Expulsés de la nuit
Par la violence des eaux
Inspirés au jour
Vers la nudité de l’air
Nous naissons ensemble
À la source
Des mémoires et des langages
D’où respire cet amour.
Jean Royer, L’amour même
*choix de la lectrice de William Strang
Expulsés de la nuit
Par la violence des eaux
Inspirés au jour
Vers la nudité de l’air
Nous naissons ensemble
À la source
Des mémoires et des langages
D’où respire cet amour.
Jean Royer, L’amour même
*choix de la lectrice de William Strang
J’ai depuis longtemps une prédilection pour les ruelles. Probablement parce que pendant douze ans j’ai habité le boulevard Saint-Joseph à Montréal où, du balcon d’en arrière, j’avais une vue incomparable sur la ruelle, ses chats, ses cordes à linge, ses matchs de hockey, ses conversations. Elle n’était pas particulièrement belle, pas très fleurie, mais elle était vivante. Or, c’est cette vie, cette animation que le photographe Maxime Lefin a décidé d’explorer dans son livre Ruelles de Montréal, dont chaque début de chapitre commence par deux paragraphes signés Nicole Lacelle. Autrement dit, ce sont les photos qui ont ici toute la place, et nul ne s’est foulé une cheville pour nous dire où ont été pris les clichés : tout détail concernant les photos est inexistant. À vous de partir à la recherche des ruelles du livre.
Donc, à peu près pas de texte, je veux bien, mais pas d’explication, non. J’appelle ça du travail d’édition bâclé, surtout que 20 % des photos n’auraient pas dû être sélectionnées pour cet ouvrage, car elles ne possèdent pas la qualité méritant une publication.
J’aurais voulu aimer ce livre. J’aurais voulu vous inviter à vous le procurer. Mais cela m’est impossible. Le livre est trop quelconque pour ça. Ne faites donc pas de dépense inutile. Empruntez le livre à la bibliothèque et parcourez-le une ou deux fois. Allez plutôt vous promener. Vous trouverez dans certains arrondissements montréalais des ruelles autrement plus intéressantes que celles de cet album, lesquelles vous fourniront de quoi écarquiller vos yeux longtemps. Très longtemps.
Il est des endroits qui, dès que vous en franchissez le seuil, vous donnent l’impression de débarquer dans un film (Grease, notamment) ou une série télévisée (je pense à Happy Days).
C’est ce qui m’est arrivé il y a une dizaine de jours, à Nashua. Au Norton’s Diner. J’ai tant aimé l’endroit que j’y suis retournée. Pour l’ambiance et pour les œufs brouillés au jambon et au fromage.
Enfin, presque : j’ai vu sa voiture. Dans un stationnement. À Nashua, New Hampshire.
La grammaire étant l’art de lever les difficultés d’une langue, il ne faut pas que le levier soit plus lourd que le fardeau. (Antoine de Rivarol)
*toile de Carlos Alvarez Las Heras
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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