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Le sureau de mon enfance

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Quelques fleurs du sureau de mon enfance, toujours en vie, malgré le fait qu’il ait été déménagé deux fois le temps de faire quelques aménagements avant de retrouver son emplacement d’origine, étaient ouvertes hier.

L’arbuste a la timidité d’avant, ne prenant pas de place, ne s’étalant d’aucune façon. Mais il est là, présent, immuable. Et j’aime ces choses qui ne bougent pas, qui font partie du passé, du présent et de l’avenir.

Les iris de Chantal et Sylvio

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Ils profitaient du soleil et de la douceur de l’air, comme nous tous réunis autour de la table de l’amitié. Ils avaient peut-être quelques rides, comme nous en avons aussi, parce qu’ils étaient ouverts depuis quelques jours. Mais ils étaient beaux de la beauté d’un sentiment qui ne vieillit pas. Beaux comme nos yeux qui n’ont pas cessé de se sourire.

Moments d’ivresse

eguiluz

Alors que je lis ces textes inédits qui ne le seront plus dans quelques heures puisque je les validerai vers 8 h, comme chaque dimanche, je suis heureuse de cette idée de la catégorie En vos mots. Si heureuse, Tellement heureuse.

Comme la lectrice d’Augusto Eguiluz, je me laisse emporter par vos différents récits autour de la toile de Fernand Léger. Et ces quelques heures qui précèdent le moment où je validerai les textes et où une nouvelle toile sera installée restent toujours des moments d’ivresse.

Presque trente ans d’amitié

de troy

Nous n’étions pas réunis pour lire Molière, comme le font les personnages de Jean-François de Troy. Mais il a été question de livres au hasard de nos conversations de la soirée. De quelques auteurs de romans policiers, de bandes dessinées ou de romans fantastiques.

Nous étions bien, autour de la table de Chantal et Sylvio, sous ce ciel bleu des grands jours. Un cardinal est venu se sustenter à la mangeoire, les iris vivaient leurs dernières heures et nous allions çà et là sur le chemin de nos vies, glanant parmi d’autres une anecdote ou chantant à haute voix les ritournelles de notre enfance. Il n’y a pas de règles quand quatre amies de cegep se trouvent réunies avec conjoints et enfants pour profiter d’une journée de mai. Il n’y a pas de règles tout court entre nous. Quand existent presque trente ans de partage, il y a longtemps qu’elles ont été bannies, si jamais elles ont eu cours.

Nous étions bien dans le jardin de Chantal et Sylvio. Il y avait à boire et à manger; il y avait cette complicité de toujours. Et le temps a passé trop vite, comme d’habitude. Mais il y aura de prochaines fois. Juste nous quatre ou avec tous, ou deux par deux. Mais il y aura de prochaines fois et c’est bon de le savoir.

Quand je lis au lit

michael peter ancher

J’aime, comme beaucoup d’entre vous, et comme la lectrice de Michael Peter Ancher, lire au lit. Me laisser gagner par une histoire alors que j’ai la tête bien installée sur ma montagne d’oreillers. Me tourner d’un côté puis de l’autre.

Je lis avec bonheur, quand je lis au lit. Et je ne vois pas passer les heures. Si bien que certaines nuits passent ainsi en compagnie de personnages ou de vers. Préférablement une nuit qui ne demande pas que je me lève pour aller travailler quand le jour pointera le bout de son nez.

Hommage à Monique Bosco

monique bosco

Elle m’a donné plus que tous ceux qui m’ont enseignée réunis.

J’ai eu l’occasion de le lui dire des années plus tard alors que j’animais une émission littéraire à la radio. J’ai eu cette chance de lui dire combien sa petite phrase incisive avait changé le cours de ma vie d’écrivaine en devenir.

J’avais 21 ou 22 ans. Chaque lundi matin avait lieu le cours de création littéraire. Et bien entendu, j’attendais au dimanche soir, voire même au lundi matin, pour tout jeter sur papier de ce qui avait mûri depuis le lundi précédent. En général, mes textes étaient bons, bien construits. Ils n’avaient rien de remarquable, mais rien pour être démolis à cause de maladresses linguistiques ou historiques quand ils étaient soumis en classe devant la critique de mes collègues étudiants.

