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Cuisine indienne à défaut de musique

korma

À quoi bon une grande scène si c’est pour y asseoir sa nonchalance ? Pour quel usage un tel espace si c’est pour ne pas l’habiter ?

C’est cette question qu’on se pose devant un Bazbaz quasi ennuyé d’être là, dérangé de surcroît à l’heure de l’apéro, qui aligne ses chansonnettes sur fond de reggae en tapant du pied.

Il est dommage de le voir aussi peu là, quasi absent, même s’il s’extasie volontiers du beau temps. Comme si visiblement il avait envie d’être ailleurs. Mais il tient le temps, assis devant son clavier – il ne se lèvera qu’une fois, sans grande conviction -, entre un guitariste non moins assis, à peine moins blasé et un batteur qui tente du mieux qu’il peut de mettre de l’ambiance, à lui tout seul.

Bazbaz est il un homme de la nuit à qui le 18h-19h ne convient pas ? Va savoir.

Nonchalance est bien le mot pour décrire l’artiste comme sa performance monocorde. Tout ça manquait de passion, de conviction, de présence, de chaleur, hélas.

Et quand s’est clos le spectacle de Bazbaz, sous des applaudissements et quelques ENCORE, je me suis dit que j’avais dû rater quelque chose, qu’il aurait mieux valu fermer les yeux pour échapper au visuel inexistant, ce que d’autres ont peut-être fait, d’où leur enthousiasme.

Bazbaz ne nous a pas montré la bête de scène qui sommeille – peut-êtrre – en lui. Il a choisi la facilité d’enchaîner quelques chansons – qui se ressemblent décidément beaucoup les unes les autres – au détriment d’un vrai spectacle… qui n’a jamais eu lieu.

Je ne conserverai pas un souvenir marquant de ce show de chaises. Tant pis. Demain est un autre jour, un jour sous le signe de Da Silva.

Et pour l’heure, je me régale d’un poulet korma, non pas pour effacer les traces – inexistantes – du passage de Bazbaz, mais pour me faire plaisir. Parce que j’aime la cuisine indienne. Parce que j’aime la cuisine… tout court.

Marco Calliari l’homme de tous les styles

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La lingua italiana è la lingua dell’ amore, c’est bien connu. Mais grâce à Marco Calliari, c’est aussi la langue de la valse, du reggae, de la bossa nova, du hit de Nino Rota revisité, de Gainsbourg, du fameux Dixie de Serge Fiori, de la tarentelle et du heavy metal dont il est issu. Il l’a bien prouvé ce soir alors qu’il a envahi une des scènes des Francofolies. Et envahi est un faible mot: il était partout.

Che regalo, quel cadeau que ce spectacle de l’homme de tous les styles qui s’en donne à cœur joie de tout ré-inventer, en italien s’il vous plait. Et avec un style qui est bien à lui, même si très italien, pour notre plus grande joie, dans un Sono italiano qu’il fait sien.

Homme de fête, homme de racines qui parle des siens et de ses origines avec amour, Marco Calliari est aussi celui de Solo, une magnifique chanson toute douce et empreinte de tristesse.

Mission réussie pour l’ex-métal: il a séduit une foule à moitié conquise dont il lui restait l’autre moitié à faire danser. Ce qu’il a fait.

Chapeau à la grande Sophie!

lagrandesophie

Il fallait être là, sous une pluie incessante avec un vent qui dirigeait celle-ci vers la scène, pour comprendre le sens de GRANDE devant cette Sophie déchaînée et ravie d’être là, aux Francofolies de Montréal, devant quelque 300 à 400 dingues encapuchonnés et munis pour la plupart de parapluies.

Seule une artiste respectueuse de son public ayant bravé des conditions atmosphériques exécrables, sous un chapiteau qui prenait l’eau, peut porter le nom de GRANDE. Seule une passionnée, une généreuse, comme cette Sophie, peut porter le nom de GRANDE. Et tous ceux qui étaient là vous le diront: ce n’est pas n’importe qui cette Sophie.

Une grande artiste dont les pas de danse faisaient gicler l’eau partout, une musicienne qui devait sans cesse essuyer une guitare trempée, une bête de scène avec pour complices des musiciens, une équipe scénique et un public comblé. Voilà qui est cette grande Sophie qui nous en a mis plein les yeux, plein la tête, plein les jambes.

Chacun est reparti transi mais le cœur tout réchauffé par ce partage et cette amitié. Par ce spectacle, et par les qualités tant musicales qu’humaines de cette sautillante chanteuse. Celle qui nous a donné une heure de bonheur en ce samedi pluvieux de juin se souviendra toujours de cette soirée, comme ceux qui y ont assisté.
Il y avait plus que de la magie. Il y avait la fête. La vraie. Celle de la musique et des mots. Et une GRANDE artiste au rendez-vous.

