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25 ans à éterniser la fragilité des choses

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J’aime l’univers du romancier Francis Dannemark. J’aime son travail d’éditeur. J’avais aimé ce que j’avais de lui dans Ici on parle flamand & français. C’est pourquoi j’avais hâte de plonger dans ses poèmes.

La longue course réunit 25 ans de récits poétiques et de textes en vers. Tous ont une musique, un regard. Certains s’attardent avec tendresse sur un visage ou un paysage. Tous dégagent une émotion.

Et comme ses propres mots parleront mieux que je ne pourrai le faire, je vais pendant quelques jours laisser aux lectrices du soir le plaisir de tourner les pages et de choisir à votre intention quelques extraits de ce recueil qui m’a profondément touchée.

Non sans ajouter ce morceau de la préface de Bernard Delvaille : « Désenchantée, sa poésie enchante, sans plainte ni révolte, comme si elle n’osait pas. Elle sonne juste et voilée, un peu acide, un peu blessée. J’écoute en elle comme une longue ligne mélodique de Chet Baker, un soir d’automne, au bord de la mer, quand le sable se fait froid et que, seuls, brillent encore les phares en veilleuse d’une automobile jalouse de ces cargos sans destination, de ces voiliers sans nom qui passent au loin. Francis Dannemark sait immobiliser, éterniser un instant la fragilité des choses. »

3 réponses

  1. Autrement dit, l’amour

    Il y a,
    il y a des jours de raisins doux, de pommes d’or,
    de quoi faire taire notre vieille soif.
    Et l’eau qui court, torrents, rivières,
    court sous la peau, enrobe nos cœurs, calme nos doigts.
    Rien ne manque, rien n’est mieux,
    et quand la nuit vient, elle affiche pour nous deux
    un jeu complet d’étoiles.

    Il y a des jours de fruits amers,
    quand les pépins écrasés
    nous blessent un peu la langue,
    nous font former des mots moins beaux.

    Il y a des jours de courte paille
    où trois fois l’on tire la plus courte.
    Les enfants sont un peu trop loin
    pour qu’on entende leurs rires
    et le chien qui murmure des rêves moroses
    semble ne plus nous reconnaître.

    Il y a des jours où tu m’aimes,
    des jours où tu m’aimes bien.
    Ainsi nous avançons, nous souvenant
    et oubliant, marée haute, marée plate,
    que le bonheur est un mélange
    et que jamais il ne ressemble
    ni tout à fait à ce que nous croyons
    ni à lui-même, ni à lui-même.

    © Francis Dannemark

    in La longue course (Poèmes 1975-2000), Le Castor Astral, 2000, et 33 voix, poèmes accompagnés de traductions en 33 langues, Cadex, 2002.

  2. Armando a été plus rapide que moi…

    Puisqu’il est question de Francis Dannemark, je tiens à remercier infiniment Lali de nous avoir présenté le 19 juin « Ici on parle flamand & français qui regroupe des poètes belges sélectionnés par Francis Dannemark. » J’ai acheté le livre et je trouve tous les poèmes d’auteurs différents vraiment très beaux. Ce recueil est un petit bijou.

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