une tempête de sable qui se lève au loin, tandis que Lover ou Si on partait sont de savants mélanges de musiques orientales et occidentales, qui ne nous bercent pas moins.

Et si je sais qu’Armando a déjà apprécié de découvrir cette artiste exceptionnelle, c’est à Monique, mon amie juive de Paris, celle des glaces chez Bertillon, celles de soirées à parler et à écouter de la musique du temps de sa vie montréalaise, que j’enverrai Shalom Aleheim. Elle y trouvera outre la musique et la voix, des mots qui, j’espère, la toucheront.

Car la musique est universelle et est faite pour être partagée. Comme les poèmes, les toiles et le chocolat. Que ce soit assis côte à côte ou par le net. Le partage fait fi des kilomètres.

Quand Jeanne Cherhal chante Voilà

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Jeanne Cherhal chante « Voilà » dans un joli clip où elle colle des images et tourne les pages des livres. C’est un réel plaisir de la voir à l’œuvre dans deux choses que j’aime faire et de plus, avec légèreté et quasi insouciance.
« Je n’écoute que moi qui ne veux que mon bien » chante-t-elle.

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Et aussi
« C’est comme un habitude
Un peu comme une manie
J’aime la solitude
Jusqu’à la tyrannie »
qu’elle exlique dans le making-off du clip tourné en partie dans à la librairie Shakespeare & Co. que j’affectionne tant.

Jolis moments qui valent le détour. Sourires garantis.

Celui qui fait danser le soleil

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Alors que d’autres dorment encore et ratent tout de ce ciel qui s’enflamme aux petites heures du jour en longs traits de toutes les teintes roses, j’écoute Free fall, tiré de l’album éponyme de Jesse Cook. Et le ciel qui s’embrase a soudain des airs de danseuse de flamenco qui déploie sa robe en tous sens.

Jesse Cook, né à Paris de parents canadiens, habite Toronto et il y a quelques jours à peine, je ne savais rien de lui. C’était sans compter sur la complicité d’Armando à dénicher ce qui allait me séduire et faire danser le soleil en ce matin d’automne. Et c’est à mon ami portugais de Belgique que je dédie ce billet et ce lever de soleil sur les notes de la guitare de Jesse Cook. Elle qui va me faire virevolter sur les trottoirs tout à l’heure sous le regard étonné des gens. C’est bien plus troublant – et moins courant – une femme qui danse sur la musique dans sa tête que des coups de klaxon ou des gens qui marchent tête baissée sans regarder le ciel.

Nightnoise, la musique d’un paysage

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Il y a des musiques auxquelles on revient toujours. Le groupe Nightnoise fait partie de mes incontournables, de mes essentiels. Certains appellent ça de la musique new age, d’autres diront celtique. Moi ? Peut-être, folk celtique. Et puis peu importe le nom sous laquelle on la désigne, je ne sais que l’effet qu’elle a sur moi.

Le violon, la harpe, les voix venues d’Écosse et d’Irlande me happent et m’apaisent depuis quinze ans. Instantanément.

Comment parler d’une musique qui englobe et étreint ? Comment exprimer la plénitude qui se dégage des sons ? Comment éviter le vent qui s’imprime à certaines pièces ? Comment en un seul mot donner l’envie à quelqu’un de mettre la main sur cette musique ?

Imaginez une falaise escarpée. Et puis l’océan. Et le vent. Et puis laissez-vous porter. La musique de Nightnoise vous semblera alors naître de tout cela. Car « la musique commence là où s’arrête le pouvoir des mots. » [ Richard Wagner ]

La richesse selon Armando

guerra

Armando a bien raison quand il écrit que la richesse, c’est la possibilité de partager, car elle n’a rien à voir avec le compte en banque ou la voiture de l’année. Enfin, pour des gens comme nous et beaucoup d’autres qui préfèrent partager des images, des impressions, des musiques, des toiles et des idées. Et quand l’occasion se présentera, un café, une bière ou une glace.

Oui, la richesse, c’est cette possibilité de partager avec les gens de notre entourage, le voisin comme l’ami du bout du monde. Ainsi, le merenge endiablé du Dominicain Juan Luis Guerra, envoûtant et sensuel, découvert grâce à Chantal, à Antheit. Et qui ce soir, est à l’honneur. Qui me donne envie d’apprendre vraiment l’espagnol, puisque je me débrouille à le lire à peu près correctement – merci au latin, au français et à l’italien. Mais je sais qu’il me manque les nuances, et que je ne peux pas le chanter. Comme je sais aussi que même si la musique entraînante de Juan Luis Guerra me plaît, je ne connais pas celui qui est connu encore plus pour son amour des mots, sa poésie. Qu’il me manque donc l’essentiel même si je bouge des épaules et des hanches et si je souris à m’en étirer la bouche.

Et puissent ces pages qui sont les miennes toujours rester un lieu de partage où l’on tourne les pages. Car, oui, la plus grande richesse, c’est bel et bien de pouvoir partager. Un sourire, une chanson, un paysage ou un rêve.

