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Ce que mots vous inspirent 478

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Il faut toujours que de la tête au cœur, l’itinéraire soit direct. (Yehudi Menuhin)

*toile de Louis Escobedo

Avec le poète Carita 6

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Où,
Dans quel coin de la vie
Déposer, en offrande à ses pieds fatigués,
Ma pensée?
Quel arbre accepterait aussi
Qu’on y greffât ce qu’il y a peut-être encore d’oiseau migrateur
Dans mes mots?

D’ici mettre en sécurité
Ce qui n’est pas venu pour mourir ici
De la brièveté accumulée car nous sommes toujours tellement près
De la chute.

Fernardo Eduardo Carita, La maison, le chemin

*choix de la lectrice de Nicole Ladrak

La trahison de Thomas Spencer

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Comme chaque fois que j’ai lu un roman de Philippe Besson, j’ai été séduite par l’écriture et la manière qu’a l’auteur d’entrer dans l’intimité de ses personnages, avec la bonne dose de pudeur et de retenue. Mais. Car il y a un mais. La trahison de Thomas Spencer reste une bien mince affaire, dont l’issue est aussi prévisible que des gouttes de pluie après un coup de tonnerre. Hélas.

Dès les premières pages, Thomas, le narrateur, annonce que ça va mal finir. Étant donné le titre et la culpabilité qu’il affiche, il ne fait aucun doute qu’il est celui qui trahira l’amitié qui unit deux faux frères nés le même jour, aussi proches que des frères peuvent l’être, Thomas vénérant littéralement Paul, plus grand, plus fort, plus habile que lui.

Nés ce jour fatidique d’août 1945 où une bombe a anéanti Hiroshima, Thomas et Paul font connaissance enfants alors que le premier débarque au Mississippi avec sa mère. De ce jour jusqu’à l’issue fatale, les enfants seront inséparables tout comme les adolescents qu’ils deviendront. Plus tard viendra la séparation alors que Paul partira pour le Vietnam tandis que Thomas restera. C’est d’ailleurs à ce moment qu’arrivera la trahison. Prévisible, tellement prévisible, sauf pour ce qui en découlera.

Autant la trame est mince, très mince, et je le redis, autant les personnages sont admirablement bien campés et autant le portrait de l’Amérique des années 50 et 60 est brossé avec justesse. C’est là la force du roman. C’est là aussi son intérêt : des personnages qui prennent leur envol à mesure que le pays sort de son puritanisme. Le roman de Philippe Besson a donc, malgré tout deux atouts : un climat et une écriture. Est-ce suffisant ou pas? À vous de juger.

Ce que mots vous inspirent 477

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Certaines choses et certains êtres ont besoin de la distance qui les sépare de nous, et que cette distance demeure infranchissable. Ils y puisent leur nourriture. (Christian Bobin)

*sculpture d’Étienne Watrin

Changement de PHP

Pour vous, cela ne veut peut être rien dire. Mais pour moi, cela signifie de nouveaux soucis pour le pays de Lali.

Si je vous dis que cela a un lien avec les curieux messages qui apparaissent à la hauteur de l’en-tête, peut-être ne comprendrez-vous pas davantage, mais vous constaterez l’effet.

Voilà donc où nous en sommes huit jours après le début du déménagement et quatre après le retour de Lali. Et jusqu’à nouvel ordre, et rétablissement de la situation, en espérant que les choses ne deviennent pas plus graves, seuls les billets programmés seront publiés. Même si, en ce qui vous concerne, il est toujours possible de lire les pages de Lali et de laisser des commentaires.

C’est en effet pour moi que ça change les choses. C’est de l’intérieur (tableau de bord et tutti quanti) que les choses ne sont plus les mêmes. Il faudra probablement faire une mise à niveau de WordPress. Croisons donc les doigts pour la suite.

Voilà donc où nous en sommes aujourd’hui.

Avec le poète Carita 5

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Il y a dans l’amour une certaine force mortifère
Qui met les amants l’un contre l’autre,
Il suffira qu’ils la libèrent;

Il y a dans l’amour une certaine force vitale
Qui dispose les amants en faveur l’un de l’autre,
Il suffira qu’ils la maintiennent en captivité;

Il y a dans l.amour une certaine force inhumaine
Qui préservera les amants
De succomber dans les marges respectives,
Il suffira qu’ils la placent là où l’amour ne les atteint pas.

Fernando eduardo Carita, La maison, le vide

*choix de la lectrice de Joseph Kossonogy

À la recherche d’un tableau

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J’aimais cette idée d’un détective voyageant dans le temps afin de dénouer quelque énigme d’aujourd’hui. C’est pourquoi je me suis plongée dans Le trésor des SS, avec mon cœur d’adolescente, le roman étant destiné à cette tranche d’âge.

Phoenix, un agent du SENR, le Service des enquêtes non résolues, doit se rendre en Tchécoslovaquie en pleine Seconde guerre mondiale afin de vérifier l’authenticité d’un tableau qui est en circulation de nos jours et dont on ne peut affirmer qu’il ait vraiment existé ni donner quelque détail que ce soit sur celui-ci. Phoenix est pour l’occasion accompagné de Miss Jenie dont c’est la première mission. Camouflés l’un comme l’autre sous des identités faisant d’eux des spécialistes en matière d’art, ils se retrouvent dans un château protégé et à l’écart de tout, lequel est dirigé par un SS préférant les arts à la guerre.

Ce sera l’occasion pour les deux protagonistes de découvrir une magouille en plus de mettre la main sur le tableau recherché. Mais on ne peut pas changer le cours de l’Histoire. Ils devront donc s’en tenir à leur mission et à rien d’autre.

Il y avait là matière à roman, mais celui-ci aurait pu être plus concis, plus efficace. En effet, chacun des mots à propos desquels on trouve de l’information dans un glossaire à la toute fin du livre plutôt qu’en bas de page, ce qui est très agaçant pour tout lecteur, et encore plus un jeune lecteur, aurait pu être expliqué dans le corps même du texte. On aurait là aussi gagné en efficacité plutôt qu’en détails de peu d’intérêt.

Pendant quelques pages, je me suis ennuyée des « Alice » de ma jeunesse. Tiendraient-ils la route aujourd’hui? Le trésor des SS, quant à lui, ne me donne pas envie de suivre les aventures du SENR.

Quelques roses suisses

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Parce que Denise sait que vous appréciez les roses, elles vous en offre quelques-unes!

Pour rêver, continuer de rêver

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Pas envie de ranger les cartes et les guides. Pas envie de trier les dépliants et les cartes professionnelles. Les laisser là, à la vue, à portée de la main. Pour que l’enchantement continue. Pour que la vie ne me bouffe pas tout de suite avec ses urgences et ses obligations. Pur que le bleu ne devienne pas gris et que la roche sur mon bureau sente encore l’océan. Longtemps. Le plus longtemps possible.

Et en attendant, continuer de rêver.

*toile de Deborah Dewit-Marchant

Ce que mots vous inspirent 476

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Bien sûr, l’argent ne fait pas le bonheur, mais il aide à acheter des livres. (Claude Roy)

*illustration de Javier Termeron