
Parce que quelqu’un me parlait il y a quelques jours de Patrick Dewaere alors qu’il venait de s’offrir le DVD Un mauvais fils de Claude Sautet – qui fut un des plus grands rôles de l’acteur – et parce que j’avais depuis des mois envie de parler de lui, ce sera aujourd’hui. Peut-être bien parce qu’à Cannes, on a rendu hommage à Romy Schneider qui quittait la scène il y a 25 ans, la même année et de la même manière que Patrick Dewaere de qui on aurait pu aussi rappeler le souvenir. Et qu’on a tu.
Celui dont le dernier film, Paradis pour tous, sorti sur les écrans quelques semaines après son suicide, était en cet été 1982 et sans le savoir une source d’inspiration… Stéphane et moi avions 20 ans. Il aimait Adjani, j’aimais Dewaere, nous allions leur écrire un scénario. Oui, nous avions 20 ans. Car ce n’est qu’à 20 ans qu’on peut croire que des projets aussi ambitieux peuvent se concrétiser. Après, on se rend compte que les choses ne se passent pas vraiment comme ça.
Mais cet été de 1982, avant le fatidique jour de juillet, nous concoctions pour le pianiste de Beau-père, pour le héros romantique de F comme Fairbanks, pour le rêveur de Biarritz de L’hôtel des Amériques, pour le paumé de Psy, un film avec Isabelle Adjani.
Nous avions vu presque tous les films, étudié la voix, les gestes. On l’imaginait dans un rôle tout simple mais plein d’émotion. Un peu comme celle que recèle Un mauvais fils. Une émotion intense. De celles dont était capable ce grand acteur. Oui, je dis grand. Car il l’était. Même s’il nous a quittés trop tôt pour nous montrer la vraie mesure de son talent.
Il est des acteurs qui passent dans le ciel cinématographique comme des étoiles filantes. Il fut une de ces étoiles. De celles qui filent sans qu’on ait le temps de faire un vœu. Peut-être est-ce pour cette raison que certains l’ont oublié.
Mais au royaume des cinéphiles, Patrick Dewaere vit toujours. Demandez à ceux qui ne l’ont pas oublié.
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