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Loin de l’impossible réalité

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Il est parfois impossible de résumer certains livres. C’est le cas de La nuit est la dernière image de Francis Dannemark. Ou alors, il faudrait parler des images. Juste de ça. Des images. De ces images à profusion qui surgissent au fil des phrases. Des images sur lesquelles on s’attarde. Ou alors, il faudrait parler des mots, des phrases. Ou alors dire qu’il ne s’agit pas d’une histoire, mais qu’il y en a tout de même une. Et qu’elle se résumerait peut-être dans ce court passage : « La vie serait un film lent mais sans moments perdus, parfaitement ajusté, loin de l’impossible réalité. »

Malgré de bien jolis moments

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J’avoue que le premier recueil de nouvelles de Dominique Costermans, Des provisions de bonheur, m’a tantôt plu, tantôt déçu. Toutes respectent le genre, toutes sont des instantanés, mais certaines ne sont pas aussi achevées que d’autres, malgré de bien jolis moments. Moments du quotidien, moments d’égarement, moments intimes, tous ces petits moments que l’auteure regarde à la loupe, avec minutie et tendresse.

Tout ça pour dire que je ne suis pas tout à fait convaincue, mais que ça ne m’empêchera pas de lire les trois autres recueils de l’écrivaine belge que j’ai achetés au salon du livre de Montréal. À suivre, donc. Ne dit-on pas que « le meilleur est à venir »? Même si j’ai particulièrement aimé Des poèmes dans les arbres, une des nouvelles du recueil.

Un roman sans prétention

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Pendant dix jours, elle va remuer ses souvenirs. Pendant dix jours, elle va devoir vivre loin de lui. Vivre tout court, sa vie de mère, sa vie d’avocate, sa vie de femme. Pendant dix jours, elle va lui écrire chaque jour une lettre que nous lirons.

Pendant dix jours, nous lirons ses états d’âme et ses lettres que lui ne lira peut-être jamais.

Roman d’atmosphère, Dix jours en février de Marc Uyttendaele se laisse lire agréablement. Et pour le plaisir, on aurait même envie d’écouter les pièces de musique classique que la narratrice a choisies pour lui écrire soir après soir pour mieux accompagner ces moments d’intimité. Et même celles dont des extraits servent d’introduction à chacun des dix chapitres. Un bien joli roman, simple et sans prétention. À lire, pas juste en février.

Parce qu’ils ne pourront que s’aimer toujours

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Quand Jean rencontre Odile, quelque chose s’ouvre en lui qui ne s’était jamais ouvert. Et lui qui tournait en rond depuis deux ans, à cause d’Odile, dont il tombe amoureux, malgré la complicité au quotidien qu’il vit avec Anne depuis toujours, retrouve son inspiration et se remet à regarder les gens à nouveau. À refaire des films. Avec un œil qu’il n’avait jamais eu auparavant.

Déchiré entre deux mondes, l’un pour lequel il estime qu’il est trop tard, et l’autre qui est connu, rassurant et agréable, Jean a quelque chose du Bernard de La femme d’à côté de Truffaut, bien qu’Au revoir, je t’aime de Vincent Magos n’ait que peu à voir avec ledit film, sinon une passion amoureuse qui pourrait faire dire au héros « Ni avec toi, ni sans toi ».

« Jamais ils (Jean et Odile) n’ont le temps de se rassasier, jamais ils n’ont le temps d’avoir envie envie d’être seuls, sans l’autre. » Et ils vont ainsi d’un Au revoir, je t’aime à un autre parce qu’ils ne pourront que s’aimer toujours.

Le roman de Vincent Magos est passionnant. Les personnages qu’il nous offre n’ont jamais rien d’anodin. L’écriture est élancée, pleine d’images et de poésie. Faut-il ajouter que ce roman m’a beaucoup plu? Vous l’aviez deviné, non?

Plus qu’un beau titre

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On choisit parfois un livre pour son titre. Ou parce que le résumé nous séduit. Ou parce qu’on a aimé par le passé un livre du même auteur. Dans le cas de Choses qu’on dit la nuit entre deux villes de Francis Dannemark, c’est un mélange des trois.

J’en suis sortie émue. Comme chaque fois que je lis quelque chose de beau. Beau par l’écriture, beau par l’atmosphère qui s’en dégage, beau par les personnages, beau par les plages de la mer du Nord, beau par le jazz qui ponctue les conversations de Wolf et Lena pendant quelques jours, alors qu’ils se rencontrent au moment d’un mariage qui n’aura pas lieu.

Cette pause hors du temps, où les obligations sont oubliées, leur permet de se livrer l’un l’autre. Et alors qu’ils ne savaient plus l’un comme l’autre où ils allaient ainsi, quand ils se quitteront pour reprendre leur route, ces conversations leurs ouvriront la voie.

Roman intimiste et plein de nuances, Choses qu’on dit la nuit entre deux villes est un véritable coup de cœur. Je vous le conseille vivement.

