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À partir de ce soir, le grand Émile

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Je ne pourrai pas vous raconter mieux Nelligan qu’en laissant aux lectrices des prochains jours ses poèmes, ceux de mes quinze ans, ceux de toujours, ceux que j’ai offerts une seule fois, ceux auxquels je reviens sans cesse.

Non, je ne pourrai pas vous raconter Émile Nelligan. Que ce soit celui peint par Jean-Paul Lemieux ou celui de Rêve d’une nuit d’hôpital de Normand Chaurette. Je ne pourrai pas.

Je vous dirai seulement que j’habite dans le voisinage de ce qui fut son dernier lieu de résidence, un hôpital psychiatrique bien connu. Je vous dirai seulement que pendant des années j’ai eu une affiche le représentant dans ma chambre d’adolescente. Je vous dirai seulement que je ne peux marcher au carré Saint-Louis sans penser à lui. Depuis bien avant qu’on y installe un buste de lui.

Les lectrices du soir feront le reste en choisissant pour vous des poèmes.

Celle qui rêve de villes lointaines

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Lit-elle un article qui lui parle d’une de ces villes dont elle rêve sans savoir si elle la verra un jour? Une ville où inscrire ses pas, où flâner? Une ville de roman, une ville hantée par quelque poète ou peintre? Une ville où se parle une langue qu’elle ne connaît pas mais dont elle rêve d’entendre la musique? Peut-être.

Ou alors est-elle déjà dans cette ville, une ville dont le nom commencerait par V, pourquoi pas? Vienne, Venise, Valparaiso, Vancouver, Vérone… V comme Vivre.

*sur une toile de Raymond Olivere

Joie sur fond de ciel bleu

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J’ai dû me mettre sur la pointe des pieds. Je n’ai pas de zoom. Et des 25, voici les meilleures. Je dirais même plus : les seules réussies et dignes d’apparaître au pays de Lali.

Et je ne suis même pas tombée à la renverse. Sauf de joie quand je les ai trouvées.

Pour la collectionneuse

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Comme notre amie Flairjoy fait collection de fonds d’écran, je ne vais surtout pas l’en priver. Surtout que cette jolie fleur m’a chuchoté qu’elle voulait faire partie de la collection. Reste à demander à Flairjoy si elle est d’accord.

Curieux été

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C’est un curieux été. À moins qu’il ne veuille absolument pas se transformer en automne. Preuve en est cet arbuste qui a des airs de juin, alors que ses semblables ont déjà roussi depuis longtemps.

Tu prenais encore des photos?

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Christina m’a fait rire.

Elle m’a ramassée au coin de la rue alors que je croquais encore quelques fleurs, pour la fin du trajet. Oui, elle m’a fait rire. Elle a juste dit, à peine moqueuse : « Tu prenais encore des photos? »

Toute fière

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Ce n’est pas la photo du siècle, j’en conviens. Mais cette petite fleur rouge qui se dresse toute fière, plus haute que la clôture et les feuilles me donne la poussée nécessaire à partir travailler.

Ce que mots vous inspirent 46

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Rien ne marque autant un lecteur que le premier livre qui s’ouvre vraiment un chemin jusqu’à son cœur. (Carlos Ruis Zafon)

Il est longtemps resté accroché à cette phrase. Elle faisait sens. Mais il n’avait pas les mots pour développer, pour aller au delà de la phrase, pour la faire vivre, si bien que le lecteur de Rodrigo Pradel a demandé que je vous la confie. Pour ce que mots vous inspirent. Parce que, comme moi, il a envie de vous lire. Et comme le veut l’habitude, la phrase restera là toute une semaine puisque je ne validerai vos écrits que mercredi prochain. Vous inspirera-t-elle quelques mots?

Rouge Denise

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Ce n’est pas parce que notre amie Denise est partie trotter – et prendre quelques photos, il va sans dire – que le pays de Lali se trouve dépourvu de sa présence. Elle a pensé à tout. Même au rouge.

Tant à écrire

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Alors que le jour doucement s’insinue dans la pièce, que l’air frais glisse sur la peau de son cou, elle a une fois de plus sorti son cahier. Il y a tant à écrire. Tant d’histoires qui lui sont venues dans la nuit et qui s’entremêlent. Tant de conversations dont elle a retenu des bribes et qu’elle voudrait utiliser autrement. Tant de personnages qui se bousculent.

Et elle jette tout en bloc sur le papier. Sans trier, sans réfléchir, sans analyser. Tout ça servira plus tard, dans une heure ou dans six mois, peu importe. Ou ne servira pas. Elle sait juste qu’il n’y a que dans le jour qui s’installe que tout lui vient ainsi. Elle sait juste, aussi, qu’elle ne peut vivre autrement. Et qu’elle n’a pas envie d’en changer.

*sur une toile de Stephanie Ford Forrester