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En vos mots 19

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Elles sont si nombreuses, ils sont si présents, qu’il est difficile en choisissant une toile plutôt qu’une autre de ne pas penser aux lectrices oubliées, aux scènes reportées, aux lecteurs laissés pour compte, aux tableaux qui auront leur tour. Et il y a chaque fois ce petit pincement au cœur. La toile hebdomadaire de la catégorie En vos mots trouvera-t-elle de l’encre au bout de la plume de ceux qui auront envie de la faire vivre?

Il n’y a jamais eu de panne. Il y a toujours eu quelqu’un pour soulever le voile et livrer le secret véritable ou inventé de ceux et celles qui lisent.

La lectrice de Léon-François Comerre agira-t-elle sur votre imagination? Je le souhaite. C’est tout ce que je souhaite, à l’heure où j’accroche la toile pour sept jours. Pour vous, pour vos mots. Pour le plaisir à venir de tous ceux qui vous liront.

Le papillon de Géraldine

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Il hésite. Tant de fleurs dont s’occuper. Dont s’éprendre, à chérir.

Le papillon de Géraldine, qui est enfin revenue de vacances, est un papillon heureux. Un papillon qui rend les autres heureux. Peut-être même est-il un peu le double de notre amie. Peut-être pas : sûrement.

Dans le bonheur d’être ensemble

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Elle n’est pas loin. Peut-être dans la même pièce. Peut-être pas.

Mais ils sont ensemble. Dans le bonheur d’être ensemble. Dans le bonheur de ce matin du premier déjeuner ensemble.

Elle n’est pas loin. Juste en dehors du cadre de la toile. Sans entrer dans celle-ci. Parce que leur bonheur à eux deux en est un dans lequel elle ne s’immiscera jamais. Mais dont elle sera le témoin, heureuse.

Elle n’est pas loin. Le temps de regarder vivre ses amis. Le temps de savourer son bonheur d’être avec eux. Enfin. Et de faire comme les lecteurs du matin de Joseph Plaskett. Lire, elle aussi.

Il n’aimait que cette pièce

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Il n’aimait que cette pièce et aucune autre. Probablement parce qu’elle était interdite à quiconque, qu’elle était son havre d’écriture, le seul endroit où il soit vraiment bien, hors du temps, hors de l’espace, hors des contraintes, avec pour seule complice la chatte qui l’avait apprivoisé plus que le contraire et la mer et ses vagues.

Il n’aime que cette pièce où il écrit, où il rêve. Jour après jour. Et tant pis si certains le prennent pour un fou. L’écrivain du peintre Ed Brown se fout bien des rumeurs et de tout ce qu’on pourrait dire de mal ou de bien sur lui. Il écrit. Il rêve. Et la vie a la couleur de l’océan. Et la vie a la couleur des yeux de l’héroïne des pages qu’il noircit.

Un des plus beaux jours de sa vie

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Les heures se sont égrenées dans la douce attente de celles à venir et le soleil est maintenant là, annonciateur de bonheur, de tendresse, de regards et de partage. Précurseur de moments qui ne ressembleront à rien de ce qu’elle a vécu avant. Elle le sait, comme elle sait le goût d’une poire juteuse un soir d’été. Elle le sait comme elle sait aussi l’odeur du café le matin. Comme elle sait le bonheur de cette minute même, alors qu’elle tourne les pages d’un livre en rêvant. Calme. La lectrice de César Nieto Quintela vit un des plus beaux jours de sa vie.

Celui qui écrivait sans but

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Depuis des années, il entasse des poèmes, des phrases, des débuts de nouvelles. Peut-être même des lettres jamais envoyées. Mais depuis quelques semaines, c’est encore pire. Il écrit jour ou nuit, inspirée par quelque muse. Il amoncelle des feuilles et des feuilles comme si sa vie ne tenait qu’à ce geste d’écrire. Comme si tout ce qu’il avait tu en lui de mots trouvait enfin le chemin de celle qui les lirait. Qui les apprécierait. Qui s’en délecterait. Qui les attendait.

Et celui qui écrivait sans but, pour lui seul, qui accumulait des rimes et des envolées lyriques, celui peint par Paul Merwart, celui qui rêvait tout bas, a trouvé une égérie à sa mesure.

Quand il le lui disait

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Il n’avait qu’une phrase quand il la regardait, ainsi plongée dans ses livres. Tu es belle. Mais que tu es belle.. Et je crois bien qu’elle rougissait. Un peu. On le lui avait si peu dit. Ou peut-être pas du tout. Si bien qu’elle ne s’était jamais considérée comme telle. Il faut un regard extérieur pour certains qualificatifs. Elle se savait petite. Elle se trouvait un joli sourire. Elle aimait ses yeux. Mais belle ?

Ce n’était pas à elle de le dire. Ce n’était pas à elle de se considérer comme telle. Mais elle aimait ce regard admiratif qu’il avait. Ce Tu es belle. Trop belle. Ce serait mentir de ne pas l’avouer. Même si parfois, la lectrice de Tom Carr ne levait pas les yeux pour lui sourire quand il le lui disait. Ou quand il lui disait Je t’adore.

Elle classait

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Elle classait et reclassait. Il fallait qu’elle s’occcupe. Parce qu’elle savait bien qu’elle serait incapable de dormir. Parce qu’elle savait bien que dans quelques heures tout ce qu’elle avait imaginé, tout ce dont elle avait rêvé allait trouver son aboutissement.

Elle classait. Elle palpait les sabots vendéens, une cloche valaisanne, des photos, des cartes de souhaits, tous ces objets éparpillés sur les rayons comme traces de vie, commes témoins de sa vie. Des souvenirs qu’elle avait rapportés. Des babioles qu’on lui avait offertes. Elle refaisait les voyages à contre-courant et lui revenaient ces moments où on lui avait offert cette petite boîte peinte, cette pierre tunisienne, une poupée d’Israël.

Elle classait, en se laissant submerger par les objets de la mémoire, inutiles mais si précieux. Non pas monétairement, mais pour ce qu’ils représentent. Elle classait. Tout allait bien. Jusqu’au rayon de littérature étrangère. Des B, plus précisément. Une demi-tablette de romans de Pearl Buck, pour tout vous dire. Et le classement s’est arrêté là. Pour le moment. Pour tout de suite. Parce qu’il lui faut retrouver un passage dont elle ne conserve que le souvenir. Et la lectrice de Frank Eyre s’est assise. A oublié les B et le reste de l’alphabet. Elle est plongée dans le roman Vent d’est, vent d’ouest de ses quatorze ans.

Lire ou faire le ménage ?

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Je sais que je devrais ranger. Un peu. Parce que je n’ai pas fini et que j’attends de la visite demain. Je le sais. Comme je sais aussi que je dormirai peu parce que je suis fébrile.

J’adore les aéroports, j’adore aller y chercher des gens que j’aime, j’adore ces moments où ils entrent dans mon quotidien. Où il n’y a plus 6000 km entre nous. Où le café n’est pas virtuel. Où les bisous sonnent quand on les posent sur les joues. Plus que 16 heures avant tout ça.

Je sais que je devrais ranger. Je sais que je vais le faire. Tantôt. Encore une page. Encore une toile. Encore un café…

Ombres de lecteurs

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Ce ne sont que des ombres, mais les lecteurs de Brian Goeltzenleuchter sont bien présents. Terriblement présents. Peut-être même plus que si nous discernions leurs traits.

Tout est dans la pose, l’attitude, le lien avec le journal. Et dans notre façon de les regarder.