C’est du Manoir Richelieu, que vous pourrez découvrir grâce à ce lien, avec sa vue imprenable sur le Saint-Laurent, que ma sœur a pris ces quelques photos au moyen de son Blackberry. Un bien joli cadeau pour nous tous!
C’est du Manoir Richelieu, que vous pourrez découvrir grâce à ce lien, avec sa vue imprenable sur le Saint-Laurent, que ma sœur a pris ces quelques photos au moyen de son Blackberry. Un bien joli cadeau pour nous tous!
Cette nostalgie est la marée que je suis;
cette tristesse est déjà mon océan qui déferle,
ce vent s’élevant dans ma voix,
ma contiguïté séparant
ses morceaux inertes sans surface,
son parcours semblable pour tous les navires,
son aire froide, mouvante et immobile
qui se chauffe aux règles de corail
et veut se briser sur les plages — mais que sont-elles
sinon mes froids renoncements
à l’inutile dessein de quelques pas?
Vitorino Nemésio, La voyelle promise et autres poèmes
*choix de la lectrice d’Ivan Petrovich Argunov
L’aventure que propose Charles Scott Richardson avec La fin de l’alphabet est loin d’être banale et c’est ce qui m’a d’abord attirée. Cette idée de faire le tour du monde au moyen des 26 lettres de l’alphabet en guise de chronique d’une mort annoncée dans 30 jours avait en effet tout pour séduire, d’autant plus que le narrateur et son épouse sont des personnages hors du commun.
Ambroise Zéphyr, graphiste passionnée par les abécédaires et les caractères d’imprimerie et son épouse Zappora Ashkenazi, alias Zip, chroniqueuse dans un magazine, sont mariés depuis longtemps, mais leur amour a conservé le goût des premières heures, l’effervescence des débuts. En ces mots, d’ailleurs, parle-t-il d’elle : « Quand nous allions nous promener. Le soir, le long du fleuve, elle portait le même parfum. Elle était très sage, très intelligente, ma femme. Je ne sais qu’une chose, me disait-elle : un homme peut remarquer cent femmes, en désirer mille autres, mais c’est une odeur qui lui ouvrira les yeux et le cœur. »
Et non pas pour conjurer le sort, car Ambroise sait que les dés sont jetés, que le diagnostic du médecin est juste, qu’il a un mois devant lui et pas plus, ils partiront. Ils iront faire le tour du monde. Un itinéraire qui ira du A au Z et qui débutera par Amsterdam, Berlin, puis Chartres. Un chemin qui les mènera inéluctablement vers le Z, le Z de la fin de l’alphabet, de la fin tout court, des Z dans leurs noms. Où le voyage finira-t-il? À Zagreb? À Zurich? À Zelazowa-Wola, la ville natale de Chopin? Rien de cela. Le voyage sera écourté dès les premières lettres de l’alphabet et prendra un autre sens. Ce à quoi le lecteur ne s’attend pas, vous l’aurez compris, ce qui n’est pas un mal en soi; l’auteur peut détourner son lecteur du chemin prévu.
Malgré le fait que l’histoire bifurque en presque totalité, La fin de l’histoire demeure un beau livre, où l’imagination prend une grande place, presque aussi grande que celle de l’amour, dans une excellente traduction de Sophie Voillot.
Titre pour le Défi Premier Roman 
Parce qu’il est né à Orléans, qu’il a fait ses études à Paris et qu’il vit à Montréal, on a envie de dire de Jérôme Minière, le cinéaste et chanteur, qu’il est un citoyen du monde. Or, c’est en tant que Québécois qu’on lui a remis récemment le prix Rapsat-Lelièvre, remis en alternance à un artiste belge et à un artiste de chez nous. Un prix bien mérité pour celui qui se démarque de tout ce qui se fait ici, de pire comme de meilleur, le pire étant plus courant que le meilleur, les artistes d’exception ne faisant guère légion à l’heure où la télévision fabrique sur mesure des vedettes interchangeables. Heureusement que nous avons des Dumas, Marco Calliari, Nicola Ciccone et une pléiade de musiciens classiques pour nous faire oublier la morosité ambiante. Et Minière, que je découvre avec retard, même si j’ai souvent croisé son nom sans m’attarder, avec cet album, Le vrai le faux, aux rythmes on ne peut plus actuels et aux paroles bien senties et loin de la mièvrerie. Comme vous le prouvera Dans ton oreille.

détails ici
Tout tableau […] et surtout tout portrait, se situe au confluent d’un rêve et d’une réalité. (Georges Perec)
*toile d’Helene Terlien
Romancier, critique, professeur puis directeur de l’université de Lisbonne, et fondateur de la revue littéraire La Revista de Portugal, le poète portugais Vitorino Némésio (1901-1978), qui a enseigné à Montpellier, a publié son premier recueil, La voyelle promise, en français.
C’est d’ailleurs à ce recueil, réédité à L’Escampette en 2000, réunissant le titre original et d’autres poèmes, que la lectrice peinte par l’artiste australien Ian Armstrong s’est intéressée. Elle en a d’ailleurs extrait ce texte :
L’allumette
L’allumette tira sa courte langue d’or
Dans l’obscur tout rongé des dents de mon silence;
Un seul vers impossible est le maigre décor
De cette ombre où la nuit épuise sa substance.
Du souffre la senteur comble le vide au vers
Qui coule comme une goutte au front de mes soucis;
Quand je ne serai qu’un peu d’horizon, un riche ver
En ma chair filera l’étoffe à cette nuit.
Dès la première des neuf nouvelles que contient le recueil Les saisons intérieures de la toute jeune Aurelia Jane Lee, qui signe là son cinquième livre (trois romans et deux recueils de nouvelles) en autant d’années, j’ai été conquise. Aurelia Jane Lee, à qui l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique a décerné en 2007 le prix Franz de Wever pour son deuxième roman, L’amour, ou juste à côté, aime la finesse, les regards, les non-dits et exploite ceux-ci avec sensibilité.
Le résultat : un recueil qui aborde des thèmes comme la mort et l’amour, des thèmes universels qui seront éternellement exploités, avec une manière bien à elle de le faire. En effet, dans chacune des nouvelles, qu’elle mette en scène un vieil homme qui chaque semaine achète des fleurs et emprunte un livre à la bibliothèque, les deux destinés à sa femme décédée ou un jeune garçon qui fait connaissance avec sa voisine, qui vient de sortir de l’hôpital après un combat avec l’anorexie qui n’est pas fini, Aurelia Jane Lee installe une ambiance et choisit un angle de biais pour nous proposer son regard sur les gens comme sur les situations.
Avec des phrases brèves qui font fi des détails inutiles, l’auteure construit patiemment des histoires qui vous chavirent le cœur quand la chute vient interrompre le cours des choses ou alors donner son sens à certains gestes ou regards. Un magnifique recueil où écriture sensible, sens de la narration et économie de détails nous donnent envie d’une seule chose : lire autre chose d’Aurelia Jane Lee.
Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge » et du Challenge de la nouvelle.
Il suffit d’un avion dans le ciel…
Il suffit des nuages franchis…
et d’un nouvel avion dans les nuages pour que je me mette à rêver…
La gare de Canfranc est remarquable. Pas étonnant que Lou ait eu envie de la photographier afin de nous la faire découvrir. Pour connaître sa petite histoire, suivez ce lien.
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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