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Honesty is such a lonely word

billy joel

C’est voyage dans le temps ce soir grâce aux chansons de Billy Joel. Celles d’avant, celles de 1979 au Forum de Montréal où il avait quitté les lieux en limousine, ce qui avait impressionné l’adolescente que j’étais. Souvenir, souvenir, quand tu nous tiens !

Et ces mots qui reviennent sur mes lèvres:
Honesty is such a lonely word.
Everyone is so untrue.
Honesty is hardly ever heard.
And mostly what I need from you

ou
You may be right
I may be crazy
But it just may be a lunatic you’re looking for
Turn out the light
Don’t try to save me
You may be wrong for all I know
But you may be right
You may be wrong but you may be right
You may be wrong but you may be right

Ces mots qui disent vrai et qui parlent sûrement de moi. Encore aujourd’hui.

Le surréalisme, l’accent et la tendresse d’Arno

arno

Il y a dans la voix éraillée d’Arno un peu de Tom Waits, mais il y a surtout cet accent qui m’emmène loin, très loin, à Bruxelles, je crois bien.

Et ce soir, j’écoute pour la énième fois French Bazaar et comme chaque fois je me réjouis du surréalisme d’Arno. Un surréalisme pourtant lucide et qui sait chaque fois m’étonner au détour d’une phrase. Entendue déjà, mais perçue autrement.

Et quand il chante Voir un ami pleurer, à sa manière, il sait m’émouvoir autant qu’il me fait sourire dans La vie est une partouze. Et quand le CD se termine sur Sarah, je n’ai qu’une envie: le laisser aller en boucle.

Et c’est ce que je vais faire, en continuant de naviguer à la recherche de lectrices qui ont inspiré des artistes.

Le bonheur, ce soir, c’est le regard d’Arno sur la vie, lui qui se confiait en mars dernier au journal Voir en ces mots: « Quand je suis à Montréal, je me sens comme quand je suis à Bruxelles, qui est ma ville d’adoption. On parle plein de langues dans votre ville également. Je ne dis pas ça parce que je parle avec vous, mais quand on me demande où j’aimerais habiter, je dis toujours Montréal. Presque tous les Belges adorent Montréal. On y retrouve le même côté surréaliste. »

La guitare sensuelle de Vicente Amigo

va1

Il a le regard et la crinière sombres de certains Espagnols. Mais c’est quand il tient sa guitare entre ses bras que se dégage de lui sa véritable sensualité. Celle du flamenco qui sait faire bouger des hanches et des épaules celles qui ne s’adonnent pas à cet art.

À l’instar de son maître, Paco de Lucia, avec qui il a eu l’occasion de partager la scène et de jouer sur disque, Vicente Amigo possède une maîtrise sûre de son instrument, son double, la prolongation de ses bras. Celui qui, de plus, a accompagné Sting sur Send your love, est un grand musicien.

C’est avec sa musique que je passe la soirée et que je danse sur ma chaise.
Et il fait bon l’Espagne. Ne manque que la sangria pour un tableau parfait.

va2

Jazzer à Montréal

fjm

Avec les orages à répétition qui ont pris d’assaut le ciel de Montréal, je ne suis pas allée au Festival de Jazz. Je le regrette un peu, mais j’ai encore trois jours pour me mettre au diapason.
Je n’ai pas envie de salle mais d’extérieur, aucune envie de m’asseoir mais plutôt de danser dans la rue au son d’orchestres qui rappellent la Louisiane. Il y a sûrement quelque chose pour moi sur une des scènes. Je crois qu’il est temps que j’examine enfin le programme… Oui, plus que temps !
Et si jamais la chaleur me retient loin de ce vaste rassemblement, que ceux qui y sont, comme mon amie Francine, en profitent !

Qu’il ne change pas trop, Albin de la Simone !

albindelasimone

Je n’avais entendu que deux ou trois titres. Et j’ai finalement craqué.
Les mélodies comme les textes me plaisent. Ce JE VAIS CHANGER est décidément un album bien sympathique, même si d’aucuns diront le contraire.