Mais Monique Bosco n’était pas dupe. Elle savait que je n’avais pas passé des heures à travailler mes nouvelles et mes poèmes longuement mûris hors du papier. Et elle me l’a dit. En ajoutant que si je travaillais, que je prenais le temps, j’écrirais de très bons textes plutôt que des textes corrects. Et elle l’a fait devant tout le monde. Le genre de choses dont on se souvient toute une vie. Un moment qui revient en tête chaque fois qu’on croit un texte fini.

C’est d’ailleurs à cause d’elle si ma première nouvelle publiée a mis un an à prendre la forme qu’elle a dans sa facture définitive. Et je la remercie pour ça. Pour cette phrase qui a tout changé. Pour ces mots qui m’ont fait écrire autrement.

Monique Bosco est décédée aujourd’hui. Laissant derrière elle de beaux romans dont La femme de Loth qui a marqué mon parcours de lectrice.

L’écrivain et sa lectrice

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Moi qui ai toujours été attirée par des artistes, moi qui ai aimé des musiciens, un homme de théâtre, un qui voulait faire du cinéma, un comédien, un dessinateur, comment se fait-il que je n’aie jamais été amoureuse d’un homme qui écrit ? Aurait-il vu en moi une compétitrice plutôt qu’un complément ? Il y a longtemps que je me pose cette question. Sans trouver la réponse.

Et pourtant, la scène est belle dans mon imagination. Un homme qui écrit et que je lis. Comme les personnages d’Oliver Ray. Ou moi qui écris et un homme qui me lit.

Des images, ce ne sont que ça. Comme celle de moi posant pour un homme qui me peindrait lisant. Inlassablement. Image récurrente. Une de celles qui risque de ne pas s’affadir, curieusement.

Les roses de Géraldine

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Je la connais peu, mais je sais que nous allons devenir amies. Elle apprend à me connaître en me lisant, j’apprends à la connaître en admirant ses photos et les objets qu’elle fabrique.

Un océan nous sépare, mais les mots et les images font fi de ce détail. Et il devrait toujours en être ainsi. L’amitié ne se mesure pas en kilomètres ni en heures passées ensemble. L’amitié, c’est juste partager ce qu’on aime et ce qu’on est avec autrui.

Et sur la grande toile du Web, il y a parfois ceux qu’on croise et qui nous apportent un peu d’eux. Qui nous offrent quelques fleurs qui ajoutent au bonheur d’être en vie. Merci Géraldine. Tes roses m’ont touchée. Je n’ai pu m’empêcher d’en laisser ici. Une éclose, comme cette amitié en train de naître. Les autres en boutons pour ces amitiés à venir.

Le doute

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Y aura-t-il un jour où je regarderai ces toiles représentant des lecteurs et des lectrices sans être en mesure de les raconter ? Y aura-t-il un jour où elles se feront muettes ? Où je n’aurai plus de mots pour les dire ?

Oui, j’ai parfois cette crainte. Et je ne peux la taire, puisqu’elle revient ponctuellement. Pourtant, ma plume ne m’a pas encore trahie. Pourtant, des images surgissent toujours dans ma tête.

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Pourtant, je suis toujours un personnage d’Anastasia Alexandrova, tantôt lectrice, tantôt celle qui écrit.

Mais le doute reste en moi. Et je n’y peux rien.

Les dernières heures…

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Et dans quelques heures il sera temps de valider vos billets et d’installer une nouvelle toile. Et, telle la lectrice de Tran Quang Huan, je relis chacun d’eux avec application.

Chacun parle de vous, chacun parle de la toile d’Alberto Pla y Rubio. À sa manière.

J’aime décidément beaucoup ces dernières heures d’une toile, ces dernières heures qui vont peut-être inspirer un dernier texte. Ces dernières heures qui me permettent de fureter dans ma galerie pour choisir le tableau de la semaine, celui qui s’exprimera en vos mots.