
Je me souviens d’une vie sans fils. D’une vieille machine à écrire que je ne rangeais jamais et qui servait à recopier mes poèmes avant que je ne les range ou les offre. Et pourtant, je n’ai pas 100 ans. Mais il suffit de travailler avec des gens qui ont à peine quinze ans de moins que soi pour se rendre compte de tout ce qu’ils n’ont jamais vécu. De ce qu’ils ne vivront jamais, non plus.
On pouvait vivre sans répondeur, sans téléphone cellulaire et sans ordinateur. (Chut, il ne faut pas le dire trop haut, on fera de vous des dinosaures, même si vous n’avez pas 50 ans.)
Et peut-être que quand on a connu les deux, on sait encore s’émerveiller d’une fleur d’automne ailleurs que sur un écran. Et peut-être aussi qu’on prend le temps de regarder par la fenêtre un oiseau qui quitte un arbre et dont on ne parlera nulle part.
*sur une toile d’An Hoang
Commentaires récents