
J’avais tellement aimé Femme vacante et L’écharde du silence de Frédérique Martin que je m’attendais à quelque chose d’extraordinaire quand j’ai ouvert Zéro, le monde, son roman destiné aux adolescents. Oui, la barre était haute. Et si l’histoire que Frédérique Martin relate ici se tient, elle a, pour la Québécoise que je suis, un grave défaut. Le roman est absolument et totalement français et pas du tout universel.
À vrai dire, l’ancienne libraire que je suis ne pourrait conseiller ce livre — que j’ai tout de même aimé, parce que l’auteure a le sens du rythme et des personnages — à qui vit chez nous. La langue utilisée ici, autant dans la narration que dans les dialogues, n’est pas exportable. Les jeunes d’ici ne s’y retrouvaient pas et buteraient sur des mots qui semblent évident à un ado de l’Hexagone. Des mots comme pétoche et glandu; des expressions comme avoir la haine et jouer les marioles ne font pas partie du vocabulaire de la jeunesse québécoise.
Du coup, alors que je m’attachais à Dominic et à son univers, que je le voyais craquer pour une fille de sa classe et que je suivais ses aventures, mon intérêt s’émoussait à cause de la langue. Dommage. J’aurais tant voulu aimer et recommander ce livre.
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