À qui on a envie de souhaiter qu’elle continue de chanter:
Je ne changerai jamais
Je n’oublierai jamais
Ce que je suis
Ce que je fais
Ce que je sais

L’été musical arrive le 8 juin

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C’est dans deux jours que nous aurons enfin la liste des concerts gratuits qui nous feront danser dans les rues de Montréal. Difficile de choisir un spectacle en salle quand on ne sait pas ce qu’on pourrait rater à l’extérieur. Et pourtant, voir Sandrine Kiberlain sur scène me plairait bien. Ou Da Silva. Ou Thomas Hellman. Mais je vais patienter, car la véritable ambiance je ne la trouve que dans la rue, de scène en scène.

J’aime ce rassemblement, cette fête de la musique et de la découverte où forcément on tombe sur un vieux copain, un prof ou une d’amie d’enfance. J’aime cette liberté de ne pas me fixer à un chapiteau, de glaner ici des notes, de m’arrêter ailleurs parce qu’une voix, parce qu’un sax, parce qu’une émotion me retiennent.

J’aime le Montréal en musique de l’été avec les Francofolies, les Festival de jazz et Juste pour Rire. Vivement savoir sur quoi je danserai. Quant à craquer et à être séduite, on a encore le temps…

Danser sur Leahy

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Est-ce parce que j’avais envie de danser que j’ai écouté Leahy en boucle ? Possible. Mais bouger, oui. Sentir la musique entrer en moi et vibrer, oui. Me laisser porter par le rythme endiablé des violons, par les talons qui claquent au sol, oui.

Et ainsi oublier la morosité du ciel, le manque de lumière.

Quelle ambiance que celle de la musique de Leahy. Quelle merveilleuse joie de vivre que celle proposée par ces 11 frères et sœurs réunis. Quel voyage que celui au pays des folklores du Cap-Breton, du Québec et d’ailleurs, revisités par les Leahy. Quel bonheur d’écouter encore une fois — la combientième? — The Call to the Dance.

Et soudain, le vent et l’odeur de la mer entrent dans la pièce. Et les gigues qui me poussent à danser. Et je souris, et je tourne jusqu’à en être étourdie. Que c’est bon, toute cette musique !

Ai-je hérité cela de mon grand-père paternel violoneux ? Probablement. Comme j’ai hérité aussi d’une passion pour les fanfares de mon grand-père maternel tromboniste. Et de mon amour pour le piano par ma mère et sa mère qui ont enchanté mon enfance par des valses de Brahms, le menuet de Paderewski, la valse de Durand, des préludes de Chopin et toutes ces pièces que j’ai apprises parce qu’elle l’avait fait avant moi.

Il y a sûrement dans nos gènes un peu des passions de ceux qui nous ont précédés. Et en ce qui concerne Leahy, ça vient sûrement de Lucien, le violoneux. Il aurait aimé, je crois.

Allez, je le remets, c’est trop bon.

Noël en juillet

viceversa

Être ailleurs, à des milliers de kilomètres vers l’est, j’aurais déjà mis la main sur le CD. Et je sourirais comme je souriais en juillet dernier en sortant de la FNAC des Champs-Élysées, avec le précédent.
On m’aurait dit:
T’as les yeux qui s’écarquillent
Noël de petite fille

et on aurait vu juste.

Noël sera encore en juillet cet année. VICE VERSA, le nouveau Peyrac, débarquera à Montréal, pas besoin d’aller le chercher à Paris. Quoique Paris en juillet, si l’occasion se présentait, je ne dirais pas non.

Un jeudi soir sur la Main

clubsoda

Le Club Soda, je n’y étais pas allée depuis des années.
Il était sur l’avenue du Parc, pas sur la rue Saint-Laurent, dans le temps. Peut-être aussi que je sortais plus avant, que j’étais moins déconnectée, moins dans ma bulle ? Mais bon, je reviens un peu sur la planète Montréal, il n’y a pas que des ailleurs dans la vie, aussi invitants soient-ils.

Et ce Montréal que j’aime, je le retrouve avec plaisir. Je ne dis pas que j’aimerais le brouhaha du boulevard Saint-Laurent, qu’on appelle la Main tous les jours, mais à l’occasion, ça a son charme. Et hier soir, j’étais ravie de me retrouver dans l’effervescence, prête à la découverte, puisque je ne connaissais pas les artistes qui se produisaient. Mais la première découverte reste la salle de spectacles elle-même puisque c’était une grande première. Et elle m’a paru bien sympathique, cette salle, bien aménagée. Le seul hic: j’ai gelé !!! On aurait dit que l’air frais arrivait de partout !

Et le groupe montréalais Comme un homme libre n’a pas réussi du tout à me réchauffer avec son hard rock aux accents yéyé, ponctué par les cris d’une chanteuse blondinée se prenant pour une sauterelle. En plus, celle-ci était enterrée par les musiciens: pas moyen de saisir une seule parole ou presque. Par contre, le groupe Hexes ans Ohs m’a séduite avec leur pop électronique aux sonorités recherchées. On sent chez ce couple dans la vie comme sur scène, auquel s’est joint un batteur complice, un véritable amour pour la musique. Il y a du travail derrière tout ça, c’est visible. Le résultat est un produit sympathique. Vraiment, j’ai envie de découvrir davantage Hexes and Ohs et voir jusqu’où ils iront !

