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Une image de bonheur pour donner des forces à Eugénie

clermont

Aujourd’hui, Eugénie est entrée à l’hôpital, on va l’opérer demain. Je sais qu’elle est bien entourée et qu’avec la distance, je ne peux faire mieux que de lui envoyer de l’énergie positive. Alors, je pense à notre visite chez sa fille, à Clermont-sur-Berwinne, considéré comme un des plus beaux villages de Wallonie.

Il me semble n’avoir pas eu assez de temps, pas assez de mes yeux pour profiter de chaque pierre. Pour voir chacune des maisons. Pour imprimer mes pas au pavé d’époque.

Mes yeux se souviennent de la route, de ce vert intense avant que nous n’accédions au beige des pierres. Tout cela était comme disait autrefois mon ami Stéphane, hélas perdu de vue, « d’une beauté sans nom ».

Eugénie était heureuse de cette journée qui s’improvisait au fur et à mesure. Elle s’émerveillait de mon enthousiasme. Et sa fille nous servait le café dehors. Il faisait bon à Clermont cet après-midi de juillet.

Et tout ira bien pour Eugénie demain. Car nous avons plein de villages à voir encore, plein de terrasses où nous asseoir, et encore plus de morceaux de tarte aux pommes à déguster. En Belgique et ici.

Quand je rêvais de Verviers

verviers1

Certaines villes, avant de les connaître, évoquent un souvenir bien précis. Verviers est une de ces villes.
Car quand je pense à Verviers, je retrouve forcément mon adolescence, celle-ci grandement alimentée par mes lectures. Et par des romans historiques publiés chez Marabout, qui avait alors son siège social à Verviers. C’est donc en remplissant des fiches bibliographiques pour les cours de français que j’ai appris le nom de cette ville qui est devenue dans mon imagination d’adolescente un haut lieu du savoir puisque de là me sont venues les biographies de Marie-Antoinette et de Gandhi.

J’ai rêvé de visiter Marabout, de voir comment les livres se fabriquaient, comment on les choisissait. De connaître les auteurs, de leur demander comment ils trouvaient les renseignements pour écrire tout ça. Oui, je rêvais d’aller à Verviers pour entrer dans le merveilleux monde des livres. J’y ai eu accès autrement depuis, et c’est un bel univers que celui-là. Un monde qui me fascine et dont je fais partie.

Quant à Verviers, la ville n’abrite plus le siège social de Marabout. Mais elle a son charme bien à elle. Je l’ai traversée avec Eugénie qui y travaille et qui y a habité. Elle commentait et moi je me disais que l’imaginaire venait encore d’entrer dans la réalité. Et je regardais, et nous étions bien.

La traversée de Verviers n’a pas été longue, malgré quelques arrêts ici et là.
Mais je retournerai dans le coin, un restaurant à la mémoire de Pierre Rapsat s’y est ouvert.

Verviers, ce n’est plus juste Marabout. Verviers, c’est maintenant une escale dans mon parcours belge.

Bruxelles, même pour quelques heures

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Bruxelles ma belle chante Dick Annegarn.
Mais je ne crois pas que Monique, ma sœur, qui y passait quelques heures en réunion cet après-midi, après un vol Montréal-Paris, le RER vers la gare du Nord, le Thalys vers Bruxelles, et le retour, puisse la nommer ainsi. Pour elle, ce n’aura été qu’une course folle pour arriver à temps et repartir dans les délais.
Elle n’aura rien vu de ce qui fait le charme de Bruxelles, même si on l’a en partie détruite pour en faire une capitale de l’Europe ultra moderne. Il reste encore beaucoup de bâtisses à regarder, de vitrines, de fenêtres, de fer forgé et de lucarnes. Et suffisamment pour que l’œil soit ébloui et que je rêve de m’y promener à nouveau.

Il est formidable de constater qu’on peut se promener dans l’espace.
Mais il me semble que bien des choses promises pour le XXIe siècle ont été négligées au profit de la conquête de la Lune, puis de Mars. Jules Verne, le visionnaire, avait vu juste pour beaucoup de détails, mais pas tout.
On a oublié la télétransportation, la miniaturisation, les voyages dans le temps. Et moi, ce sont ces possibilités qui m’intéressent, bien entendu.
Combien de fois aurais-je fermé les yeux pour me transporter auprès de mes amis belges?
Et aujourd’hui, n’aurais-je pas voulu être miniaturisée, agrandie, et miniaturisée à nouveau, les quelques heures que ma sœur aurait passées à Bruxelles ? Il y en aurait eu du monde avec moi pour faire la fête, oufti !

