Il me semble parfois entendre son rire parmi ceux des enfants qui jouent en bas. Mais je sais que ce n’est pas le sien. Que sa voix s’est envolée vers ailleurs parce que je ne l’ai pas retenue dans les mailles su passé.
J’aurais pu. Elle aurait tant voulu, je crois. Mais il y avait dans ses yeux et dans ses gestes quelque chose de lui. Des yeux qui chez elle n’étaient que tendresse et chez lui flèches qui percent plus que le cœur. Pourtant de lui, et tellement différente, elle portait des traces qui prenaient trop de place.
Elle, si douce, vivante, malgré les blessures accumulées, les mensonges et les fausses promesses venant de lui. Elle qui savait mieux que moi sur quoi nous fermions les yeux toutes les deux en échange de jours à inventer des vies aux nuages, d’après-midi à enfariner la cuisine, de séances de tresses, de flims qu’on regardait serrées l’une contre l’autre.
Elle, qui a sa vie maintenant. Une vie dont je me suis volontairement écartée. Parce qu’à un moment ou un autre elle me parlerait de lui que j’avais appris à oublier, plongée dans mes livres, ces livres qu’il détestait si fort.
*toile de Richard Emil Miller





















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