Il y aurait eu encore un groupe à découvrir hier lors de cette présentation de bandeapart.fm au Club Soda, mais j’étais frigorifiée et je suis rentrée retrouver la douce chaleur de mon chez-moi. Heureuse de cette escapade un beau jeudi soir de mars au cœur de ma ville, cet îlot international imparfait, dont je n’arrive pas à me lasser.

Au pays d’Aldebert

aldebert

Combien de fois je m’étais fait ce film
Projetant au plafond ma vie en l’an 2000
J’me vois bien designer ou alors musicien
Elle serait avocate, et puis aussi mannequin
Dans une vaste maison vitrée au bord de l’eau
Avec un grand bouvier bernois un peu pataud
Des enfants à boucles d’or qui courent dans le jardin
Un genre de famille Ignals mais en moins américain

… Et en beaucoup plus bien
Ouais
Et en beaucoup plus bien!

C’est un amour de collège un fantôme du passé
Qui vous r’vient au p’tit dej, une icône du lycée
Le temps fait des siennes et reprend ceux qui s’aiment
Carpe Diem

Ainsi se termine « Carpe diem » d’Aldebert. Une mélodie gentillette , un accordéon, quelques jolies phrases, et le tour est joué. Il n’en faut sauvent pas plus pour que je sois touchée et que j’aie envie d’aller plus loin.

Et me voilà charmée par celui né à Paris, qui a grandi à Besançon et troqué son appareil-photo pour la musique. Et particulièrement par l’album « L’année du singe ». Des chansons toutes simples qui racontent des histoires, un peu comme chez Vincent Delerm ou Alain Souchon. Parfois autour de jeux de mots comme dans « Des ménagements » ou autour d’une question banale comme « Dans quelle heure est-il ? »

Encore un que je vais écouter longtemps, je le sens, le temps de retenir les mots et les mélodies, à tout le moins.

Errances en compagnie de Steve Dumas

dumas

C’est le bonheur quand j’erre
En silence
Tout est clair
Quand j’y pense

chante entre autres choses Dumas sur son album Le cours des jours. Un de ces albums qu’on écoute sans se lasser. Parce qu’une mélodie nous accroche ou que bien des mots ont un un pouvoir évocateur.

Je ne me lasse pas de Dumas, pas plus que de certains autres, même si je butine beaucoup en ce moment, voulant tout découvrir, tout goûter, tout apprendre. Et ce n’est pas demain la veille que j’en aurai fini avec mes trouvailles. Parce que je suis changeante. Un jour beaucoup plus portée par la poésie des textes, et le lendemain par les musiques qui font danser ou rêver.

Mais ce Steve Dumas, je ne crois pas que je vais m’en lasser de sitôt. Parce que j’aime ses mélodies, sa dérision et sa révolte sourde, ses thèmes et ses mots pour le dire. Pas toujours les siens, les mots, parfois ceux de Jérôme Minière, comme dans Le désir comme tel, une autre des chansons qu’il interprète avec beaucoup d’émotion.

Et comme Dumas a remporté le prix Rapsat-Lelièvre 2005, je crois bien que les Belges auront droit à sa visite et je le souhaite pour eux. Et ils pourront ainsi fredonner tout comme moi:

En attendant
Je voyage au bout de la nuit excentrique
Sur des avions de papier supersoniques

Vincent Delerm, univers parallèle

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Pur plaisir. Je n’ai pas d’autre mot pour nommer l’effet Vincent Delerm, que je ne connais que depuis peu, car décrochée de la musique actuelle depuis trop longtemps, je n’avais pas connaissance de son existence.
Et là, je me délecte. Voilà enfin des textes. Voilà enfin un piano qu’on entend, des cordes aussi.

J’aime, je l’avoue, le côté littéraire marqué de ses chansons ou le goût marqué pour les auteurs qu’il manifeste. Fils d’écrivains, il a très vite développé un goût pour les livres, si bien qu’il a fait des études littéraires avant que la musique ne le rattrape.

Il a dans ses chansons le ton du père, la même manière de faire des clins d’œil, ce qui me plaît aussi. Oui, je suis séduite par celui qui, dans « Quatrième de couverture » raconte une quête livresque quai des Grands Augustins. Par celui qui décrit dans « Le monologue shakespearien » l’acte qui se jouera ailleurs que sur scène tout en nuances et en subtilité. Par ce troubadour ami des « Charlotte Carrington » et « Anita Pettersen », inventées ou pas.

J’aime ses mots comme j’aime son parcours. Celui des pages qu’on tourne, bien évidemment.
Et sa passion pour Truffaut qui a été et qui restera la figure marquante de sa vie. Et comme je le comprends, moi qui suis allée au cimetière de Montmartre remercier celui qui nous a donné « Vivement dimanche » que Delerm glisse dans sa chanson « Fanny Ardant et moi ».

Et j’aime à la fois le cynisme ou la mélancolie qui se dégagent de ses textes, telle une valse hésitation.
J’aime encore davantage la tendresse qu’il éprouve pour ceux qu’il raconte. Car Delerm donne à ses anecdotes ce que je tente d’imprimer aux miennes.

Et si nos références communes faisaient de nous deux personnages d’univers parallèles?