Mais on a encore mis ces trop belles idées de côté; alors je devrai me déplacer via un avion, comme toujours, quand l’occasion de retourner en Belgique se présentera.

Je n’imaginais pas en me levant, il y a exactement une semaine, que ma vie allait changer du tout au tout. Que j’allais devoir faire de mon quotidien une quête vers un nouveau travail. Et que le 29 juin, je serais peut-être à Montréal.

Alors, même si ma sœur n’aura sûrement rien vu de Bruxelles avec ce voyage éclair, qu’elle en conserve tout de même un joli souvenir, et que cela lui donne le goût de voir cette ville autrement. Et qui sait, peut-être en ma compagnie?

Un crochet par Villers-la-Ville

villerslaville

Ça y est, me voilà déjà prête pour partir à la fin juin. Façon de parler, bien sûr, puisque je n’ai ni billet d’avion ni valise remplie ! Mais ma tête et mon cœur sont déjà dans le prochain voyage. Il suffisait qu’Olivier téléphone de Champagne chez mes parents comme tous les jours de l’an depuis vingt ans, fort de l’amitié indéfectible que nous entretenons à notre manière, au hasard des déplacements des uns et des autres, pour qu’un premier pan de mes aventures de 2006 se dessine.

Il y aura un petit crochet en Champagne auprès du gang des 4 Champenois.
J’adore les petits crochets, comme ça. Un de ceux qui me revient en mémoire aujourd’hui est celui en direction de Villers-la-Ville. Vers l’abbaye datant au départ du XIIe siècle dont il reste des vestiges et auquel se sont ajoutés de nombreux bâtiments au fil des siècles.

Ce qui frappe dans ce décor, outre la majesté des vieilles pierres comme je les aime, c’est le vert. Il y en a partout avec le lierre aux murs, avec les arbres partout, et cela confère au lieu encore plus de beauté quand la lumière du soleil joue avec ces verts. Car j’ai eu la chance de profiter d’une des plus chaudes journées de l’été pour ma visite de Villers, en compagnie de Marc, un chocolatier dont je n’ai plus de nouvelles. J’adorais l’écouter parler, il avait l’accent de Brel. Et il était si heureux de profiter de sa première journée de congé en deux ans, en compagnie d’une Québécoise. Il a été un très bon guide. Je le remercie ici.

Villers a donc été une autre de ces haltes de juillet 2005. Et dans ma tête, je vois déjà celles de 2006 commencer à se profiler. Je vais bientôt reprendre mes guides qui ne sont pas bien loin et me concocter des excursions pour l’été qui viendra. Le temps des préparatifs est pour moi presque aussi important que le voyage lui-même. J’y entre ce matin, maintenant que 2006 est là. Nous rêverons ensemble.

Un jour, un parc

mariemont

À quoi ressemble le parc de Mariemont en hiver? Possède-t-il le charme discret et invitant de celui des jours d’été malgré la grisaille et les nuages? Les statues se sont-elles recroquevillées pour ne pas subir les affres du froid? Le paon fait-il encore la roue pour quelque touriste égaré? L’eau est-elle gelée? Certains sentiers toujours fermés parce que jugés trop dangereux?

Qu’en est-il de Mariemont à cette période de l’année? Est-il décoré, voire illuminé? Est-il encore pour certains un lieu de partage et de confidences? Est-il, comme pour Fabien, un lieu où il se retrouve, et où il m’a emmenée pour que je le connaisse davantage, que je sente, grâce aux allées et aux arbres qu’il fréquente depuis des années, un peu de lui?