Un véritable roman d’atmosphère

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J’aime les romans qui mettent en scène des écrivains. Je ne pouvais donc qu’être attirée par le roman de Caroline Lamarche intitulé Lettres du pays froid. Un roman que j’aurais du mal à résumer d’ailleurs. Un roman où s’entrecroisent écriture, Frida Kahlo, amour, mort et personnages fantasques autour de la narratrice-écrivaine. Un roman que j’ai aimé pour l’écriture riche et imagée de l’auteure, pour ce personnage trouble et troublant d’Alexis, pour le non moins troublant Loup, pour le besoin d’écrire omniprésent de la narratrice, pour les questions de celle-ci, pour tout ce qui fait de ce roman un véritable roman d’atmosphère.

25 ans à éterniser la fragilité des choses

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J’aime l’univers du romancier Francis Dannemark. J’aime son travail d’éditeur. J’avais aimé ce que j’avais de lui dans Ici on parle flamand & français. C’est pourquoi j’avais hâte de plonger dans ses poèmes.

La longue course réunit 25 ans de récits poétiques et de textes en vers. Tous ont une musique, un regard. Certains s’attardent avec tendresse sur un visage ou un paysage. Tous dégagent une émotion.

Et comme ses propres mots parleront mieux que je ne pourrai le faire, je vais pendant quelques jours laisser aux lectrices du soir le plaisir de tourner les pages et de choisir à votre intention quelques extraits de ce recueil qui m’a profondément touchée.

Non sans ajouter ce morceau de la préface de Bernard Delvaille : « Désenchantée, sa poésie enchante, sans plainte ni révolte, comme si elle n’osait pas. Elle sonne juste et voilée, un peu acide, un peu blessée. J’écoute en elle comme une longue ligne mélodique de Chet Baker, un soir d’automne, au bord de la mer, quand le sable se fait froid et que, seuls, brillent encore les phares en veilleuse d’une automobile jalouse de ces cargos sans destination, de ces voiliers sans nom qui passent au loin. Francis Dannemark sait immobiliser, éterniser un instant la fragilité des choses. »

Poèmes du pays des pralines 9

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C’est un poème de Karel Logist qui a retenu toute l’attention de la lectrice de Kevin William McEvoy, quand elle a ouvert Ici on parle flamand & français. Si bien qu’elle a laissé le livre ouvert là, sur ce poème. Pour nous.

La fenêtre

Celui qui regarde, par la fenêtre
d’une habitation étrangère,
un quartier tranquille et voisin
parsemé de petits jardins
peut un instant rêver
qu’il est chez lui, en sûreté.
Il regarde la pluie d’or du cytise,
la couleur chaude et lourde
des giroflées habillées de velours
et plus loin les narcisses.
Et il se demande si lui
qui volontiers habiterait ici
ne se sent pas calme et content,
ne fûr-ce que pour un instant,
et si cette jeune femme mignonne,
là-bas, près des anémones,
ne presse pas, la nuit,
dans ses bras, un ami
qui à son tour, dans le matin,
par la fenêtre ouverte,
lorgne un autre jardin
rempli de fleurs qui sentent bon
et charmé, plein d’espoir,
rêve alors d’un bonheur
qui n’a pas encore de nom.

Poèmes du pays des pralines 8

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La lectrice de Vitaly Ekleris a ouvert le livre au hasard, Sans savoir. Sans connaître les auteurs réunis dans Ici on parle flamand et français. Et ses yeux se sont arrêtés à un poème de Francis Dannemark qu’elle lit et qu’elle relit depuis des heures.

Autrement dit, l’amour

Il y a,
il y a des jours de raisons doux, de pommes d’or,
de quoi faire taire notre vielle soif.
Et l’eau qui court, torrents, rivières,
court sous la peau, enrobe nos cœurs, cale nos doigts.
Rien ne manque, rien n’est mieux,
et quand la nuit vient, elle affiche pour nous deux
un jeu complet d’étoiles..

Il y a des jours de fruits amers,
quand les pépins écrasés
nous blessent un peu la langue,
nous font former des mots moins beaux.

Il y a des jours de court paille
où trois fois l’on tire la plus court.
Les enfants sont un peu trop loin
pour qu’on entende leurs rires
et le chien qui murmure des rêves moroses
semble ne plus nous reconnaître.

Il y a des jours où tu m’aimes,
des jours où tu m’aimes bien.
Ainsi nous avançons, nous souvenant
et oubliant, marée haute, marée plate,
que le bonheur est un mélange

et que jamais il ne ressemble
ni tout à fait à ce que nous croyons
ni à lui-même, ni à lui-même.

Poèmes du pays des pralines 7

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La lectrice d’Emmanuel Garant a d’abord caressé le livre. Ici on parle flamand & français, colligeant des poèmes réunis par Francis Dannemark, lui plaisait bien avant qu’elle n’ouvre le livre. La magie a continué d’opérer à mesure qu’elle se laissait porter par les phrases. Et particulièrement par le poème de Miriam Van hee.

À LA MER

lorsque je suis près de toi
je veux toujours être encore plus près
ensemble autant que sont
le mot vent le mot vague
dans un poème sur la mer

cela vient de ce qui
grandit ou se retire
ce que nous sommes et sentons
ce qui reste ne sont
qu’images et poèmes
avec les vagues le vent et la mer