L’important n’est-il pas avant tout d’un CD qu’on va écouter et ré-écouter qu’il nous plaise, qu’on ait envie de fredonner les chansons, qu’on sente qu’on ne se lassera pas ?
C’est le cas avec cet album d’Albin de la Simone. Et j’avouerai, j’ai un petit faible pour le duo avec Jeanne Cherhal. Quoique tout bien pensé, je ne retirerais aucune des chansons, elles ont toutes un son et des mots qui me font bouger des épaules et des hanches.
Bien agréable, ce CD. Vraiment.

Moi je voudrais encore plus de Jéronimo

jeronimo

Il est irrévérencieux, surtout pas poliquement correct, drôle, intelligent, sensible, fou de musique et des mots. Et la scène lui va comme un gant. Il s’y éclate avec un bonheur fou. Bonheur qu’ont partagé avec grand enthousiasme tous ceux réunis hier soir aux Francofolies pour entendre Jérôme Mardaga mieux connu sous le nom de Jéronimo. Accompagné d’un batteur et d’un bassiste, le jeune Liégeois de naissance s’est déchaîné à un point tel qu’on a parfois eu l’impression de voir un Joe Satriani en lui, s’il n’y avait des présentations drôlement bien ficelées et fines en français. Je fais référence là au clin d’œil à Jean Leloup et Éric Lapointe, et à sa conversation imaginaire avec Jimi Hendrix.

Jéronimo est sur scène comme un poisson dans l’eau. Des chansons comme Ma femme me trompe, Ton éternel petit groupe ou Moi je voudrais dans laquelle il glisse: Moi je voudrais un Belge sur la lune pour y planter nos belles couleurs, autant peuvent-elles être réussies sur CD, encore plus le sont-elles quand Jéronimo les présente, les chante, les étire, les enjolive.

Les influences de Jéronimo sont essentiellement britanniques, il ne s’en cache pas. Mais il connaît la langue, les mots. Et il aime raconter des histoires dans ses chansons et aussi quand il ne chante pas.

C’est à un artiste francophone accompli que nous avons eu droit hier soir. Mon meilleur spectacle des Francofolies avec celui de la grande Sophie. Vivement l’automne où il nous reviendra pour des concerts. Heureusement que d’ici là, nous pouvons nous mettre sous la dent Un monde sans moi et 12h33 , et les écouter ad nauseam (ce qui ne risque pas d’arriver dans mon cas). Je crois que je ne vais pas me lasser!

Quand des Liégeois débarquent à Montréal

ete67

Encore une découverte !

Été 67, la bande des 6 garçons venus d’Esneux (il y a par là un endroit fabuleux pour manger des glaces non moins fabuleuses, mais oups je dérape), nous a servi ses morceaux avec générosité, sans prétention. Les chansons sont tirées de leur premier CD sorti en mars 2006. « Suite d’accords » que je connaissais m’a plu plus que les autres, mais je dois avouer que je ne me suis pas ennuyée à écouter les autres et à suivre les rythmes plus que les mots.

Été 67, qui a choisi son nom parce que cet été-là marque la sortie de grands albums comme Sergents Pepper et The Doors, a la fougue de la jeune vingtaine et l’énergie qui va avec. Un sextuor bien sympathqiue que ces garçons dans le vent de Montréal qui ont fait danser une foule enthousiaste. Il faudra les laisser mûrir encore un peu, mais ce qu’ils nous ont offert ce soir donne à penser que dans quelque temps il faudra compter avec eux dans le paysage de la chanson francophone et non pas seulement belge.

Elle a un petit quelque chose, mais…

oliviaruiz

Elle a signé trois textes de son second CD, La femme chocolat. Les autres ont été confiés entre autres à Christian Olivier, des Têtes Raides, à Ben Ricour et à Christophe Mali. Curieusement, tous ces hommes se retrouvent à l’instar de la chanteuse native de Caracassonne aux Francofolies de Montréal. Mais pas sur même scène, ce qui aurait été une belle idée.