Notre vie est ponctuée de grilles que nous franchissons, de sentiers que nous parcourons, de fausses pistes aussi, de détours qui n’ont pas de prix, de paysages à couper le souffle, d’arbres immenses, d’océans brumeux, de traces de pas sur le sable, de roches qu’on lance à l’eau, de feuilles mortes où on s’ébroue, de regards qui disent tout, de bancs où on ne prend pas toujours le temps de s’asseoir, de vents qui soulèvent, de clins d’œil complices, de neige durcie qui craque sous les pas, de couchers de soleil qui laissent muets, de pieds dans l’eau, de rires d’enfants, de glaces aux mille parfums, de pluies diluviennes, de cheminées qui fument, de mains qui se tendent, de cadeaux qui ne se déballent pas, de sourires inscrits à jamais, de paquebots qu’on regarde passer, de baisers échangés, de coquillages ramassés, de livres dévorés, de cafés sur des terrasses, de poèmes qu’on n’écrira jamais, de pelouses où s’étendre, de vols d’oiseaux, de chansons qui font danser, de recoins cachés qu’on croit être seuls à connaître, de cocottes de pin tombées qu’on ne ramasse pas…

Repenser au parc de Mariemont me fait curieusement entrer en moi et voir tout cela défiler, tout ce qui me fait vibrer et vivre. Car il est de ces lieux où on fait la paix avec soi-même.

À mi-chemin…

avionvalise

Il y a six mois, j’arrivais en Belgique. Et dans six mois, je compte y être à nouveau. Parce que ce jour-là Sébastien aura 29 ans et que nous devons aller danser dans les rues pour fêter la victoire à venir sur la maladie.

Seb, je ne le connais qu’à travers nos conversations, pas encore dans le réel. Voilà bien deux mois que nous rions ensemble, que nous nous confions nos doutes, que nous passons du temps ensemble. Oui, il veut m’initier au foot, en grand fan du Standard qu’il est. Mais aussi, me faire voir des endroits qu’il aime.

Je lui envoie des photos de ma neige, des chansons d’Isabelle Boulay. Et il me fait un vidéo des meilleurs moments de sa soirée de foot en échange, le rigolo !!

Et on se boit un café. Ou deux, ou trois. Parfois, il part très tôt le matin et je lui tiens compagnie, le décalage aidant, pour qu’il ne passe pas tout droit. D’autres fois, juste un coucou en passant. Il sait que je suis là et je sais qu’il est là. Lessines n’est pas si loin, au fond. Je regarde ma carte et je me dis que dans six mois j’y serai.

Me voilà vraiment à mi-parcours, entre la première arrivée et le retour. Jocelyne avait raison, le temps file quand on a but, un rêve et des gens qui nous attendent. Et bizarrement, il y en a encore plus maintenant que quand j’ai quitté Bruxelles le 17 juillet.

Vivement juin.

Pierre comme Pierre Rapsat

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Pour moi, Pierre Rapsat, ce sera toujours un peu Namêche.
Parce que Chantal, qui me l’a fait découvir, était de Namêche, qu’elle l’a connu, qu’elle m’a raconté ses soirées spaghetti avec lui au café de la gare, ses spectacles à la maison des jeunes.
Parce que c’est avec le corsaire de Namêche que j’ai le plus écouté Rapsat. À m’en enivrer.

Rapsat qui préférait les petites salles. Rapsat, le poète mort prématurément.
Rapsat dont les musiques virevoltent dans ma tête.
Rapsat dont je ne savais rien avant août 2004.
Rapsat dont j’ai fait miennes certaines phrases qui m’émeuvent, même si entendues plus de cent fois.

C’est rien qu’une chanson
Un manque de raison
Un peu d’émotion
Qu’on lâche comme des ballons

Et plonger et plonger
Plonger dans une eau claire
Et nager et nager
A contre-courant
Prolonger prolonger
Prolonger l’éphémère

C’est rien qu’une chanson
Un manque de raison
Un peu d’émotion
Qu’on lâche comme des ballons…

Une chanson. Quelques chansons. Un univers. Qui a nom Pierre Rapsat.

Les sculptures de Comblain-au-Pont

comblainaupont

Pendant un an, j’ai rêvé de voir les sculptures laissées par les artistes en juillet 2004, car j’avais pu assister de loin à leur travail grâce aux photos que Jacques prenait ponctuellement pour moi.

2005 étant une année impaire, je me retrouvais donc à Comblain une année sans symposium, mais avec les vestiges des deux précédents. Et en compagnie d’Eugénie et de Nath, je voyais enfin, les sculptures qui s’étaient élaborées pendant deux semaines. Je pouvais les toucher, les admirer à loisir, les contourner, les examiner sous tous les angles. Emprunter le sentier qui mène au sommet et en voir surgir de nouvelles à chaque détour.

