
La peinture vient de l’endroit où les mots ne peuvent plus s’exprimer.[Gao Xingjian]
Et c’est peut-être pourquoi elle me touche tant. Pourquoi elle ne cesse de me toucher et d’appeler mes mots. Même si l’artiste Édith Gorren, qui a peint avec tendresse cette lectrice rêveuse, voit dans mon projet fou d’offrir des toiles à mon écriture et à la vôtre, ce que je n’avais jamais vu moi-même.
C’est donc avec son autorisation que je publie quelques phrases qu’elle m’a écrites. Des phrases qui me touchent :
Lali, Lalique, toute lumière, beauté et transparence.
Quel travail ! Quelle poésie, quel souffle !
Vous êtes en train de fabriquer ce qui manque à l’art contemporain figuratif, un écrin de pérennité, un musée bien au delà du virtuel. C’est ce qui m’a frappée en premier lieu parce que c’est un peu mon cheval de bataille, ma désespérance de la manière dont le mot « contemporain » a été dévié du côté de la « tendance ».
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Outre votre grand talent littéraire allié à un goût du beau, votre principal secret est, à mon avis, votre sens de la gratuité des objectifs et de l’altruisme, notion aussi obsolète que le visage humain en peinture à l’heure actuelle. Votre site est une œuvre véritable que vous partagez à cœur ouvert. C’est pourquoi vous avez autant de visiteurs. C’est un lieu où ils peuvent respirer autre chose que la société marchande qui les étouffe.…
Ceci pour vous dire que le bonheur et le drame s’exaltent, je n’ai jamais su « peindre triste », seulement chercher à exprimer la profondeur du drame humain par le regard et l’espoir par la beauté et les couleurs. Moi aussi je pense que celui qui regarde un tableau n’a pas à craindre la culture comme un juge suprême, mais s’il veut appréhender l’œuvre dans sa plénitude, il faut qu’il aille plus loin que le stade du joli, c’est ce que votre poésie porte en elle et leur suggère.
Je n’ai jamais eu ce besoin qu’on cautionne ou qu’on valide ce que je fais ou ne fais pas. Mais j’avoue : de tels mots me donnent le souffle qui me manque certains soirs où les toiles restent muettes. Quelqu’une, quelque part, a saisi le sens de cet ambitieux projet d’une galerie dédiée à la lecture, l’écriture et la correspondance, sens sur lequel je ne m’étais jamais arrêtée, toute à mon bonheur d’écrire. Qui ne cessera jamais. Car il me tient en vie.
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