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Un dimanche avec Lamartine 23

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Ici-bas, la douleur à la douleur s’enchaîne.
Le jour succède au jour, et la peine à la peine.

(Alphonse de Lamartine)

*toile de James Tissot

Un dimanche avec Lamartine 22

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Le papillon

Naître avec le printemps, mourir avec les roses,
Sur l’aile du zéphyr nager dans un ciel pur,
Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses,
S’enivrer de parfums, de lumière et d’azur,
Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes,
S’envoler comme un souffle aux voûtes éternelles,
Voilà du papillon le destin enchanté!
Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,
Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,
Retourne enfin au ciel chercher la volupté!

(Alphonse de Lamartine)

*aquarelle de Robin Moore

Un dimanche avec Lamartine 21

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L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive;
Il coule, et nous passons!

(Alphonse de Lamartine)

*toile de Kathleen McElwaine

Un dimanche avec Lamartine 20

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Vivez donc vos jours sans mesure!
Terre et ciel! céleste flambeau!
Montagnes, mers, et toi, nature,
Souris longtemps sur mon tombeau!
Effacé du livre de vie,
Que le néant même m’oublie!
J’admire et ne suis point jaloux!
Ma pensée a vécu d’avance
Et meurt avec une espérance
Plus impérissable que vous!

(Alphonse de Lamartine)

*toile signée Edward Lamson Henry

Un dimanche avec Lamartine 19

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Cueillons, cueillons la rose au matin de la vie;
Des rapides printemps respire au moins les fleurs.
Aux chastes voluptés abandonnons nos cœurs,
Aimons-nous sans mesure, à mon unique amie!

(Alphonse de Lamartine)

*toile de Walter Farndon

Un dimanche avec Lamartine 18

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Mon cœur, lassé de tout, même de l’espérance
N’ira plus de ses vœux importuner le sort
.

(Alphonse de Lamartine)

*toile de Mary Cassatt

Un dimanche avec Lamartine 17

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Chant d’amour (III)

Pourquoi sous tes cheveux me cacher ton visage?
Laisse mes doigts jaloux écarter ce nuage :
Rougis-tu d’être belle, ô charme de mes yeux?
L’aurore, ainsi que toi, de ses roses s’ombrage.
Pudeur! honte céleste! instinct mystérieux,
Ce qui brille le plus se voile davantage;
Comme si la beauté, cette divine image,
N’était faite que pour les cieux!

Tes yeux sont deux sources vives
Où vient se peindre un ciel pur,
Quand les rameaux de leurs rives
Leur découvrent son azur.
Dans ce miroir retracées,
Chacune de tes pensées
Jette en passant son éclair,
Comme on voit sur l’eau limpide
Flotter l’image rapide
Des cygnes qui fendent l’air!

Ton front, que ton voile ombrage
Et découvre tour à tour,
Est une nuit sans nuage
Prête à recevoir le jour;
Ta bouche, qui va sourire,
Est l’onde qui se retire
Au souffle errant du zéphyr,
Et, sur ces bords qu’elle quitte,
Laisse au regard qu’elle invite,
Compter les perles d’Ophyr!

Ton cou, penché sur l’épaule,
Tombe sous son doux fardeau,
Comme les branches du saule
Sous le poids d’un passereau;
Ton sein, que l’œil voit à peine
Soulevant à chaque haleine
Le poids léger de ton cœur,
Est comme deux tourterelles
Qui font palpiter leurs ailes
Dans la main de l’oiseleur.

Tes deux mains sont deux corbeilles
Qui laissent passer le jour;
Tes doigts de roses vermeilles
En couronnent le contour.
Sur le gazon qui l’embrasse
Ton pied se pose, et la grâce,
Comme un divin instrument,
Aux sons égaux d’une lyre
Semble accorder et conduire
Ton plus léger mouvement.

(Alphonse de Lamartine)

*toile de Carmen Cartiness Johnson

Un dimanche avec Lamartine 16

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Notre crime est d’être homme et de vouloir connaître.

(Alphonse de Lamartine)

*toile de William Blacklock

Un dimanche avec Lamartine 15

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Chant d’amour (I)

Si tu pouvais jamais égaler, ô ma lyre,
Le doux frémissement des ailes du zéphyr
À travers les rameaux,
Ou l’onde qui murmure en caressant ces rives,
Ou le roucoulement des colombes plaintives,
Jouant aux bords des eaux;

Si, comme ce roseau qu’un souffle heureux anime,
Tes cordes exhalaient ce langage sublime,
Divin secret des cieux,
Que, dans le pur séjour où l’esprit seul s’envole,
Les anges amoureux se parlent sans parole,
Comme les yeux aux yeux;

Si de ta douce voix la flexible harmonie,
Caressant doucement une âme épanouie
Au souffle de l’amour,
La berçait mollement sur de vagues images,
Comme le vent du ciel fait flotter les nuages
Dans la pourpre du jour :

Tandis que sur les fleurs mon amante sommeille,
Ma voix murmurerait tout bas à son oreille
Des soupirs, des accords,
Aussi purs que l’extase où son regard me plonge,
Aussi doux que le son que nous apporte un songe
Des ineffables bords!

Ouvre les yeux, dirais-je, ô ma seule lumière!
Laisse-moi, laisse-moi lire dans ta paupière
Ma vie et ton amour!
Ton regard languissant est plus cher à mon âme
Que le premier rayon de la céleste flamme
Aux yeux privés du jour.

(Alphonse de Lamartine)

*toile d’Edward Bird

Un dimanche avec Lamartine 14

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Partout, sur ta rive chérie,
Où l’amour éveilla mon cœur,
Mon âme, à sa vue attendrie,
Trouve un asile, une patrie,
Et des débris de son bonheur,

Flotte au hasard : sur quelque plage
Que tu me fasses dériver,
Chaque flot m’apporte une image;
Chaque rocher de ton rivage
Me fait souvenir ou rêver…

(Alphonse de Lamartine)

*toile de Samuel Barking Clarke