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Quand je ne lis pas, je rêve

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De temps en temps – souvent, devrais-je plutôt dire -, je ressemble à la lectrice de l’artiste mexicain Gerardo Murillo. Le livre est ouvert, mais je ne lis pas. Je rêve. Je rêve de paysages connus ou à découvrir. Je pense à ce projet fou de toiles de lectrices, lesquelles devaient agrémenter ces pages occasionnellement, et qui, par la force des choses ou par la place qu’elles occupent – bien plus grande que je n’aurais pu l’imaginer- sont devenues mon quotidien. Je rêve. Je découvre. Je fais le tour du monde en peinture. J’imagine. J’invente. Et rien ne me détourne de cette écriture au jour le jour. Ou plutôt : rien n’arrive à m’en détourner. Et je souris. Je me dis qu’il est bien qu’il en soit ainsi et pas autrement.

Le trèfle à quatre feuilles que je n’ai pas cueilli

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Il n’est pas encore 11 h et il fait déjà si chaud que je suis rentrée de ma promenade que je pensais étirer un peu. Mais le soleil brûle la peau, malgré le filtre solaire. Je vais donc m’en éloigner un peu, le temps qu’il se fasse moins intense. Il y a de quoi faire ici. Lire, écrire, manger des abricots. Écouter de la musique et rêver. Et naviguer sur la grande toile à la recherche de nouveaux tableaux, même si ma provision frôle les 4100 tableaux. Me dire que j’aurais peut-être dû me pencher, parce qu’il y avait peut-être un trèfle à quatre feuilles qui m’attendait. Et me dire que, finalement, s’il est vraiment là, je n’ai pas besoin de le cueillir. Et sourire à toutes ces bêtises qui me passent par la tête, parce que l’une des merveilles de cette vie est de pouvoir rire de soi-même.

Une nouvelle aventure pour Lali

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C’est une journée exceptionnelle qui se termine pour le blog de Lali. Et dans un premier temps, pour cette nouvelle aventure qui débute, je me dois de remercier Olivier SC de Bloguer ou ne pas bloguer qui m’a exprimé un jour à quel point un blog est vivant et s’enrichit à partir des commentaires qui y sont laissés. Et aujourd’hui, à partir d’un commentaire que m’a laissé le peintre Kazuyuki Takasaka sur sa toile qui m’a inspirée le 20 avril et l’échange de courriels qui a suivi entre nous, une autre idée a germé…

L’artiste ne pouvant lire ce que sa toile avait suscité d’images en moi parce que le texte était en français me laissait entendre, il va de soi, que ça lui plairait de pouvoir lire en anglais ce que j’avais écrit. C’est avec plaisir que j’ai traduit pour lui mes quelques lignes qu’il a tant appréciées que celles-ci se retrouveront sur son site. Quel beau cadeau. Quel bel échange. Je suis émue.

Encore merci, Olivier. Car l’aventure prend encore une fois une autre dimension. En effet, de temps en temps, je traduirai vers l’anglais quelques-uns de mes textes pour ces lecteurs de passage qui ne lisent pas le français. Une chose à laquelle je n’avais pas pensée, mais qui a germé à partir de cet échange de lettres avec le peintre japonais.

Le premier café de la fin de semaine

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Qu’on le prenne dehors, en regardant le paysage, comme le fait le lecteur de Carole McClintock, qu’on le prenne au lit, à la table devant une fenêtre grande ouverte, à une terrasse ou devant son écran, le premier café du matin accompagné de lecture reste un des moments de la journée que je préfère. Surtout le samedi et le dimanche, alors que je ne sais encore rien de ce que seront mes journées.

Oui, bien sûr, je sais que je lirai, que j’écrirai, que j’inventerai des vies à mes lecteurs et mes lectrices de passage, que je préparerai pour demain la toile à accrocher pour la catégorie En vos mots, puisqu’il reste moins de 24 heures à ceux et celles qui seront inspirés par la toile de Sidney Edward Dickinson.

Oui, tout cela je le sais, alors que le bol de café est posé là, à côté du clavier et que le soleil inonde la pièce de ses rayons. Le reste est à vivre, à écrire.

