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Poids d’angoisse de Suzanne Paradis

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C’est la lectrice de Thomas Beach qui aura droit une dernière fois à l’anthologie de Laurent Mailhot et Pierre Nepveu intitulée La poésie québécoise. Pour cette fois, puisque je laisserai traîner le livre à nouveau. C’est qu’il y a tant de poètes que je veux faire découvrir aux lectrices du soir… Comme Suzanne Paradis, le choix de celle du jour.

Poids d’angoisse

La terre s’ouvre mon poids d’angoisse
elle tremble sous moi elle a montré
son ventre rugissant et sa nuit noire
et je vois s’enliser les peupliers
Je ne puis supporter que la lumière
s’éteigne et m’abandonne à mourir
qu’elle ne lacère plus le chemin
qu’elle ne distingue plus la maison
où j’avais mis des fleurs où j’avais des chambres
des cerceaux d,enfants suspendus partout
des seaux qui grinçaient remplis d’eau de pluie
J’écoute battre en moi un cœur étrange
qui me frappe au cœur mille fois trop fort
toute chair chancelle et l’âme elle-même
est ce ravin fou qui gronde et qui roule
dans le sein des fleuves désespérés
Vous aviez un nom, même vote songe
traçait des anneaux des dessins parfaits
des cris familiers jaillissaient du monde
et vous habitiez le temps des mourons
La terre sous moi se creuse une tombe
-ses effrois géants brisent le silence-
vous chasse à longs cris, cède sous vos pas
elle vous reprend au fond de son ventre
vous berce et vous tord, vous arrache à l’herbe
aux hortensias aux pluies et aux femmes
au sommeil léger des veilles l’automne
quand on craint pour soi les voleurs de pommes
La terre trahit les noms et les formes
vous changez de chair et tournerez cendres
sans m’avoir laissé le temps d’oublier
la face inconnue qu’elle et vous trompiez.

Yeux clos

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Et si plus jamais ses mains sur sa peau? Et si plus jamais autre chose que ses mots pour toute caresse, pour tout baiser? Et si pour toute vie que des souvenirs parfumés et lumineux, aux accents d’ailleurs et aux couleurs d’automne? Et si pour quotidien ces seules images qui ne reviendront plus auxquelles elle s’accroche pour ne pas tomber? Les yeux clos, la lectrice de Gwen Gugell ne veut pas penser à cette éventualité. Elle est entrée dans ses souvenirs à venir.

Une lectrice heureuse

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La lectrice de Matisse est heureuse. Elle est passée chez Caroline et elle a lu un très joli billet, que vous pouvez aussi lire si vous allez ici. Il vaut le détour, je vous l’assure.

La vie est imparfaite, mais…

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La vie est imparfaite, vous le savez, ce n’est pas moi qui vous l’apprendrai. Mais devant un tel spectacle, pendant quelques minutes, j’ai envie de croire qu’elle est un peu moins imparfaite…

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Tu ne trouves pas que t’exagères?

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« Tu ne trouves pas que t’exagères? » a-t-il dit. Il ne parlait pas des fleurs au pays de Lali, mais je sais bien que dans mon enthousiasme, j’ai en effet tendance à exagérer un peu, pas trop, juste assez. Et puis, quand toutes les fleurs auront disparu, que l’automne et l’hiver viendront, je me dirai que j’ai bien fait d’exagérer un peu, pas trop, juste assez.

Encore une qui m’a souri

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Encore une qui m’a souri. Tellement que je me demande si les fleurs et moi, on se comprend sans se parler.

Et si ça fait le bonheur de quelques-uns…

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On dira ce qu’on voudra, rien de tel que programmer des billets pour que des fleurs apparaissent au pays de Lali à l’heure où j’ai besoin d’elles. Où j’ai besoin de couleurs. Au milieu de l’avant-midi, sur l’heure du midi, quelque part dans l’après-midi. Et si ça fait le bonheur de quelques-uns, c’est encore mieux.

Des trésors m’attendent

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Et vient l’heure où j’arrête de rêver, où je cherche mes clés, où je vérifie si j’ai bien mon appareil photo et où je prends la route. Des trésors m’attendent. Enfin, quand il arrêtera de pleuvoir.

En l’absence de notre Suissesse

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Denise est partie en vacances et a laissé la phrase de la semaine aux bons soins du lecteur de Max Gaisser. Mais de fil en aiguille, le voilà bien loin de la phrase destinée à ce que mots vous inspirent. Je ne suis pas convaincue qu’il faille lui faire confiance. Quelqu’un se laissera-t-il tenter par ces mots en l’absence de notre Suissesse? Vous avez 24 heures devant vous!

Je n’ai pas pu résister

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Sur le chemin de la librairie, il y avait ce rectangle de couleurs. Magnifique. Je n’ai pas pu résister. Et je suis d’autant plus heureuse de n’avoir pas su qu’aujourd’hui il pleut et que ces fleurs sont plus que bienvenues!

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