Soir d’hiver dans une salle qui n’existe plus

mpb

CELUI

Celui qui ne m’a pas parlé d’amour
M’a plus appris m’a plus donné
Que ceux qui m’en ont trop compté

Celui qui ne m’a pas embrassée
M’a plus donné m’a plus appris
Que ceux qui m’ont trouvé jolie

Celui qui ne m’a jamais caressée
M’a révélé plus de splendeurs
Que ceux qui m’ont offert leur cœur

Celui qui ne m’a jamais fait l’amour
M’a mieux comprise et mieux aidée
Que toi qui prétendais m’aimer

Sans faire un geste sans un bruit
Il m’a découvert des pays
J’ai vu des jardins suspendus
À la beauté de ses mains nues
Il n’est pas de plus pur écrin
Que ses mains qui n’exigeaient rien

Celui qui ne regardait pas mes yeux
Mais le monde autour de nous deux
M’a fait voir qu’il est merveilleux

Celui qui ne m’a pas donné d’enfant
M’a fait aimer tous les mendiants
Les solitaires et les errants

Celui qui ne m’a jamais possédée
Qui n’a pas voulu m’enfermer
Pour qui l’amour est liberté

Celui qui ne m’a pas parlé d’amour
M’a plus appris m’a plus donné
Que toi qui prétendais m’aimer

J’avais transcrit en turquoise les paroles de Françoise Mallet-Jorris sur une feuille blanche que je me rappelle avoir collée sur la bibliothèque du salon du boulevard Saint-Joseph. Probablement parce que de toutes celles que Marie-Paule Belle avait interprétées un soir d’automne à la défunte salle La Polonaise, en s’accompagnant au piano, était la chanson qui m’avait le plus émue. Et alors que je l’écoute, grâce à ma table tournante qui fonctionne à nouveau, c’est toute cette soirée qui me revient en tête.

La timidité de l’artiste devant cette salle qui avait pourtant quelque chose de très intime. Puis, peu à peu la surprise et le bonheur quand elle nous a entendus tous chanter avec elle Wolfgang et moi ou La parisienne. Et la confiance et le partage quand elle nous a livré les plus intimes de ses textes qu’elle vivait avec nous – plus qu’elle n’interprétait seulement – avec toute la passion qu’elle savait y mettre.

Il y a eu ce soir frisquet de novembre ou décembre tant de chaleur dans cette salle que nous sommes sortis réchauffés pour les jours à venir. Et c’est à ce soir-là que je repense en écoutant Antonio Carlos Maria Brésil, La Louisiane, Mon nez ou Celui. Toutes incontournables, comme devrait l’être Marie-Paule Belle.

Yves Simon, une fleur dans mon jardin

yvessimon

QU’EST-CE QUE SERA DEMAIN

Des rêves sur le bitume
Quelques mots d’amertume
On change de décor

Des fusiliers marins
Passent Boulevard Saint-Germain
J’ai oublié ton corps

Qu’est-ce que sera demain
Le début ou la fin

Un tramway sous la neige
Des carcans nous protègent
De ce qui nous fait mal

L’arrache-cœur n’arrache plus
La nostalgie n’est plus
Qu’un remède banal

Qu’est-ce que sera demain
Le début ou la fin

Sur les visages de l’ennui
J’invent’rai bien d’autres vies
Tout au long au long des longues nuits

Et pour un rêve qui s’achève
D’autres rêves à inventer
Tout au long au long des longues nuits

Sans haine et sans amour
Passent les jours et les jours
C’est le gris qui s’installe

Dans ce loft rouillé
Où nos vies vont traîner
Comme un rêve qui fait mal

Cette chanson a un quart de siècle. Et parce que Daniel a enfin réparé la table tournante hier, je peux à nouveau l’écouter. C’est bien les voisins/amis bricoleurs qui ne demandent qu’un café pour s’occuper de fils.

On dirait que c’est tout un monde qui s’ouvre à moi avec la possibilté de ressortir mes microsillons. Yves Simon, Marie-Paule Belle, Véronique Sanson, Michel Fugain. Je nage en plein bonheur depuis hier. Et on dira ce qu’on voudra, il est rare qu’on cesse d’aimer ce qu’on a un jour aimé.

Et ce que j’ai écouté ce disque. C’est même étonnant qu’il soit encore en état. Et j’aime toujours Yves Simon, le chanteur comme l’écrivain. Je me rappelle avoir fait lire à Jean-Yves, lui qui aime tant les voyages Le voyageur magnigique. Et d’avoir offert à Fabien L’amour dans l’âme. Et de ce jour où Valérie m’a offert un exemplaire dédicacé par l’auteur et expédié par les éditions Grasset à l’intention d’une quinzaine de libraires du Québec. Je crois que c’est le verbe jubiler qui s’applique ici.

Mon jardin est si vaste. Il est composé d’amis comme de livres, d’écrivains, de chansons, d’interprètes, de films et de lieux. Sans cesse en train de s’agrandir, comme quiconque y est entré peut y rester le temps qu’il voudra. Et Yves Simon y est entré un jour de 1980, grâce à mon amie Chantal, aujourd’hui à Brest. Bien beau cadeau qu’elle m’a fait le jour où elle m’a parlé de lui dans une des longues lettres qu’elle écrivait alors.