Moments d’éternité

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Dans quelques heures, Armando sera à Bruges. Encore un moment d’émotion pour lui qui aime tant cette ville. Un de ces moments d’éternité à nul autre comparables.

Je le sais, je le sens, parce qu’un jour de juillet 2005, Nath et moi marchions dans Bruges ensemble. Sous un soleil qui n’était qu’à nous. L’océan était aboli. Nous avions pour toute musique celle de nos cœurs battant à l’unisson, comme ils peuvent le faire dans l’amitié.

Il fait nuit sur Bruxelles. Et j’ai envie de croire qu’un jour Armando m’emmènera à Bruges.

Les liseuses de la mer du Nord

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Et parfois mon esprit se perd dans des souvenirs de mer du Nord dont j’avais tant rêvée, dans des toiles de peintres belges. Et parfois, je rêve si bien que je deviens les lectrices d’Albert Claes-Thobois. Comme un jour de juillet 2005.

Il me tarde d’entrer dans les tableaux à nouveau. À Ostende ou ailleurs. D’ouvrir un livre et de me laisser bercer par le bruit des vagues.

Bonheur paisible

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Parfois, j’ai cette impression que certains mots ne peuvent s’écrire qu’à la lumière encore imprécise du petit jour. Je ne pourrais, il va de soi, donner aucune explication à ce fait, mais il en est ainsi. Ces mots, ce sont souvent ceux de la vie qui s’anime, du café qu’on sirote, des rires des enfants sur le chemin de l’école qui, dans peu, vont se faire entendre jusqu’ici. Les mots du bonheur ressemblent à l’heure où la vie reprend le pas sur la nuit.

L’écrivaine d’Anna Boch a-t-elle les mêmes pour écrire à l’ami au loin qui la connaît si bien? Se réjouit-elle aussi de la lumière qui gagne chaque minute davantage d’espace? Y a-t-il une odeur de café dans la pièce? Peut-être. Je sais seulement que se dégage d’elle un bonheur paisible. Le même que le mien.

À quoi bon me creuser la tête ?

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La lectrice d’Eider Astrain est aussi concentrée et appliquée que je le suis en cette minute, à quelques heures de valider les sept billets arrivés racontant le poète de Michael Wheelan, à quelques heures de choisir une nouvelle toile pour la catégorie En vos mots.

J’hésite. Une toile romantique ? Une lectrice, un lecteur, des enfants lisant ? Une illustration humoristique ? Un tableau connu ? Toutes ces idées me semblent bonnes.

À quoi bon me creuser la tête ? Il y a encore bien des dimanches à venir. Et si je privilégie un tableau en mettant de côté un autre, ce n’est que partie remise.

Je vais donc suivre mon inspiration. La toile choisie trouvera bien parmi vous quelqu’un pour lui inventer une histoire. Et sûrement plus d’un!

Pour Jody

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Jody ne sait pas encore lire. Elle regarde les toiles avec Cath, sa maman, et donne ses impressions. Elles aiment ce moment de partage devant les couleurs. C’est ce que j’ai compris.

Or, viendra un jour où entre sa maman et moi, elle déambulera dans les rues de Gand. Et peut-être me dira-t-elle que cette toile de Mika est une de ses préférés, car elle adore les chats. Ou peut-être me demandera-t-elle de lui expliquer où est le Canada. Je sais juste que nous nous sourirons et que nous trouverons bien un de ces endroits où manger de la crème glacée.

C’est l’heure…

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C’est l’heure du café, l’heure où je noircis des feuilles de papier, sans savoir si ces quelques phrases mèneront quelque part, si une nouvelle naîtra de ce déversement d’encre. C’est l’heure où les toiles me parlent, où les personnages se livrent discrètement ou non, où parfois j’hésite.

C’est l’heure où la lampe est encore allumée parce que le jour ne donne pas encore le plein de lumière nécessaire pour écrire. C’est l’heure où je sors tranquillement de l’engourdissement de la nuit avec pour but d’ordonner tous ces mots qui se livrent bataille.

C’est l’heure où je suis dans la toile de Tina Spratt.