Commentaires récents
Admin:
Archives:
Il vient d’avoir trois ans

tooshtoosh.jpg

Il a passé plus de temps avec elle qu’avec sa propre mère. Celle-ci n’était d’ailleurs pas présente le lundi où il a soufflé les trois bougies qui décoraient le gâteau. Elle avait choisi ce jour-là pour abandonner le petit, pour n’en avoir plus la responsabilité, pour se décharger de ce paquet encombrant dont sa propre mère s’occupait la plupart du temps. La mère préférant danser dans des lieux mal famés pour se payer de la poudre à lui tendre les bras au moment de ses premiers pas.

Lisette pleurait en me parlant de sa fille et de son petit-fils dont elle a maintenant la charge suite à la paperasserie signée par son aînée. Elle pleurait à cause de ses jambes enflées qui l’empêchent de marcher bien longtemps. Parce qu’elle est constamment à bout de souffle. Parce que la plus jeune de ses quatre filles aura bientôt 18 ans et qu’elle espérait enfin pouvoir se reposer, se soigner, elle qui les a élevées toute seule tout en gardant nombre d’enfants des environs pour joindre les deux bouts.

Lisette pleurait en pensant à cet autre enfant qu’on venait de lui léguer. Un enfant au père inconnu maintenant abandonné par la mère. Qu’allait-il advenir de lui le jour où elle ne pourrait plus bouger?

À peine avait-elle soulevé cette question que Montgomery arrivait vers nous. Souriant. En brandissant un énorme bouquet de pissenlits. Lisette m’a regardée, l’a regardé. Il est des questions inutiles qu’un enfant sait faire oublier.

*illustration de Tooshtoosh

Joies d’une promenade du midi

photo-185_juiin2011.jpg

photo-184_juin2011.jpg

photo-186_juin2011.jpg

Pas besoin d’aller loin. Juste à côté du bureau, en fait. Un ancien maire de Montréal qui aimait les fleurs habiterait le complexe au pied duquel se trouvent ces jolis spécimens.

Pétunias du jour

photo-191_juin2011.jpg

photo-192_juin2011.jpg

photo-193_juin2011.jpg

photo-195_juin2011.jpg

photo-197_juin2011.jpg

Juste pour le plaisir des couleurs!

Ce que mots vous inspirent 442

ackermann-tonia.jpg

Malheureux celui qui lit sa gloire dans le regard versatile du public. (Fatou Diome)

*toile de Tonia Ackermann

Les roses du jardin botanique 2

photo-257_jb.jpg

photo-258_jb.jpg

photo-260_jb.jpg

photo-264_jb.jpg

photo-268_jb.jpg

Juste pour le plaisir de vous les faire découvrir!

Les vers d’Eugène 8

van-rees-otto-4.jpg

Tous les mots
Que j’ai pu dire

T’en disent moins
Que le silence.

Eugène Guillevic, Présent

*choix de la lectrice d’Otto Van Rees

deux petits mots

lane-betty-1.jpg

il a suffi de deux petits mots
murmurés à toute vitesse
pour qu’à jamais le gris
même si couleurs un jour inventées
pour le tromper le couvrir
croire peut-être que

deux petits mots
pour rendre mes bras inutiles

(juillet 2011)

*toile de Betty Lane

Paris 1935-1945

roger-schall-paris.jpg

Il y a quelque temps, dans le cadre du Festival international du film sur l’art, j’ai eu l’occasion d’assister à la représentation du film consacré au photographe Roger Schall, dont je vous ai d’ailleurs fait part ici.

Or, j’ai eu envie de prolonger ma rencontre avec celui qui a laissé des centaines de milliers de photos derrière lui, photos de mode, photos publicitaires ou photos destinées à illustrer des reportages. C’est ainsi que j’ai emprunté à la bibliothèque Paris au quotidien 1939-1945, qui regroupe des photos qui racontent à elles seules le titre annoncé et illustrent avec justesse ce qu’on dit d’une photographie, à savoir qu’elle vaut mille mots ou qu’elle mérite un silence respectueux.

Qui a envie de connaître ce Paris, celui de l’occupant et de jours difficiles, celui des Parisiennes restées élégantes, des salles de spectacles ou des courses, celui des petits métiers et des cyclistes, trouvera avec cet album un magnifique morceau d’une histoire qui perd chaque année quantité de ses témoins, d’où l’importance de publier de tels livres.

Je rêvais d’être ailleurs

taye-john-3.jpg

Je les regardais.

Ils avaient l’air heureux d’être ensemble, assis sur une terrasse du Vieux-Montréal. Ils se parlaient. Ils riaient. Ils commandaient à boire. Un petit vent se levait. Ils avaient tant de choses à se dire alors qu’ils prennent leurs pauses ensemble, qu’ils mangent à la même table le midi, qu’ils se fréquentent les uns les autres les soirs et les weekends.

Je les regardais.

Je n’avais rien à raconter, et l’odeur de bière qui venait des verres, du vent, de leurs haleines, avait envahi la terrasse et me donnait la nausée. À elle seule, elle me rappelait une vie que je veux oublier où cette odeur émanait de la cuisine, de la salle à manger, de la chambre à coucher et de sa peau à lui, et qu’ils ne connaissent pas. Nul ne se vante de ses ratages.

Je les regardais.

Je rêvais d’être ailleurs. Ce qui était pour eux une fête était pour moi une punition. Je sirotais mon verre de San Pellegrino. La nuit tombait peu à peu sur le quai McGill. J’allais pouvoir rentrer. Le cinq à sept prenait fin pour quelques-uns d’entre nous. Ailleurs, ma vraie vie m’attendait.

*toile de John Taye

Que faisiez-vous en 1954?

photo-152_1954.jpg

Certains roulaient dans leur Chevrolet toute neuve… 57 ans plus tard, d’autres l’astiquent…