Et quel bonheur de retrouver intacte cette chanson que j’aimais tant. Daniel ne sait pas à quel point quelques fils et le tout branché ont pu changer ma vie. C’est l’heure de « Manhattan » (1974). Je n’en ai pas encore fini avec Yves Simon.

La beauté des petites choses selon Nicola Ciccone

nicolaciccone

La beauté des petites choses
Et autres gestes anodins
C’est l’appel d’un ami
Lorsqu’on a du chagrin
C’est d’avoir le fou rire
Sans en savoir la cause
C’est sortir faire la fête
Quand le cœur nous explose
C’est d’avoir des vieux potes
Des complices, des témoins
Pour tous ces souvenirs
Qu’on n’oubliera jamais

De tous les vers du chanteur/poète Nicola Ciccone, voilà sûrement ceux qui me parlent le plus.

Parce que les amis, qu’ils soient d’il y a toujours ou d’hier, sont de vieux potes dès qu’on a partagé avec eux des moments qui ne s’oublieront jamais.

Anaïs-cynique-à-souhait

anais

Anaïs ne se prend pas au sérieux, ni ne prend la vie au sérieux. Avec un humour qui décape et qui décoiffe, elle s’attaque à tout ce qui bouge avec dérision et cynisme, ce qui a l’heur de me plaire. Et pour en rajouter une couche, comme si ce n’était pas assez que son humour bien à elle, elle remet ça avec un clip des plus fous, débridés et caustiques. Un régal.

Tout comme son clin d’œil à Lynda Lemay:

Même si la vie c’pas du foie gras
Même si la vie c’pas du foie gras
Ni même de la mousse de canard
Si ça a tendance à r’ssembler
A d’ la bouillie ou du navet
J’ crache pas dans la soupe, c’est comme ça,
Même si les p’tits plaisirs sont rares,
Vaut mieux ça qu’d’être affamé
Bon, j’ sais plus bien qu’est ce que j’ disais

Tu peux toujours te résigner
D’main t’int’rêt d’dire que tout va bien
Qu’t’es content d’être célibataire,
Qu’ l’amour, on t’a déjà fait le coup
Moi j’préfère foncer tête baissée,
Même si tête baissée, j’y vois rien
J’irai au ciel ou en enfer
Qu’est ce que j’ raconte, j’sais plus du tout.

La vie c’est un cadeau de Dieu
Il en faut pas beaucoup
Ben quand on tombe on s’fait des bleus
Et des hématomes plein les genoux
La vie en bleu, c’pas toujours rose
Mais faut pas noircir le tableau
L’amour ça s’prend pas à p’tites doses,
Ca mouille plutôt comme un jet d’eau

Feel me
(‘Xcusez moi, c’est le p’tit côté anglophone
qui r’vient d’ temps en temps,
donc faut pas oublier qu’le Canada
c’est pas très loin du Québec,
donc de temps en temps on a des p’tits relents,
oups, puis ça revient)

Imagine-toi là-bas au loin
C’est ta maison avec ses volets
Qui sont ouverts, y a la lumière
Y en a moins quand ils sont fermés
Assieds-toi là sur le tas d’foin
Dans la grange où t’adorais jouer
Là où on s’envoyait en l’air
Quoi, tu peux pas ?
T’es d’venu allergique au foin

Ben si t’es allergique au foin
On f’ra l’amour dans un grand lit
Dans un matelas anti-acariens
Pour pas qu’t’attrapes d’autres maladies
J’te donnerai l’ciel et même le poivre
Aux baisers de ma bouche
Comme le chantait Johnny Hallyday
Puis après j’irai prendre une douche
Ensuite on mangera des pignons
Après les avoir épluchés
Et puis si t’aimes pas les pignons
Ben t’auras qu’à me les laisser

Si quelqu’un comprend quelqu’chose
A c’que je veux dire dans cette chanson
Ben faut lui faire une big applause
Et même une standing ovation
Entre l’amour et les pignons
Le foie gras et le rhume des foins
Ben c’est normal que cette chanson
Finisse un peu en eau de boudin
Feel me

C’est tout bon, ce Cheap show venu de Champagne. Je ne vais pas me lasser de sitôt de remettre le CD dans le lecteur. Merci Sabine et Olivier.

Le cadeau d’Olivier

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J’aime découvrir de nouveaux horizons et parfois sortir de ma petite bulle, happée par quelque chose dont je ne connaissais pas – ou très peu – l’existence. C’est le cas de Moby. Sans Olivier, qui m’a offert le CD lors de son passage ici, je serais probablement passée à côté de cet artiste britannique, arrière-petit-neveu de l’écrivain Herman Melville, auteur du célèbre Moby Dick, à qui il a emprunté son nom de scène.

Connu pour sa musique techno au début des années 90, il a depuis été sollicité par le cinéma et la télévision pour des génériques, sans perdre son originalité. Selon Olivier, 18 (sorti en 2002), serait sûrement son meilleur album. Et c’est avec bonheur que je l’écoute ce soir, en me remémorant ce moment où mon ami champenois me l’a offert.