Ce fut un grand moment. Un de ces moments où l’attente se trouve enfin exaucée.

Je souhaite à tous de pouvoir aller les voir de près. Et plus encore: je souhaite à tous d’aller traîner en juillet dans les lieux où se tiendra le prochain symposium. J’y serai, enfin je l’espère. Il me tarde de voir les artistes à l’œuvre. De gravir à nouveau la route derrière la tour, de m’asseoir dans l’herbe et de contempler le paysage.

Il est des souvenirs qui font surgir un tel bonheur qu’ils donnent un sourire qui irradie.
L’après-midi à Comblain est un de ceux-là.

Réveillon à la belge, deuxième tour

belgiquesatellite

Magie de MSN et de la cam. Pour fêter ce premier mois où je m’éclate littéralement dans l’écriture quotidienne sur ce site, j’ai passé mon réveillon en Belgique, comme l’an dernier. En 2004, c’était à Bruxelles, chez Laurent; cette année, à La Louvière, avec Fabien.

Bien plus amusant que de me trouver ailleurs, dans l’obligation d’être polie et disciplinée !
Car, avec Fa, pas de chichi. Il me prend comme je suis; et c’est l’une des rares personnes dans cette société pleine de préjugés qui ne me juge pas, qui m’aime vraiment, avec mes contradictions, mes élans comme mes doutes, mes coups de cœur, ma démesure, mes changements de cap et mes raisonnements qui ne tiennent pas toujours la route.

Pas étonnant qu’un tel énergumène, je l’aie embarqué sur mon arche et en aie fait un frérot. Avec qui je démantibule l’ordre établi. Avec qui les règles ne tiennent pas, même celles de la grammaire que je lui inculque en soupirant. Le poète de La Louvière a une syntaxe et une grammaire bien à lui!

Et ce Fa, je l’aime. Tel qu’il est. Et jamais je ne tenterai de le changer, de le rendre tolérant et autrement qu’impulsif et prompt. Tendre, à ses heures, mais violent, si on le provoque.
Fa est un tout dont je n’ai pas sélectionné les morceaux de Lego. La drôle de construction est arrivée ainsi un soir de net, il y a environ un an, et depuis ne cesse de m’étonner et de me ravir.

Mon frérot ne sera jamais bien loin.
Et il aura toujours les mots pour aller chercher le meilleur de moi-même.

Encore cette année, donc, j’aurai passé le réveillon sur le net, en Belgique.
Un jour, je le ferai hors du net. Comme mon amie Christine, la Bordelaise, me le souhaite dans ses vœux. « Santé, bonheur et Belgique », a-t-elle écrit.

Revoir Namur

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C’est un homme de Namêche qui m’a emmenée à Namur. Un homme à qui je pense encore beaucoup, me demandant ce qu’il devient, comment il va, où il en est. Un homme que je revois, attablé avec Nath et moi, un homme qui était drôle et qui, visiblement, passait une merveilleuse journée.

J’aurais aimé revoir Namur avec lui, encore me promener dans les rues avec lui. Sans arrière-pensée, en toute amitié. En prenant notre temps. Comme en souvenir de ma première visite de Namur.

Mais je crois que je reverrai Namur seule. Même si un nouvel ami se propose de s’y promener avec moi.

Car les villes prennent parfois les visages de ceux qui nous les font découvrir et j’ai envie de laisser telles quelles mes images. Dans quelques mois Namur aura deux visages, celui de l’été 2005 et de celui qui me l’a fait découvrir, et celui de 2006 dont je tisse déjà l’itinéraire. L’un n’effacera pas l’autre.
Tout compte fait, je crois bien que j’irai en solitaire à Namur. M’approprierai la ville et laisserai mes pas me mener au hasard à la rencontre de moi-même. Et ce sera un moment inoubliable.

Il en va ainsi des moments et des gens. Les moments qui ont compté, même si les souvenirs sont moins vifs, ne peuvent être gommés, pas plus que les gens qui nous ont marqués ne peuvent se voir balayés même si la vie les a éloignés de nous.

Oui, je reverrai Namur. Dans quelques mois. Et s’écrira ainsi une nouvelle page de mes histoires belges.