Visiblement, l’ex-découverte de Star Academy est heureuse d’être là. C’est clair, elle a une envie folle de danser et ne se gêne pas pour le faire: on l’imagine bien un de ces jours nous faire un petit flamenco à la voir taper du pied et froisser sa robe comme si elle cherchait une crinoline.

Olivia Ruiz est sympathique.
Ceux qui ont composé des musiques pour elle ont réussi leur pari.
Les musiciens qui l’accompagnent savent y faire, rien à redire.

Mais je reste mitigée. Convaincue d’avoir vu un bon spectacle, car c’était le cas. Mais je n’ai pas été « touchée ». Les préoccupations et les thèmes d’Olivia Ruiz ne me rejoignent pas. Ni sa naïveté – vraie ou alors habilement exploitée – ni sa petite voix claire haut perchée, pas plus que ses hanches qui se balancent sur la musique ne m’ont vraiment convaincue. Pourtant, je suis sûre que c’est une artiste de qualité et qu’il y a fort à parier qu’elle aura une belle carrière, celle-ci étant déjà bien amorcée. Mais…

Suis-je trop vieille pour apprécier Olivia Ruiz à sa juste valeur ? Ou alors le fait qu’elle se mette en scène ainsi que les siens dans des chansons autobiogtraphiques m’agace plus que ça ne me plaît ?
Je suis rentrée. Contente d’avoir assisté au spectacle, mais pas émue.
Tout ne peut pas nous plaire, preuve de plus.

Mais il est bien de pouvoir, grâce à des spectacles gratuits, découvrir des artistes dont on connaît une ou deux chansons ou dont on a vaguement entendu parler. C’est une belle occasion que ces Francofolies. Je n’aime pas tout, mais je découvre, et ça c’est un beau cadeau.

Le fado/rock de Da Silva

dasilva

Da Silva est un poète. Da Silva est aussi un rocker qui n’a rien oublié de ses origines portugaises.
Résultat: un fado endiablé et énergique sur de jolis vers. Résultat: un spectacle intimiste et chaleureux. Résultat: des orchestrations réussies et menées avec brio par Da Silva et ses trois acolytes qui s’en donnent à cœur joie de se trouver réunis pour faire chanter les mots.

S’il est parfois trop théâtral dans sa gestuelle, on lui pardonne cet excès volontiers tant il le fait avec humour ou grandiloquence savamment étudiée. Da Silva est un véritable homme de scène, un homme de partage aussi, un homme qui raconte des histoires dans une jolie langue. Pas étonnant de la part d’un homme qui aime Rimbaud : il en a d’ailleurs fait le héros d’une de ses chansons.

Da Silva a conquis ceux qui ne le connaissaient pas ou vraiment peu.
Ceux à qui il a dédié L’indécision dont je retiendrai ces vers:

Je n’ai pas su effacer le fond de l’écran
notre histoire pauvre en couleur semble indélébile
Assailli mon cœur ne bat plus la cadence
des jours heureux passés en ta présence

Ajoutez les cordes des guitares et du violon et vous aurez là une très belle chanson. Je vous souhaite de pouvoir l’entendre et même, et surtout, de voir Da Silva l’interpréter.

Un peu d’Afrique à Montréal

mamadou

Le soleil qui entre dans mon bureau alors que je bois mon premier café du matin me rappelle celui de dimanche soir sur la scène multiculturelle des Francofolies, alors qu’Africains et autres avaient envahi la rue Ste-Catherine pour entendre résonner un instrument méconnu aux sons mélodieux.

Mamadou Diabaté fait de la musique comme certains écrivent des poèmes. Issu d’une tradition musicale qui date de sept siècles, le joueur de kora malien, qui vit maintenant aux États-Unis, s’était entouré pour l’événement d’un contrebassiste de Brooklyn et d’un percussionniste guinéen.

Il raconte en musique l’Afrique, et le Mali surtout, et la vie, et l’essentiel. Un long poème harmonique en nuances et vibrant. C’est la seule image qui me vient en tête pour raconter ce moment de plaisir en compagnie de ce virtuose qui tient son instrument dans ses bras comme d’autres tiennent une femme, amoureusement.
Un grand moment.

Mes hanches se balancent encore.