Cette photo prise par Armando au mois d’août, alors qu’il était à Montréal, me fait me poser une seconde question. Lorsqu’elles ne sont plus, lorsque les pétales s’éparpillent sur le sol, les fleurs vont-elles au paradis des fleurs?
Cette photo prise par Armando au mois d’août, alors qu’il était à Montréal, me fait me poser une seconde question. Lorsqu’elles ne sont plus, lorsque les pétales s’éparpillent sur le sol, les fleurs vont-elles au paradis des fleurs?
J’aime les ciels, j’aime les nuages. Et comme le dit si bien Nathalie dans un billet : Le nuage est une magnifique représentation de l’impermanence. Peut-être est-ce pour cette raison qu’il existe une association regroupant les amateurs de nuages. Peut-être est-ce pour ça aussi qu’Armando a fixé pour toujours ces nuages sur le ciel de Bruxelles. Moi, je sais juste que j’aime les ciels, que j’aime les nuages et que j’aime cette photo.
Et je m’endormirai sur cette image de feuilles jonchant le sol dans le clair obscur d’un matin bruxellois prise par Armando. Et je m’endormirai en disant tout haut les mots que mon père avait soir après soir : Demain est un autre jour. Puisse-t-il pour ceux qui se lèveront avant moi être paisible et souriant.
Quelles coquettes. On pourrait croire qu’elles ont pris la pose. Qu’elles voulaient à tout prix attirer le regard d’Armando pour qu’il prenne une photo d’elles. Je crois qu’elles ont réussi.
Elles s’accrochent encore, derniers sursauts d’une vie. Petites feuilles tenaces écorchées par la vie. Encore hésitantes à se métamorphoser en celles qui nourriront le sol d’un autre printemps. Il leur fallait dire adieu à Armando avant.
Pur enchantement. Je n’ai pas d’autres mots pour cette photo d’Armando prise dimanche matin à Bruxelles. Pas d’autres mots.
C’était aussi un dimanche. Un dimanche de septembre sur Bruxelles. Eux aussi tournaient les pages, heureux. Sans savoir que leur bonheur serait figé pour l’éternité par Armando.
Et peut-être que dans quelques minutes le ciel se fera splendide sur Bruxelles, comme il l’était il y a quelques semaines, alors qu’Armando le regardait comme il le regarde tous les jours. Et peut-être qu’il sourira. Un peu. Parce que le ciel ne cessera jamais de l’étonner.
La vie se joue à quelques mètres d’eux. Enfin, une vie autre que la leur, une vie dont ils ne font pas partie. Les oiseaux amoureux n’ont croisé qu’un seul regard ami dans cette foule déchaînée d’un après-midi bruyant, celui d’Armando, qui leur a souri.
Une photographie, c’est un fragment de temps qui ne reviendra pas.(Martine Franck, photographe belge, née en 1938 à Anvers)
Cette phrase est si vraie. C’est Armando qui l’a dénichée pour que je la partage avec vous tous, amis photographes qui faites du pays de Lali un pays d’images. Il allait de soi que je choisisse parmi ma collection une photo qu’il a prise il y a quelque temps pour mettre en relief cette phrase qui nous est dédiée.
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